• 5 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 4 octobre 1674 – Le combat d’Entzheim dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-dentzheim-150x150

     

    Le combat d’Entzheim

    D’après « Mémoires pour servir à l’histoire de France » – 1823

     

    La prise de Strasbourg par le duc de Bournonville le 24 septembre, déconcerta Turenne qui remonta le Rhin et campa aux portes de Strasbourg, sa gauche à l’Ill, sa droite à des marais ; le village de Wantznau, derrière lui.

    Le duc de Bournonville sortit de Strasbourg, campa à Saint-Blaise, la droite au Rhin, interceptant la route de Saverne. Turenne avait 25000 hommes ; les Allemands près de 40000. Ils attendaient le grand électeur qui était en marche avec 25000 hommes, ce qui décida le maréchal, malgré son infériorité, à risquer une bataille. Il leva son camp à minuit, passa la rivière de Souffel à Lampertheim, laissant Strasbourg sur la gauche. Il marcha sur trois colonnes, s’empara du bourg d’Achenheim, passa le Bruch, et découvrit le camp ennemi, derrière Entzheim, ayant sa droite appuyée à un grand bois du côté de Strasbourg, et sa gauche à un petit bois de mille pas de longueur, sur cinq cents de large. En avant du centre était le village d’Entzheim.

    L’armée française marcha toute la nuit, se mit en bataille dans la plaine, à gauche, et en avant du village de Hulsheim. Le 4 octobre, les deux armées se trouvèrent ainsi en présence.

    L’armée de Turenne avait sa droite formée par dix-sept escadrons, sous les ordres du marquis de Vaubrun ; quatre escadrons de dragons étaient entremêlés de pelotons d’infanterie ; dix-neuf bataillons d’infanterie étaient au centre, commandés par le lieutenant-général Foucault ; vingt-et-un escadrons de dragons ou grosse cavalerie étaient à la gauche, également entremêlés de pelotons d’infanterie. La deuxième ligne était formée sur la droite par quatorze escadrons, sur la gauche par quinze escadrons, et au centre par sept bataillons, la cavalerie également entremêlée de pelotons d’infanterie. En troisième ligne, le corps de réserve était de sept escadrons et de trois bataillons.

    La droite ennemie, commandée par le comte Caprara, était de vingt escadrons. Le centre, de vingt bataillons, était sous les ordres directs du duc de Bournonville. Le duc de Holstein commandait la gauche, forte de vingt-et-un escadrons. Vingt bataillons au centre, et dix-neuf escadrons à chaque aile formaient la deuxième ligne. La troisième était composée de onze bataillons au centre, vingt escadrons à la droite, et vingt escadrons à la gauche.

    Turenne commença l’attaque en faisant aborder le petit bois de la droite de l’ennemi par le marquis de Boufflers, avec huit escadrons de dragons à pied, soutenus par une batterie. De part et d’autre, les deux armées qui sentaient l’importance de cette position, envoyèrent successivement des renforts.

    Les Français enlevèrent cependant la première ligne des retranchements qu’avait fait construire le général ennemi en avant de ce bois. Ils y prirent trois pièces de canon, mais ils ne purent forcer la deuxième ligne qui était armée de huit pièces de canon. Turenne fut obligé de faire avancer le corps de réserve, et six bataillons de la deuxième ligne.

    Le carnage devint bientôt effroyable. Le deuxième retranchement fut forcé. Les Allemands chassés du bois perdirent leurs canons. Le duc de Bournonville fit alors avancer sept bataillons de Lunebourg pour reprendre le bois.

    Turenne, de son côté, fit avancer le reste des bataillons de la deuxième ligne, et là se renouvela le combat pour la troisième fois. Les Allemands avaient l’avantage que leur ligne de bataille était plus près du bois, et que dès lors ils étaient appuyés parleur cavalerie et leur artillerie. Turenne s’en aperçut, il fit avancer la cavalerie de sa seconde ligne pour prendre la position de celle de sa première ligne qu’il porta en avant. Enfin l’ennemi échoua, et dut renoncer à la possession du bois.

    Le duc de Bournonville voyant que les efforts de Turenne s’étaient portés de ce côté, envoya Caprara avec toute la cavalerie de la droite pour se glisser entre la première et la seconde ligne française, pendant le temps que lui-même, avec sa cavalerie de la droite, la deuxième et la troisième ligne, marchait de front sur la cavalerie de la gauche de Turenne.

    Foucault, qui commandait le centre de la première ligne, voyant le double mouvement de l’ennemi, forma son infanterie sur deux lignes, et fit marcher six bataillons en avant, soutenus par de l’artillerie, ce qui arrêta court la cavalerie que menait le duc de Bournonville.

    Cependant Caprara continuait son mouvement. Il renversa plusieurs escadrons, tourna sur les derrières de la cavalerie de la gauche et de l’infanterie du centre. Le comte de Lorge et le comte d’Auvergne rallièrent la cavalerie de la réserve, enfoncèrent celle de Caprara, et la repoussèrent. Le reste se passa en canonnade.

    Les deux armées battirent en retraite pendant la nuit. Turenne repassa la Bruch, et alla camper à Achenheim, à une lieue du champ de bataille, sur lequel il laissa vingt escadrons. Le duc de Bournonville se retira sous le canon de Strasbourg, abandonnant deux pièces de canon sur ses positions, outre les huit pièces perdues à l’attaque du bois.

    Les Français perdirent 2000 hommes, la perte des Allemands fut double : plusieurs étendards, des timballes, des drapeaux, furent les trophées du vainqueur.

     

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