• 29 septembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     Le 28 septembre 1870 – La capitulation de Strasbourg dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-capitulation-de-Strasbourg-150x150

     

    La capitulation de Strasbourg

    D’après « Guerre de 1870 : Le siége et le bombardement de Strasbourg »
    Gustave Fischbach – 1871

     

    Mardi 27 septembre.

    C’était le quarante-sixième jour… Il y avait alors près de huit mille habitants ruinés par le bombardement, vivant la plupart de la charité publique, réfugiés dans les églises, dans les écoles, dans des trous creusés au bas des remparts, dans des huttes en planches adossées contre les quais, sur le chemin de halage. Il y avait cinq cents maisons incendiées, écroulées, dévastées.

    Les plus belles rues, les quartiers les plus populeux, les faubourgs, les édifices publics : ruines. Les trésors d’art, les collections scientifiques, des chefs-d’œuvre et des merveilles : poussière. Sur de vastes étendues, des monceaux de décombres, des pierres entassées, des poutres noircies, du fer tordu, des débris, des miettes : pêle-mêle horrible.

    Devant la ville, les promenades ravagées, les ponts détruits, les routes effondrées et les traces de l’incendie ; la belle nature dégradée, l’herbe et les feuilles jaunies, la fleur écrasée ; de la boue, des troncs d’arbres renversés, des entrelacements de branches sèches, des ruines.

    Strasbourg, une ville en désolation ; sa population, souffrant toutes les tortures, décimée chaque jour ; près de trois cents habitants, hommes, femmes, enfants, morts de blessures cruelles, sinon foudroyés du coup ; près de deux mille habitants blessés, mutilés, sur le lit de douleur.

    La garnison, résignée, héroïque, chaque jour amoindrie ; près de sept cents soldats couchés sous la terre, l’un près de l’autre, tous tombés en défendant la patrie.

    Dans chaque famille, un parent, un ami qu’on pleure. Dans les caves, des femmes, des enfants, pâles, affaiblis par les soucis et les larmes ; puis des malades qui ne trouvent plus de sommeil, puis des raisons qui s’égarent sous l’effet de la terreur ; puis des morts qui sont jetés dans la fosse sans qu’un ami les accompagne ; puis dans l’air, partout, un bruit épouvantable, un craquement sinistre, un fracas sans fin ; puis des cris d’effroi, puis des cris de souffrance ; puis toujours des morts et des ruines….

    Il y avait alors tout cela, oui, et ce n’est pas tout encore.

    Les vieilles murailles de la vieille forteresse, tout abîmées ; les remparts labourés, méconnaissables, amas informe ; et là-dessus, des soldats, moissonnés à tout instant ; aussitôt remplacés, moissonnés encore ; les bouches d’airain, les gueules de bronze, brisées, muettes ; et là-bas, ce mur écroulé, ce vide immense, la brèche !

    Devant ces remparts, cinquante mille soldats qui veulent être derrière ces remparts, et qui y viendront dans peu de jours, demain, ce soir peut-être, marchant sur le pont formé par les cadavres, au bruit du canon, de la mitraille et de la fusillade.

    Oui, il y avait tout cela, car tout cela c’est la guerre…

    On en était donc au quarante-sixième jour. On n’espérait plus, on ne pouvait plus avoir d’illusions, et l’on se contentait d’attendre avec résignation. Quoi ? On l’ignorait soi-même.

    Les obus sifflèrent encore pendant toute la journée, exerçant leurs ravages, et chaque heure sonnait pour quelque nouveau désastre.

    Vers cinq heures du soir, morne silence tout à coup suivi d’un grand bruit dans la rue. On court, on s’interroge, on s’agite ! Tous les regards se dirigent sur un seul point : Un drapeau blanc flotte sur la Cathédrale !

    On croit avoir mal vu, on regarde encore. Non, ce n’est pas une erreur. On dit que c’est un drapeau indiquant qu’il y a des malades, des blessés dans la Cathédrale ; que c’est pour éviter que les assiégeants visent encore cet édifice.

