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  • 5 octobre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 3 octobre 1950 – Cao Bang dans EPHEMERIDE MILITAIRE Carte-RC4-150x150Soldat-français-RC4-150x150 dans GUERRE D'INDOCHINE

     

    D’après « La guerre d’Indochine » – Editions Trésor du Patrimoine

     

    Dès le mois de septembre, bien des indices laissent présager une action du Viêt-minh contre la R.C. 4. Le gouvernement et le haut-commandement ne croient pas que l’ennemi dispose des moyens tactiques et logistiques de passer à l’action dans un laps de temps rapproché.

    L’abandon de Cao Bang est déjà décidé le 2 septembre et son exécution, prévue pour le début octobre, n’est pas hâtée. Le général Carpentier prévoie l’occupation de Thai Nguyen en guise de diversion.

    L’attaque viêt-minh s’inscrit dans le cadre de l’opération « Lê Hong Phong I » et des indiscrétions résultant du rapport du général Revers n’ont pu que conforter Giap à maintenir son plan. Comme pour saluer l’arrivée de Carpentier à Lang-Son, pour discuter des modalités de l’évacuation de Cao Bang, le Viêt-minh emporte le poste de Dong Khé le 18. Dès le 19, le groupement Lepage lance, à partir de That Khé, des reconnaissances pour tester l’ennemi.

    Les prisonniers faits par le 1er B.E.P. (bataillon étranger parachutiste), le 23 à 15 km au nord-est, parlent d’une division – la 308 – plus des bataillons autonomes y compris un d’artillerie. Finalement, Carpentier déclenche son offensive « Phoque » comme prévu le 29 septembre.

    Quatre mille hommes, l’infanterie, les paras, l’artillerie, la marine, tout y est, sauf l’ennemi qui, lui, sait ce qu’il fait. L’opération est un ratage qui ampute un peu plus le budget de misère alloué au C.E.F.E.O.

    Le 30 septembre, le lieutenant-colonel Lepage reçoit l’ordre de reprendre Dong Khé et de « se tenir prêt à des opérations de dégagements qui feront chaque fois l’objet d’ordres particuliers ».

    Le 1er octobre, le 1er B.E.P., qui remplace le 3e Tabor aérotransporté à Cao Bang, quitte That Khé en formant l’avant-garde du groupement. De son côté, le lieutenant-colonel Charton doit quitter discrètement Cao Bang, le 3 octobre, et s’engager sur la R.C. 4 jusqu’à Nam Nang où la colonne Lepage l’attend.

    Arrivé dans la cuvette de Dong Khé, l’élément précurseur du B.E.P. est accueilli par un feu nourri de mitrailleuses et de mortiers. En homme de terrain, le capitaine Jeanpierre évalue vite la situation. Il réclame un regroupement de l’unité pour lancer l’assaut. Refus de Lapage, quii, en artilleur, veut les grands moyens et remet l’attaque au lendemain, après l’intervention de l’aviation et le parachutage de deux canons avec leurs servants.

    A l’aube du 2 octobre, l’attaque est lancée par le B.E.P. au sud-est et à l’est, et par le 1er Tabor à l’ouest. Les calcaires grouillent de Viêts. Les paras-légion sont soumis à un violent barrage d’armes lourdes qui les contraint à se replier. De même pour les Marocains, malgré un début prometteur.

    Lepage décide de contourner le verrou par une piste sommaire à l’ouest. Il charge deux Goums et le B.E.P de tenir la cote 615, tandis qu’il part avec le 8e R.T.M. (régiment de tiarailleurs marocains) à la rencontre de Charton. Il est rejoint par le 1er Tabor qui s’est dégagé de Dong Khé grâce à l’aviation

    La manœuvre d’isolement pour la destruction du groupement Lepage se traduit par l’attaque de la cote 615 et du Na Kéo par la division 308. Jusqu’à 16h00, paras-légion et Marocains, au coude à coude, repoussent les régiments 88 et 102.

