• 6 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     La guerre dans les Vosges en 1870 dans GUERRE 1870 - 1871 la-guerre-dans-les-vosges-en-1870-150x150

     

    D’après « Revue du Cercle militaire » – 1889

     

    Le 10 août 1870, au moment où le corps du maréchal de Mac-Mahon, écrasé à Frœschwiller, bat en retraite par Lunéville sur Châlons, il ne reste plus de troupes dans les Vosges. Ce n’est que le mois suivant qu’un essaim de francs-tireurs, de toutes sortes et de toutes nuances, va s’abattre sur la région et qu’Epinal deviendra le point de concentration des troupes rassemblées à Besançon et à Langres.

    L’objectif de la défense, au début des opérations, est la destruction d’un des tunnels du chemin de fer d’Avricourt à Saverne. Il naît de l’impérieux besoin ressenti par tous, de couper les communications des armées allemandes avec la mère patrie, afin de retarder l’envoi de leurs renforts en hommes et en matériel.

    Une première tentative est faite contre les tunnels de Lutzelbourg, au commencement du mois de septembre, par les francs-tireurs gris, ou compagnie des quarante. Mais mal conçue, mal préparée, mal conduite, elle échoue. Les Allemands, mis en éveil, détachent aussitôt du siége de Strasbourg un petit corps mixte, comprenant un bataillon d’infanterie, deux pelotons de hussards et deux pièces d’artillerie. Ces troupes, sous les ordres du major Elern occupent Badonviller le 20 septembre, avec mission de mettre la voie ferrée à l’abri des entreprises des partisans français.

    Dès lors se trouve compromise du même coup une seconde entreprise plus sérieuse, conçue dans le même but, dont l’exécution venait d’être confiée au deuxième bataillon des gardes mobiles de la Meurthe, commandant Brisac. Une reconnaissance conduite par cet officier supérieur tombe au milieu des troupes allemandes et ne leur échappe qu’à grand’peine.

    A la même date, un autre détachement ennemi de même force occupe Mutzig, sous les ordres du major Held.

    Les Allemands sont donc aux portes des Vosges, et, avec un chef entreprenant comme le major Elern, les hostilités ne peuvent tarder à se produire. Celui-ci, en effet, non content de rayonner autour de Badonviller, pousse des reconnaissances jusque dans la vallée de la Plaine.

    Le 23 septembre, l’une d’elles est signalée à Celles. Le bataillon de la Meurthe, les francs-tireurs de Neuilly, de Luxeuil et de Colmar, réunis à Raon-1′Etape sous les ordres du commandant Brisac, se portent à sa rencontre. La colonne principale suit la route de Schirmeck ; deux compagnies de la Meurthe, avec les francs-tireurs de Luxeuil, la flanquent sur la rive droite de la Plaine.

    Mais le mauvais état du chemin retarde la marche des troupes de flanc-garde, et le gros des troupes atteint déjà Celles lorsque les francs-tireurs de Luxeuil, qui forment l’avant-garde de la colonne de gauche, viennent se heurter à la scierie Lajux contre une compagnie ennemie établie au débouché de la vallée de Pierre-Percée. Il est environ 2 heures 1/2. Un combat assez vif s’engage sous bois et dure jusqu’à 4 heures.

    A ce moment, l’ennemi, menacé d’être coupé de sa ligne de retraite par le corps principal qui marche de Celles sur Pierre-Percée, abandonne les positions qu’il occupe et se retire en toute hâte. Le soir, nos troupes rentrent à Raon-l’Etape, à l’exception d’une compagnie de la Meurthe et des francs-tireurs de Colmar laissés à Celles pour tranquilliser la population.

    Dans la même journée, les francs-tireurs lorrains et ceux du Doubs, qui occupaient Schirmeck, ont commis la faute d’attaquer le détachement de Mutzig. L’action, entamée au point du jour, a été très chaude : écrasés par des forces supérieures, débordés sur leur droite et coupés de Schirmeck, les francs-tireurs ont dû se replier par Oberhaslach, et, passant entre les deux Donon, ils atteignent Celles vers 7 heures du soir.

    La lutte est ouverte. Francs-tireurs et gardes-mobiles ont fait bravement connaissance avec l’ennemi. Pour ne pas laisser refroidir leur ardeur, le commandant Brisac se décide à tenter une surprise sur le village d’Azerailles qu’un corps ennemi, fort de 5 à 600 hommes, vient d’occuper.

