• 10 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le combat de Sobral

    D’après « France militaire 1792-1837 » – Abel Hugo

     

    Les Français quittèrent Leyria pour se porter en avant, et ils arrivèrent, le 9, à Alenquer, où s’engagea une affaire assez sérieuse. Ce bourg et toutes les hauteurs qui le dominent étaient occupés par un corps de troupes anglo-portugaises.

    Pendant que la cavalerie française manœuvrait pour tourner ces positions, un bataillon d’infanterie légère enleva à la baïonnette le retranchement de la chaussée, et pénétra dans Alenquer au pas de charge. L’ennemi s’étant retiré en toute hâte, les généraux Montbrun et Reynier se mirent à sa poursuite dans la direction de Villafranca, et le général Junot dans celle de Sobral. Ce dernier atteignit les Anglo-Portugais à peu de distance de ce village. Ils étaient en bataille sur des hauteurs et derrière des retranchements qui coupaient la route en plusieurs endroits.

    Les Français s’avancèrent de position en position, et arrivèrent jusqu’au village, où ils entrèrent en même temps que l’ennemi. En ce moment, de fortes colonnes anglaises s’ébranlèrent pour reprendre cette position importante qui défendait une première ligne établie sur le Monte-Gracia. L’action s’engagea vivement. Quoique l’ennemi eût 10000 hommes en bataille, il perdait à chaque instant du terrain, et lorsque la nuit fit cesser le combat, il était rejeté derrière un ravin en arrière de Sobral.

    Une partie de la division Clausel avait poursuivi les fuyards bien au-delà de ce village. Ce général, qui n’avait pas encore été rejoint par son artillerie, fit rentrer ses troupes, et se borna à occuper Sobral et les bords du ravin qui couvrait son front. Mais comme il craignait que l’ennemi ne débouchât en force le lendemain par le chemin de Bucellas, il y fit élever, pendant la nuit, quelques ouvrages de campagne. La deuxième division du 8e corps se plaça en échelons à une demi-lieue en arrière, de façon à observer quelques points par ou l’ennemi aurait pu attaquer à l’improviste et déborder ensuite facilement la droite du corps d’armée.

    Les Anglais, de leur côté, fermèrent la roule de Bucellas par un retranchement de six pieds de hauteur avec fossés et palissades. Ils élevèrent, devant leurs postes avancés, quelques ouvrages de campagne, et jetèrent de forts bataillons dans un village à gauche de Sobral. A la droite de Sobral, ils couronnaient toutes les hauteurs bordant la vallée qui les séparait des troupes françaises.

    La division française n’ayant point poussé ses postes assez avant sur la droite, l’ennemi porta, pendant la nuit, un bataillon sur le plateau qui aboutit au village de Coxeiras.

    Le général Junot alla, le lendemain 10, reconnaître la position des Anglo-Portugais, et s’aperçut que le mouvement de ceux-ci sur Coxeiras débordait entièrement son flanc droit. Il ordonna en conséquence au général Solignac de rejeter l’ennemi dans la vallée. Toute une division anglo-portugaise étant venue soutenir le bataillon qui occupait le plateau, le général Solignac allait être forcé de rétrograder, quand le général Gratien, avec le 15e régiment de ligne, rétablit le combat. L’ennemi, chargé à la baïonnette, rentra en désordre dans ses retranchements, laissant au pouvoir des Français le plateau et un bon nombre de blessés et de prisonniers. La droite du 8e corps fut, dès lors, moins menacée, et l’ennemi n’osa plus s’éloigner du canon de ses redoutes.

    Le maréchal Masséna, voulant connaître au juste l’importance des forces qui occupaient le village de gauche, envoya, le 12, quelques compagnies d’élite sur le retranchement du chemin de Bucellas. Ce retranchement fut lestement enlevé. Au même moment, les Français attaquaient Bucellas de front et par la droite. L’ennemi, ayant tout à coup démasqué 6000 hommes, se porta en avant du village. Là, le combat s’engagea de nouveau avec fureur. Mais comme il n’amenait aucun résultat, le maréchal le fit cesser, et l’ennemi ne chercha pas à le prolonger. La nuit suivante, Masséna évacua lui-même ce village, dont la possession fortifiait un peu la position de Sobral.

    La cavalerie française ayant, dans ces entrefaites, reconnu la vallée du Tage, le 2e corps s’établit à Villafranca. Le 8e resta posté à Sobral.

     

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