    Mais alors la toile blanche serait ornée de la croix rouge, et cette croix ne s’y trouve point. Et l’on ne tire plus ! (*)

    Ce serait donc un armistice ?…

    La foule s’assemble, le mouvement dans les rues est extraordinaire. Il y a une fermentation violente dans tous les cœurs. On veut des nouvelles certaines. Quelqu’un hasarde une supposition : Serait-ce la reddition de la ville ? On crie, on insulte le téméraire. Jamais ! Résistance jusqu’à la dernière extrémité !

    Un capitaine d’artillerie traverse la place Gutenberg ; la foule l’entoure. On a rendu la place ! crie-t-on de toutes parts. — Allons donc, répond le capitaine, rendre la place, je compte bien mourir avant…!

    On se presse devant l’Hôtel du Commerce, où siége la municipalité. On demande le Maire, les adjoints, on interroge les officiers du poste de la garde nationale. Personne ne sait la vérité.

    Voici le Maire qui arrive. Il paraît triste, il ne répond pas aux cent voix qui le questionnent ; il passe à travers la cohue et entre rapidement à l’Hôtel du Commerce sans avoir pu parler. Une vive émotion le domine.

    L’agitation augmente, la foule s’accroît à chaque instant. On aperçoit des membres de la Commission municipale, des officiers supérieurs. On se précipite vers eux et l’on apprend que le Conseil de défense de la place, ayant reconnu à l’unanimité l’impossibilité d’une plus longue résistance, est en voie de capituler avec le général commandant les troupes assiégeantes.

    Il y eut quelque chose comme une révolution à la suite de cette nouvelle. Des groupes se forment, parcourent les rues en chantant la Marseillaise, ou se précipitent au quartier-général, demandant des explications, menaçant de faire du désordre dans la nuit. Les francs-tireurs surtout sont exaspérés ; l’un d’eux tire un coup de feu en l’air.

    On craint quelque démonstration. Les tambours de la garde nationale battent le rappel. Les bataillons se forment et circulent pour maintenir la tranquillité.

    L’effervescence pourtant se calme et la nuit se passe sans incident. La première nuit depuis bien longtemps sans canonnade, sans incendie, sans désastre. Mais on ne dormit pas, on le devine, car les esprits étaient enfiévrés. Avoir tant souffert, tant patienté pour en arriver là ! Mais l’honneur au moins était sauf.

    Pendant ce temps, la capitulation s’élaborait. Le général Uhrich avait écrit au général de Werder qu’il était disposé à entrer en négociation avec lui, et qu’il remettait à sa discrétion la garnison de la place. Pour les habitants, qui avaient tant souffert, il demandait les faveurs les plus larges.

    Le général de Werder répondit que deux officiers allemands attendraient à Kœnigshoffen deux officiers français, auxquels le général Uhrich voudrait bien remettre ses pouvoirs pour traiter de la capitulation. Quant aux habitants, il promettait de les traiter avec la plus grande douceur. Le général Uhrich désigna, pour négocier la reddition de Strasbourg, le colonel Ducasse, qui, depuis plusieurs années, commandait la place de Strasbourg, et le lieutenant-colonel Mangin, qui avait commandé l’artillerie pendant le siège, deux braves officiers dont le concours avait été fort précieux à la défense de la forteresse.

     

    A deux heures du matin, la capitulation était rédigée et signée. Voici le texte exact de ce document qui appartient désormais à l’histoire :

    Convention relative à la capitulation conclue à Kœnigshoffen, à 2 heures du matin, le 28 septembre 1870.

    Le comte de Werder, lieutenant-général de S. M. le roi de Prusse, commandant de l’armée assiégeante de Strasbourg, ayant été requis, par M. le général de division français Uhrich, gouverneur de Strasbourg, de faire cesser les hostilités contre la place, est convenu avec lui de conclure la capitulation dont les termes suivent, en considération de la défense honorable et courageuse de cette place de guerre.