    L’opération est tentée, dans la nuit du 25 au 26, par le bataillon de la Meurthe, une compagnie de gardes mobiles des Vosges, les francs-tireurs lorrains et ceux du Doubs. Mais les difficultés d’une marche de nuit à travers bois, les paniques qu’elle provoque chez de jeunes troupes, l’absence d’une compagnie des Vosges appelée de Bertrichamps pour concourir à l’action y font renoncer. Au point du jour, le commandant Brisac, jugeant ses forces insuffisantes, donne l’ordre de la retraite.

    La nuit suivante, la compagnie des Vosges qui occupe Bertrichamps évacue ce village sans mot dire, laissant Raon-l’Etape à découvert.

    Le lendemain 27, vers midi, l’ennemi, fort d’un bataillon et d’une section d’artillerie, se présente devant cette dernière ville. Son artillerie se met en batterie au Clairupt et ouvre le feu. En quelques instants, les troupes françaises prennent leurs positions de combat. Les francs-tireurs de Colmar escaladent la côte boisée du signal de Raon et se déploient sur le versant opposé. Le commandant Brisac, qui s’est porté en toute hâte sur la route de Lunéville, jette une moitié de son bataillon à droite de cette route, et, avec l’autre moitié, il occupe la tête du faubourg qu’il barricade. Les francs-tireurs de Neuilly prolongent la ligne sur la rive gauche de la Meurthe.

    Après une action très chaude, les Allemands se mettent en retraite vers 4 heures. Le commandant Brisac les fait suivre jusqu’à Bertrichamps.

    En dépit des efforts de la relation allemande pour dénaturer cette affaire, l’échec de l’ennemi paraît bien réel. Sa déroute est telle qu’il ne s’arrête qu’à Blamont d’où, les jours suivants, il se rapprochera encore de Lunéville pour y puiser des renforts.

    Le 4 octobre, la colonne Elern occupe Marainviller, Thiébeauménil et Manonviller, ne songeant nullement à renouveler son attaque.

    Le télégramme envoyé par le général Werder au maréchal de Molkte dans la nuit du 29 septembre, pour lui demander l’autorisation d’opérer avec une brigade contre Raon-1′Étape, montre bien d’ailleurs les craintes que ce dernier engagement a inspirées à l’ennemi.

    A peine en possession de la réponse, le 30 septembre, le général allemand se hâte de mettre ses troupes en marche et ce sont si bien les forces concentrées à Raon qui le préoccupent, qu’à ce moment encore, il n’a pas l’intention de s’engager plus avant dans les Vosges. Après avoir nettoyé les environs de la petite ville, le général-major de Degenfeld, désigné pour prendre le commandement de la brigade, doit se rabattre sur Lunéville le 7 octobre.

    Les 3 et 4 octobre, la brigade Degenfeld, comprenant 6 bataillons d’infanterie, 2 escadrons 1/4, 2 batteries et 2 sections d’ambulance, franchit les Vosges en 3 colonnes. La première, partant de Mutzig, suit la route de Schirmeck. Les deux autres, rassemblées à Barr, passent l’une par Saint-Blaise et le col du Hantz, l’autre par Ville, Saales et la route des Broques.

    Grâce à l’inertie du commandant des troupes françaises (commandant Perrin) qui s’immobilise sans motif à Raon-1’Etape, la marche de cette brigade s’effectue sans encombre. Les gardes-mobiles et francs-tireurs postés à Celles, Senones et Saulcy ne tentent aucune résistance, et le 5 octobre, les troupes allemandes opèrent leur jonction à Raon-l’Étape et Étival, après un engagement sans importance livré par la colonne de droite contre des gardes nationaux postés à la Trouche, dans la vallée de la Plaine.

    Le commandant Perrin ne paraît pas s’être rendu compte de la situation. Depuis son arrivée à Raon-l’Étape (30 septembre), ses regards sont restés tournés dans la direction de Baccarat. Il a fait construire un immense retranchement barrant la vallée de la Meurthe en aval de la ville, il a tenté contre Azerailles une nouvelle expédition aussi inutile que la première. Mais rien n’indique qu’il se soit préoccupé ni même douté de la véritable direction des attaques.

    Si, avec les troupes dont il disposait (environ 2000 hommes), il avait organisé solidement la position de la côte de Répy, il eût pu gêner considérablement le débouché des colonnes allemandes et retarder leur concentration.

    Le 4 octobre, apprenant la présence de l’ennemi à Celles et à Senones, il évacue Raon-1′Etape à la hâte et se retire sur le massif des Rouges-Eaux par Étival. Il arrête ses troupes à la Bourgonce et Nompatelize, en confie le commandement au commandant Brisac, et court lui-même à Epinal pour y chercher des renforts.

    C’est sur ce terrain de la Bourgonce et Nompatelize  que va se livrer, le surlendemain, le premier et le seul engagement sérieux dont les Vosges soient appelées à devenir le théâtre en 1870.

     

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