    A 20h00, Lepage juge la situation intenable et ordonne le repli. La progression en direction du col de Lung Phai à peine entamée, c’est l’embuscade. Magnifiques dans l’assaut, les Marocains sont moins brillants que la lune quand ça tourne mal. Leurs officiers ne peuvent juguler la débandade. Les paras blessés sont piétinés. Ecoeurés, certains légionnaires sont à deux doigts de faire le travail des Viêts.

    Le commandant Segrétain, commandant du B.E.P., décide alors d’obliquer par l’ouest en direction de la cote 765 où Lepage laisse, en attendant l’arrivée des paras, une compagnie du 8e R.T.m qui décrochera après leur passage.

    Le 4 octobre, Segrétain y parvient avec son B.E.P. et ceux des Tabors qui ont conservé leur dignité d’homme. Au lieu des Marocains qui ont décroché sans les prévenir, ils trouvent la hauteur occupée par le T.D. 209. Pris sous un tir nourri, les 400 survivants s’engouffrent dans la jungle pour gagner les calcaires de Coc Xa sur les traces de Lepage.

    Au nord, la colonne Charton se traîne car l’officier de la Légion n’a pas voulu se séparer de ses véhicules qui ne font que freiner la progression, ni su barrer la route au civils vietnamiens qui, fuyant les Viêts, le gênent dans son repli.

    Apprenant la chute de Dong Khé et le décrochage dans la jungle des unités de Lepage, il décide d’emprunter la piste de Quang Liet.

    De son côté, le B.E.P. poursuit son chemin de croix. Quatre nuits sans sommeil ont transformé les paras-légion en somnambules. Aux crêtes qu’il faut escalader, succèdent les descentes, de nuit comme de jour. Le 5 octobre, le B.E.P. atteint la cote 649. Un détachement envoyé par Lepage les y ravitaille et prend en charge les blessés – huit hommes s’avèrent nécessaires au brancardage d’un blessé en raison de la topographie et il y a quarante blessés !

    Vers 17h00, le B.E.P reprend sa marche vers le versant opposé de la vallée. Les Viêts l’ont devancé. Une section est anéantie sans avoir eu la possibilité de réagir. Le reste de l’unité contre-attaque mais se brise sur un mur de feu. A court de munitions, le brave B.E.P. ne peut que se replier.

    Au matin du 6, les débris de l’unité prennent position dans la cuvette de Coc Xa. A 13h15, Lepage reçoit l’autorisation de décrocher. Il décide d’attendre sur place Charton qui n’est plus qu’à cinq kilomètres.

    Les Viêts sont déjà là. Au moins huit mille Bo Doï grouillent dans la cuvette. Ils sont retranchés sur tous les points névralgiques et contrôlent notamment « la source », l’unique issue qui permettrait aux Français de sortir du piège.

    Lepage reçoit la confirmation du retrait à 21h15. Le B.E.P. est chargé d’ouvrir la percée. Un temps considérable est perdu à rassembler les unités. A 4h30, les paras-légion se lancent à l’assaut. La mitraille fait des coupes claires dans leurs rangs déjà clairsemés. Les Viêts ne cèdent pas.

    Les premières lueurs du jour révèlent 80 % de pertes chez les assaillants. La plupart des cadres sont tombés à l’ennemi. Sur ordre de Lepage, en hurlant comme des déments, les Marocains du 1er Tabor se ruent à l’assaut de « la source ». Cette fois, les Viêts craquent. Les paras survivants franchissent le goulet dans la foulée des Marocains.

    Lorsque la liaison se fait avec la colonne Charton à 12h30, les deux groupes n’ont guère le temps de s’apitoyer sur leur condition. Ceux de Charton sont harcelés depuis l’aube par le T.D. 174. Dans l’après-midi, le semblant de cohésion du groupement général vole en éclat sous les attaques successives des Bo Doï.