    • Art. 1 - Le 28 septembre 1870, à 8 heures du matin, M. le général de division Uhrich évacuera la Citadelle, la porte d’Austerlitz, la porte Nationale, celle des Pêcheurs. En même temps, ces divers points seront occupés par les troupes allemandes.
    • Art. 2 – Le même jour, à 11 heures, la garnison française et la garde mobile quitteront la place par la porte Nationale, se placeront entre la lunette 44 et le réduit 37, et déposeront les armes.
    • Art. 3 – Les troupes de ligne et la garde mobile seront prisonnières de guerre et se mettront immédiatement en marche avec leurs bagages. Les gardes nationaux et les francs-tireurs resteront libres au moyen d’un revers (déclaration écrite de ne pas servir pendant la guerre). Ils devront déposer les armes à la Mairie avant 11 heures du matin. A la même heure, les listes nominatives des officiers de ces troupes devront être remises à M. le général de Werder.
    • Art. 4 – Les officiers et les fonctionnaires ayant rang d’officier, de tous les corps de troupes de l’armée française, pourront se rendre à la résidence qu’ils choisiront, à charge de fournir un revers dont la formule est annexée au présent document. Les officiers qui refuseront de signer ce revers seront conduits en Allemagne, avec la garnison, comme prisonniers de guerre. Tous les médecins militaires français conserveront leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre.
    • Art. 5 – M. le général de division Uhrich s’engage, dès que les armes auront été déposées, à remettre tous effets militaires, caisses du trésor, etc., par l’intermédiaire des agents que cette remise concerne, aux fonctionnaires allemands, dans la forme usitée.

    Les officiers et fonctionnaires qui, des deux côtés, seront chargés de cette mission, se trouveront, le 28 septembre, à midi, sur la place du Broglie, à Strasbourg.

    La présente capitulation a été rédigée et signée par les fondés de pouvoir suivants : du côté allemand, le lieutenant-colonel Leczinsky, chef de l’état-major de l’armée de siége ; le capitaine et aide-de-camp comte Henckel de Donnersmarck ; du côté français, le colonel Ducasse, commandant de Strasbourg, et le lieutenant-colonel Mangin, sous-directeur d’artillerie.

    Lu, approuvé et signé :
    L. Mangin, Ducasse, Henckel De Donnersmarck, Leczinsky.
    Le secrétaire, Baron De Laroche.
    Pour copie conforme :
    Le général commandant supérieur, Uhrich.

     

    Mercredi 28 septembre.

    Le 28 septembre, de grand matin, le général Uhrich faisait afficher la proclamation suivante :

    Habitants de Strasbourg !

    Ayant reconnu aujourd’hui que la défense de la place de Strasbourg n’est plus possible, et le Conseil de défense ayant unanimement partagé mon avis, j’ai dû recourir à la triste nécessité d’entrer en négociations avec le général commandant l’armée assiégeante.

    Votre mâle attitude pendant ces longs jours de douloureuses épreuves m’a permis de retarder jusqu’à la dernière limite la chute de votre cité. L’honneur civil, l’honneur militaire sont saufs, grâce à vous, merci !

    Merci à vous aussi, préfet du Bas-Rhin et magistrats municipaux, qui par votre énergie et par votre union m’avez prêté un concours si précieux, qui avez su venir en aide à la population malheureuse et maintenir haut son attachement à notre patrie commune.

    Merci à vous, chefs militaires et soldats, à vous surtout, membres de mon Conseil de défense, qui avez toujours été si unis de vues, si énergiques, si dévoués à la grande mission que nous avions à accomplir ; qui m’avez soutenu dans les instants d’hésitation que faisaient naître la lourde responsabilité qui pesait sur moi et l’aspect des malheurs publics qui m’environnaient.

    Merci à vous, représentants de notre armée de mer, qui avez su faire oublier votre petit nombre par l’énergie de votre action ; merci enfin à vous, enfants de l’Alsace ; à vous, gardes nationaux mobiles ; à vous, francs-tireurs compagnie franche ; à vous aussi, artilleurs de la garde nationale sédentaire, qui avez si noblement payé le tribut du sang à notre grande cause aujourd’hui perdue ; et à vous, douaniers, qui avez aussi donné des preuves de courage et de dévouement.

    Je dois les mêmes remerciements à l’intendance pour le zèle avec lequel elle a su parer aux exigences d’une situation difficile, tant pour le service hospitalier que pour celui des vivres.

    Où trouverai-je des expressions suffisantes pour dire à quel point je suis reconnaissant envers les médecins civils et militaires qui se sont consacrés aux soins de nos blessés et de nos malades militaires, envers ces nobles jeunes gens de l’Ecole de médecine, qui ont accepté avec tant d’enthousiasme le poste périlleux des ambulances dans les ouvrages avancés et aux portes ?

    Comment remercier assez les personnes charitables, les maisons religieuses, les établissements publics qui ont ouvert des asiles à nos blessés, qui les ont entourés de soins si touchants et qui en ont arraché beaucoup à la mort ?

    Je conserverai jusqu’à mon dernier jour le souvenir des deux mois qui viennent de s’écouler, et le sentiment de gratitude et d’admiration que vous m’avez inspiré ne s’éteindra qu’avec ma vie.

    De votre côté, souvenez-vous sans amertume de votre vieux général, qui aurait été si heureux de vous épargner les malheurs, les souffrances et les dangers qui vous ont frappés, mais qui a dû fermer son cœur à ce sentiment, pour ne voir devant lui que le devoir, la patrie en deuil de ses enfants.

    Fermons les yeux, si nous le pouvons, sur le triste et douloureux présent et tournons-les vers l’avenir. Là nous trouverons le soutien des malheureux : l’espérance ! Vive la France à jamais !

    Fait au quartier-général, le 27 septembre l870. Le général de division, commandant supérieur de la 6e division militaire, Uhrich.

     

    Le Maire de Strasbourg adressait en même temps à la population une proclamation dont voici les termes :

    Chers concitoyens,

    Après une résistance héroïque et qui dans les fastes militaires ne compte que de rares exemples, le digne général qui a commandé la place de Strasbourg vient, d’accord avec son Conseil de défense, de conclure avec le commandant de l’armée assiégeante une convention pour la reddition de la place.

    Cédant aux dures nécessités de la guerre, le général a dû prendre cette détermination en présence de l’existence de deux brèches, de l’imminence d’un assaut qui nous eût été fatal, des pertes irréparables subies par la garnison et par ses vaillants chefs. La place n’était plus tenable ; il est entré en pourparlers pour capituler.

    Sa détermination, écartant la loi martiale qui livre une place prise d’assaut aux plus rudes traitements, vaut à la ville de Strasbourg de ne pas payer de contributions de guerre et d’être traitée avec douceur.

    A onze heures, la garnison sortira avec les honneurs militaires, et aujourd’hui l’armée allemande occupera la ville.

    Vous qui avez supporté avec patience et résignation les horreurs du bombardement, évitez toute démonstration hostile à l’encontre du corps d’armée qui va entrer dans nos murs !

    Rappelez-vous que le moindre acte agressif empirerait notre situation et attirerait sur la population entière de terribles représailles. La loi de la guerre dit que toute maison d’où il aurait été tiré un coup de feu sera rasée et ses habitants passés au fil de l’épée. Que chacun s’en souvienne, et s’il était parmi vous des hommes assez oublieux de ce qu’ils doivent à leurs concitoyens, pour méditer d’impuissantes tentatives de résistance, empêchez-les d’y donner suite. L’heure de la résistance est passée. Résignons-nous à subir ce qui n’a pu être évité.

    Vous, chers concitoyens, qui, durant ce long siége, avez déployé une patience, une énergie que l’histoire admirera, restez dignes de vous-mêmes à cette heure douloureuse.

    Vous tenez dans vos mains le sort de Strasbourg et le vôtre. Ne l’oubliez pas !

    Strasbourg, le 28 septembre 1870. Le maire, Küss.

     

    La garnison se disposait déjà au départ. Les bataillons, les compagnies étaient formés. Les clairons sonnèrent, les tambours battirent, et on se mit en marche vers le faubourg national.

    Mais, en traversant les rues, par quels cris et quelles acclamations ne furent-ils pas accueillis, tous ces braves défenseurs de Strasbourg ? Quelle émotion sur tous les visages, que de larmes quand on vit passer pour la dernière fois ces vaillants soldats qui venaient de lutter avec tant d’héroïsme ! L’accablement et la douleur se lisaient dans leurs traits. Avoir tant de fois exposé sa vie, avoir bravé la mort en face pendant des journées, pendant des semaines et des mois ; avoir résisté à toutes les fatigues, et aboutir ensuite à la captivité ! Il y avait de quoi briser leurs cœurs.