    Une position clé, la cote 477, qui contrôle la route vers That Khé, est abandonnée par le 3e Tabor et aussitôt occupée par l’ennemi. Ce verrou ne cède pas aux attaques françaises. Charton, avec un élément du III/3e R.E.I. (régiment étranger d’infanterie) et des tirailleurs, déborde par l’est. A hauteru de Na Kéo, le T.D. 36 a beau jeu de venir à bout des effectifs squelettiques. Blessé, le lieutenant-colonel Charton fait un prisonnier de marque pour les Viêts.

    Lepage donne alors le feu vert aux devierses unités pour rejoindre individuellement That Khé où le groupement Labaume avec deux compagnies du II/3e R.E.I.  et deux goums du IIe Tabor les attendent en recueil. Le capitaine Jeanpierre divise les 127 rescapés du B.E.P en cinq groupes avant de décrocher par la vallée de Quang Liet. Pour ne pas entraver la progression des siens, le commandant Secrétain, moribond, a exigé d’être laissé sur place.

    Ce qui reste du B.E.P. succombe dans une embuscade le 8 octobre. A Hanoï, on ne trouve rien de mieux que de sacrifier un nouveau groupement parachutiste dans l’espoir de redresser la situation. Aux 280 bérêts rouges du 3e G.C.C.P (groupement colonial de commandos parachutistes), qui rentrent épuisés par un mois d’opérations au Laos, on adjoint les 124 paras-légion qui viennent d’arriver de Sétif.

    Le groupement saute sur That Khé, le 8 en fin d’après-midi, pour relever le détachement Labaume. Sur place, soldats et partisans des postes périphériques qui sont tombés, sont au bord de la panique.

    Les paras se sont fractionnés en plusieurs forces de frappe. Le 9, si le G.C. 1 (groupement commandos) est bloqué, le G.C. 3 aère le secteur avant d’être stoppé à son tour. Et c’est finalement le G.C. 1 qui dégage 670 rescapés du détachement Labaume.

    Dans la matinée du 10, les paras dirigent sur That Khé les gens de Labaume et la centaine de survivants des colonnes Charton et Lepage. Le 3e G.C.C.P. couvre les troupes et les milliers de civils qui évacuent la ville. A 21h45, ils décrochent pour les rejoindre. Les Marocains sont les derniers à passer la rivière Ky Cong et omettent de renvoyer les embarcations qui leur permirent la traversée. Le temps perdu à récupérer des sampans va coûter cher aux paras. Cinq kilomètres plus loin, l’arrière-garde est harcelée par les Viêts des pitons surplombant surplombant la R.C. 4. Le signal de l’hallali est donné. Les Bo Doï délaissent les fuyards pour converger vers les paras qui ont toujours été leur objectif prioritaire tout au long de cette guerre. Pourtant, la compagnie de paras-légion enlève le piton de Déo Cat au prix de pertes terribles pour ouvrir le passage.

    Hanoï répond au capitaine Cazaux que le « bataillon » ne doit plus compter que sur lui-même hormis l’aviation. Jusqu’au 13, battus par la pluie, transis, ils crapahutent dans les calcaires et les forêts de bambous. A 16h00, quand ils émergent sur la route au nord de Co Cao, ils sont tout de suite au contact. Le reste n’est plus qu’une suite d’accrochages brefs, violents, meurtriers. Sous l’adversité, l’unité éclate. Par groupes de trois à quatre personnes, les rares survivants au bérêt rouge ou vert, tentent de rejoindre des positions amies.

    Outre l’évacuation de Cao Bang, d’autant plus inespérée pour Giap que la position pouvait tenir des semaines, les Viêts trouvent Lang-Son abandonnée et tous les dépôts intacts. Cadeau du colonel Constans de la Légion qui permet d’équiper cinq régiments !

    La lamentable affaire de la R.C. 4 s’achève par la perte de sept bataillons, d’un armement et d’un matériel considérables. Et parce que les communistes n’ont rien à apprendre des nazis, deux mille des trois mille prisonniers succomberont au cours des premiers mois de captivité.

     

    La carte est de la RC4 est visible sur ce site : 

    http://www.more-majorum.de/ereignisse/routecoloniale4/1bep1950.html

     

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