    Si l’on n’avait écouté que leur ardeur, que leur dévouement, que leur ferme résolution, on aurait résisté encore. Mais le général Uhrich avait écouté la voix de l’humanité. Il savait que la résistance était vaine désormais, que tout le sang versé coulerait sans profit. Il ne voulait pas prolonger les souffrances d’une population malheureuse, en partie ruinée. Il avait écouté la raison aussi, car il avait vu que les remparts ne pouvaient plus être défendus. Il voulait éviter à la ville et à ses soldats les terribles conséquences de l’assaut, et, prenant conseil de son cœur, de sa conscience, de son devoir tout à la fois, il dit : « C’est assez ».

    Les soldats brisèrent leurs armes, les jetèrent à l’eau, les lancèrent contre les pavés, et se dirigèrent, vivement surexcités, vers le lieu du rendez-vous. Artilleurs, pontonniers, marins, chasseurs, infanterie de ligne, cavalerie, lurcos, zouaves, gendarmes, douaniers, gardes mobiles, francs-tireurs, officiers, soldats, enfants de troupe, tous se pressaient dans un pêle-mêle indescriptible. La foule les entourait silencieuse et triste : c’était une séparation si cruelle !

    Comme le danger qu’on partage rapproche pourtant les hommes ! On était des étrangers l’un pour l’autre ; vient un péril commun et l’on est presque frère. On sentait s’en aller des amis, une partie de soi-même, avec ces pauvres prisonniers.

    Tout à coup, leur longue colonne s’ébranle, un dernier regard, une dernière poignée de main, une larme à la hâte et … adieu !

    Puis on entendit subitement des pas lourds et cadencés, des tambours, des fifres et une musique jouant une marche militaire. C’étaient les troupes allemandes qui entraient à Strasbourg. (**)

     

    (*) L’artillerie prussienne avait mis en batterie huit sortes de pièces d’artillerie ; l’artillerie badoise en avait mis quatre.

    241 pièces en tout ont été employées au bombardement de Strasbourg : 30 pièces longues, rayées, de 24 ; 12 pièces courtes, rayées, de 34 ; 64 pièces rayées, de 12 ; 20 pièces rayées de 6 ; 2 mortiers rayés mesurant 21 centimètres ; 19 mortiers de 50 ; 20 mortiers de 25 ; 30 mortiers lisses, de 30 ; pour le bombardement de la Citadelle, les Badois employaient 4 mortiers de 25 ; 8 mortiers de 60 ; 16 pièces rayées de 12 ; 16 pièces rayées de 24.

    Ces 241 bouches à feu ont lancé en tout 193722 projectiles, dont 162600 par l’artillerie prussienne, qui avait 197 pièces, et 31122 par l’artillerie badoise, qui avait 44 pièces.
    28000 obus ont été lancés par les longues pièces de 24 ;
    45000 par les pièces courtes de 24 ;
    8000 par les pièces de 6 ;
    5000 shrapnell (obus à balles) par les pièces rayées de 24 ;
    11000 shrapnell par les pièces rayées de 12 ;
    4000 shrapnell par les pièces rayées de 6 ;
    3000 obus longs par les pièces de 15 centimètres ;
    600 obus longs par les mortiers de 21 centimètres ;
    15000 bombes de 50 livres ;
    20000 bombes de 25 livres ;
    23000 bombes de 7 livres, par les mortiers lisses.

    Le poids des projectiles n’est pas désigné d’après la pesanteur du fer dont ils sont formés, mais d’après la pesanteur d’un projectile en pierre, du même calibre. Ainsi le poids des bombes désignées bombes de 7, de 25, de 50 livres peut atteindre jusqu’à 180 livres. Ainsi des obus et autres projectiles.

    Le bombardement régulier a duré 31 jours complets. En établissant une moyenne sur les 193722 projectiles lancés en ville, cela fait par jour 6249 projectiles, par heure 269, par minute entre 4 et 5.

     

    (**) En entrant musique en tête dans cette ville écrasée, le général commandant en chef de l’armée prussienne exigeait pour les officiers et employés, logés chez les habitants :
    - 1e : le matin, un déjeuner composé de café ou de thé, avec petit pain ;
    - 2e : un second déjeuner composé de bouillon et d’un plat de viande avec légumes ;
    - 3e : un dîner composé de soupe, deux plats de viande avec légumes ou salade, dessert ou café ;
    - 4e : pour la journée, deux litres de bon vin de table et cinq bons cigares.
    (Histoire illustrée de la troisième République – Henri Girard – 1884).

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso