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  • 23 septembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Les escadrilles des cigognes (1) dans GUERRE 1914 - 1918 Commandant-Brocard-150x150Insigne-SPA67-150x150 dans GUERRE 1914 - 1918

     

    D’après « Les Archives de la Grande Guerre » – 1919

     

    A la fin du premier trimestre de 1916, l’ordre fut donné à chacune de nos escadrilles de l’air de peindre sur ses avions un insigne distinctif. Sur la proposition de son chef, le capitaine Brocard, la 3 adopta la Cigogne qu’elle devait illustrer, ainsi que les trois autres escadrilles de son célèbre groupe de combat.

    D’autres eussent préféré le coq. Mais le symbolisme de la cigogne parut plus conforme au rôle et aux espoirs de nos plus valeureux pilotes de chasse. Un camoufleur de la section d’Amiens se chargea de leur soumettre des modèles : ce fut, pour la 3, la cigogne, ailes basses, qui fut choisie. Ces pages en sont l’histoire, scrupuleusement véridique, mêlée, comme sa vie, de rire, de gloire et de sang…

     

    Le 12e Groupe d’escadrilles de combat fut constitué en mai 1916 à huit escadrilles, puis il se dédoubla en novembre en deux groupes de chacun quatre escadrilles.

    Le premier comprit les n° 3, 26, 73 (que devait remplacer quelques mois plus tard la 67) et 103. Il s’intitula successivement Groupe de chasse Brocard, Groupe de chasse de Cachy (du nom de la localité voisine d’Amiens où il cantonna). Mais ce fut au choix de la cigogne comme insigne par la 3 qu’il dut le nom si heureux auquel il devait conquérir une gloire universelle.

    Son histoire c’est, avant tout, celle de son chef, de celui qui en fut l’âme et l’initiateur et dont l’oeuvre demeure comme un incomparable exemple d’initiative, d’entraînement, d’intelligence et de courage. Sous les ordres du commandant Brocard, le G.C. 12 prit part aux opérations de la Somme et de Lorraine, aux offensives de l’Aisne et des Flandres. De mai 1916 à octobre 1917, il n’abattit pas moins de 426 avions ennemis, dont 183 avec certitude (98 dans la Somme, 10 en Lorraine, 46 dans l’Aisne et 29 dans les Flandres), plus 10 drachens. Ses pertes, pendant la même période, furent de 10 tués, 32 blessés et 28 disparus.

    Les quatre escadrilles qui le composaient arrivèrent respectivement au Groupe le 15 mai 1916 (la 3), le 5 juin (la 26), le 24 juillet (la 73) et le 21 juin (la 103) ; depuis leur formation jusqu’à ces dates, chacune d’elles avait descendu avec certitude : la 3, 19 avions et 3 drachens ; la 26, 9 avions ; la 73, 3 avions.

    Ses pilotes les plus fameux s’appelaient, dans l’ordre d’importance de leurs victoires, Guynemer, Dorme, Heurtaux, Fonck, Deullin, Chainat, de la Tour, Auger, de Rochefort, Soulier, Raymond, Guiguet ; les deux derniers avaient au moins abattu 4 avions.

    L’Escadrille 3, à elle seule, obtenait trois citations à l’ordre de l’armée. La première, du 13 septembre 1916, déclarait que, du 19 mars au 19 août 1916, elle avait livré 338 combats, abattant 38 avions, 3 drachens et obligeant 36 autres avions fortement atteints à atterrir. La deuxième, du 8 décembre 1916, lui reconnaissait en trois mois, du 19 août au 19 novembre 1916, 36 victoires. La troisième enfin, du 5 août 1917, la signalait se battant sans répit sur tous les fronts depuis deux ans, montrant le plus magnifique entrain et le plus bel esprit de sacrifice.

    Sous les ordres du capitaine Heurtaux, blessé à l’ennemi, elle venait de prendre part aux opérations de Lorraine et de Champagne et d’abattre, pendant cette période, 53 avions, ce qui portait le nombre de ses succès à 128 avions officiellement détruits et 132 autres désemparés.

    A la date du 14 août 1918, le total des avions abattus par les escadrilles du Groupe s’élevait à 347 officiels et 305 très probables.

    Telle était, résumée par la sèche statistique de ses victoires – et seul un pilote de chasse peut savoir toute l’éloquence de tels chiffres – l’incomparable phalange céleste, la plus redoutée de l’ennemi, qu’avait formée le capitaine Brocard. S’il fut, dans l’armée de l’air, un chef admirablement adapté à ses fonctions et comme prédestiné pour les remplir, ce fut bien celui-là. Seul, il avait fait avant la guerre le tour du monde sur Duperdussin. A la mobilisation il compte parmi nos meilleurs pilotes militaires ; il est lieutenant et il a 29 ans.

    Sa première citation à l’ordre de l’armée le montre, opérant une reconnaissance sur l’avion D. 87 : l’appareil est criblé de projectiles, ses vêtements, comme ceux de son camarade observateur, sont percés de balles. Il n’en accomplit pas moins sa mission avec une habileté et un sang-froid dont il ne devait plus cesser de donner les preuves les plus surprenantes.

    L’Escadrille N 3, d’abord montée sur Blériot, pendant les six premiers mois de la guerre, se transforma ensuite en Morane-Parasol ; il en prit le commandement en mars 1915. Il ne devait pas peu contribuer à lui faire attribuer des Nieuports, puis des Spads, ces derniers au cours de l’été de 1916. Le 28 août 1915, il abat avec un mousqueton un pilote allemand revenant d’un raid sur Paris. Le 20 mars 1916, il attaque 3 avions ennemis au-dessus de Verdun : une balle lui fracture la mâchoire. Il n’en réussit pas moins à descendre l’un de ses adversaires.

    Mais le récit de ses combats fait partie de l’histoire de la 3 : on la trouvera à sa place dans ces pages. Ce que nous voudrions dire ici, c’est la maîtrise psychologique, si rare, du chef, sa perspicacité à discerner le mérite vrai, à le rechercher, à le mettre en valeur, et son ascendant unique sur ses pilotes, résulta de cette clairvoyance qui ne se trompe pas et qu’on ne trompe pas.

    Le commandant Brocard respire l’intelligence et l’autorité naturelle qu’elle confère. Rien n’est plus limpide que son regard et l’on envie, en l’écoutant, les heures de guerre que nos meilleurs chasseurs, formés ou groupés par lui, purent vivre auprès de lui. Cette vie unanime du Groupe, si haute et si noble, Jules Romains eût excellé à l’analyser, à en découvrir la conscience organique. Le commandant Brocard, lui, sut, en dégager le sens en des instants mémorables, aux funérailles du capitaine Auger, notamment, comme dans ses adieux au Groupe : les paroles qu’il prononça là sont d’une poignante éloquence et il n’est pas un ancien combattant qui puisse les relire sans émotion. Le grand animateur du G.C. 12 savait parler comme il savait agir, et dans ce milieu si rebelle aux non-valeurs, l’admiration et l’affection qu’il inspirait à tous l’imposèrent seules, bien plus sûrement que toutes les hiérarchies et tous les règlements.

    Des pilotes qu’il choisit, forma et guida jusqu’aux suprêmes combats, il put parler, sans ridicule, et par une spirituelle coquetterie, lui, si jeune, comme de ses enfants. Il eut pour les découvrir et les amener au Groupe, tout particulièrement du G. D. E. (Groupe de divisions d’entraînement), une habileté si déliée qu’elle se joua des habituelles difficultés.

    Grâce à cela, la 3 devint rapidement une escadrille d’élite, si bien qu’on lui reprocha une recherche excessive du « rendement », et l’on entend quel sens terrible il faut attacher à ce terme en temps de guerre. Si le commandant Brocard demanda toujours à ses pilotes de se surpasser, s’il sut tirer d’eux le maximum d’efforts utiles, il connut aussi l’art de mettre en valeur leurs succès ; et ses récompenses furent aussi belles que ses promesses. Certes, il ne fut jamais de ceux qui s’installèrent dans la guerre, eux et leurs troupes, au prix de réveils comme celui de Verdun.

    Sa finesse et son autorité naturelle étaient telles qu’il pouvait être, selon les circonstances et les hommes, dans ses paroles comme dans ses ordres, de la plus extrême, de la plus pittoresque familiarité, sans rien perdre de son prestige. Combien d’autres sombrèrent à ce jeu difficile…

    Son ton habituel était celui de la camaraderie, et d’une camaraderie réelle, comme il sied entre émules. Et cependant il savait être énergique et sévir, quand il le fallait. Ne mit-il pas un jour Guynemer lui-même aux arrêts ?

    Pour lui, le Groupe était une véritable famille, et les mots qu’il trouvait pour le dire, pour s’intéresser aux uns, encourager les autres, étaient inoubliables. Les réceptions qui y furent faites à quelques étrangers de marque aussi. Telle celle au Prince de Galles. A la question classique qui fut posée à celui-ci au sujet de Paris, la réponse qu’il fit fut celle qu’on devine : « Qu’aimez-vous le plus à Paris, Prince ? Les femmes ».

    Il en était souvent question parmi les Cigognes, et comment eût-il pu en être autrement ? Mais on ne les y admettait pas, du moins du temps du commandant Brocard, dont la simplicité d’existence était exemplaire : sa tenue, sa table et sa chambre étaient la sobriété même.

    L’installation commune de Guynemer, Auger, Raymond et du commandant Brocard en avril 1917, à Bonne-Maison, est restée légendaire au Groupe. Si le commandant Brocard eut un défaut, ce fut, trop sûr de lui-même, de se refuser à évoluer et de s’en tenir à ses idées sur la chasse individuelle qui avait valu au Groupe de si beaux « rendements » sur la Somme et ailleurs. Il les professa toujours avec obstination, convaincu qu’il était que les patrouilles de chasse aérienne ne sauraient plus obtenir d’aussi « honorifiques » résultats. La première et non la moins difficile époque de la chasse aérienne a ainsi connu en lui son meilleur zélateur et son maître.

    Les pilotes qui ne lui convenaient pas étaient par lui proprement congédiés, c’est-à-dire, s’ils étaient mauvais, restitués à leur arme d’origine, le plus souvent l’infanterie, et s’ils étaient bons, affectés, faute de « cran », à des biplaces où ils n’étaient plus, au dire de leurs camarades de combat, que des conducteurs déchus de taxis.

    Chacune des escadrilles du Groupe comprit d’abord 12 pilotes. En 1918, elles en comptèrent 18, suivant l’exemple donné par l’ennemi. L’histoire en sera écrite ici séparément, comme il convient. Mais il nous semble utile d’en donner d’abord une vue d’ensemble, à vol de chasse, d’après le résumé mensuel des opérations du Groupe, qui fut établi depuis juillet 1916. Rien ne relate plus fidèlement sa vie collective, toute consacrée aux reconnaissances, rondes de chasse, combats et attaques de drachens.

    Les seules pages blanches y sont celles où le mauvais temps contraint nos Cigognes à l’inaction : ce sont les jours vides de l’aviation, aussi désolants pour elles que ceux d’hiver.

    En août 1916, les avions ennemis, très actifs sur le front de Bapaume, bien groupés, se défendent contre les attaques à faibles effectifs et préviennent les leurs de la présence de nos chasseurs en envoyant des globes blancs à leur hauteur. Ils mettent à accomplir leurs missions de surveillance ou de réglage avec plus d’insistance que de mordant : cette indiscrétion, d’ailleurs, le plus souvent, leur est funeste. Le 23 août, dans les secteurs de Combles et de Chaulnes, 2 sont abattus, 3 sérieusement atteints et 7 autres s’enfuient.

    Le 26, en dépit de nuages parfois très bas et de fréquentes averses, nos escadrilles tiennent l’air sans arrêt depuis 5h30, au nord comme au sud de la Somme, troublant le travail des avions de réglage dont ils mettent les escortes en fuite, attaquant presque toutes les patrouilles adverses, livrant 22 combats, abattant ou touchant sérieusement 8 avions au cours de la journée.

    En septembre, le nom de Guynemer paraît au Résumé avec un avion abattu le 4, dans la région de Chaulnes, puis un autre, le seizième pour lui, le 15. L’aviation ennemie, assez active, continue à subir notre ascendant. Dans le milieu du mois, cependant, elle devient plus agressive, ne se contente plus de faire des croisières en groupe, mais tente un travail individuel d’observation. Le 22, les forces disponibles du Groupe, portées tout entières sur le front de la Xe armée, livrent 30 combats ; le 25, 37. Dans ces deux journées, elles réussissent à abattre 10 avions et à en contraindre 3 autres à atterrir.

    En octobre, l’ennemi se dérobe, nous laissant presque toujours l’initiative des attaques. Elles s’élèvent, dans la seule journée du 22, à 49.

    Au début de novembre, une dizaine de nos avions sont sérieusement abîmés à la suite d’atterrissages rendus très difficiles par la violence du vent et des remous. Le 9, le Groupe engage 58 combats et lance 12000 fléchettes sur Miserey, Moislains, Péronne et le bois de Vaux. Les groupes d’avions de combat ennemis comprennent des biplaces et des monoplaces évoluant en formations serrées. Dans la nuit du 16 au 17, le champ d’aviation du Groupe, à Cachy, est bombardé. On compte 8 éclatements. Le Bessonneau de l’escadrille N. 3 est entièrement brûlé avec tous ses appareils ; de nombreux avions des escadrilles 26 et 65 sont criblés d’éclats et rendus indisponibles. Au cours du bombardement, 1 homme est tué, 7 autres sont blessés.

    A la fin de janvier 1917, la plupart des appareils allemands paraissent montés par de très jeunes pilotes et mitrailleurs qui font preuve d’une audace relative ; mais les leçons qu’ils reçoivent les rendent rapidement timides et les confinent dans une attitude défensive.

    En Lorraine, l’aviation ennemie diminue le nombre de ses reconnaissances et réglages et s’en tient à des barrages à l’intérieur de ses lignes, tactique qui rend plus périlleuses nos opérations aériennes.

    Le Résumé des opérations signale le 5 mai, dans l’Aisne, la troisième victoire de l’adjudant Fonck, de la N. 103 : un nom qui planera sur cet ouvrage aussi haut que celui, d’abord plus illustre, de Guynemer.

    L’un et l’autre résument et symbolisent tout ce que notre aviation de chasse a pu produire de plus prodigieux à la fois par l’élan et la réflexion, l’instinct qui foudroie et la science qui tue. Ces pages ne seront souvent qu’un long parallèle entre eux, où notre admiration s’efforcera de les suivre dans les nues. Par les dons les plus divers et même les plus contraires, ils n’y connurent point d’égaux.

    En juin 1917, des groupes de deux ou trois avions allemands, bi-moteurs triplaces, accompagnés d’un nombre égal de biplaces, bombardent quotidiennement nos cantonnements de l’arrière-front, à des heures et sur des points toujours différents. Celui du G.C. 12 reçoit ainsi, dans la nuit du 4 au 5, trois bombes près de ses baraquements : deux hommes de la N. 3 sont tués.

    Le 10 août, 58 avions ennemis sont signalés dont une quarantaine de monoplaces divisés en forts groupes de 5 à 10 manoeuvrant avec ensemble et faisant preuve de beaucoup de mordant.

    Ces groupes évitent le combat contre les Spads bien groupés, justifiant par là tous les enseignements de Deullin, mais attaquent les avions isolés ou peu nombreux.

    Le 11, 4 avions sur 6 composant une patrouille de la N. 3 sont criblés d’éclats d’obus, sans aucun dommage pour les pilotes.

    A cette activité et à cette précision de l’artillerie allemande contre avions, les nôtres répondent le 16 avec un soin minutieux que le Résumé relate en ces termes : « A 5 heures, le sergent Lecomte (N. 103) bombarde à 500 mètres des baraques éclairées dans la région N. O. d’Houthulst. A 5 heures, le sergent Schmitter (N. 103) bombarde des baraques, à la lisière E. du bois de Couckelaère. De 5 heures à 5 h. 15, le lieutenant Letourneau (N. 26) vole à 150 mètres et mitraille à plusieurs reprises des batteries allemandes tirant en lisière de la forêt. A 5 heures, l’adjudant Fétu (N. 26) mitraille à 200 mètres des batteries tirant de la lisière sud de la forêt. A 5 h. 45, le sergent Prou (N. 26) mitraille à 200 mètres un groupe de baraques au centre de la forêt. A 6 heures, le lieutenant Dezarrois (N. 26) lâche une bombe sur un convoi marchant sur la route d’Houthulst à Staden. A 6 heures, le maréchal des logis Fontaine (N. 26) lâche des bombes sur des baraques au centre de la forêt. A 8 heures, le lieutenant Dezarrois lâche des bombes sur un cantonnement de la route Langemarck-Westrosebecke ».

    Réveil terriblement français dont durent longtemps se souvenir les hôtes intrus de la forêt, dont la désolation s’étend entre Ypres et Dixmude. De 8 à 10 heures, le même jour, l’activité aérienne devient rapidement très forte. Nos pilotes livrent de durs combats ; 7 biplaces et 28 monoplaces, en groupes serrés de 7 à 12, gênent le travail de nos avions de réglage et recherchent même le combat avec nos avions de chasse. A 10 heures, l’activité s’éteint brusquement, et l’accalmie se prolonge jusqu’à la nuit, l’ennemi restant loin et bas chez lui.

    Le 19 août 1917, Guynemer et Fonck remportent leur première victoire commune en descendant en flammes deux biplaces venus, après avoir passé les lignes vers 5500 mètres, jusque sur la région de Dunkerque.

    Le 21, l’aviation allemande redevient soudain nombreuse, active et agressive. On signale une trentaine de monoplaces en groupes très serrés qui protègent des biplaces. Les lieutenants Dumas et Dezarrois attaquent ces derniers. Dumas, grièvement blessé d’une balle à la tête, atterrit cependant normalement au terrain de la Lovie ; Dezarrois, aux prises avec 5 monoplaces, blessé gravement d’une balle au pied, réussit à rentrer dans nos lignes avec son appareil criblé de balles et fort endommagé.

    Le capitaine Heurtaux, commandant l’escadrille 3, sérieusement blessé d’une balle à la cuisse le 3 septembre, donne à son tour le même exemple de maîtrise de soi dans la douleur en atterrissant régulièrement dans un champ au nord de Poperinghe.

    L’activité de l’aviation allemande dans la seconde quinzaine du mois semble décroître. Le nombre de ses monoplaces chargés d’établir des barrages à haute altitude est en diminution notable. Il n’en est pas de même de ses biplaces, puissants, rapides, qui montent très vite et chassent à des altitudes moyennes : plusieurs d’entre eux sont abattus par le capitaine Guynemer et l’adjudant Fonck à des hauteurs variant entre 4000 et 5000 mètres.

    En général, l’aviation allemande, à cette époque, reste constamment sur la défensive, cédant devant nos patrouilles, même inférieures en nombre.

    Un troisième bombardement atteint le cantonnement du Groupe, dans la nuit du 24 au 25 septembre, et n’y cause que des dégâts matériels.

    Le 28, en revenant de ronde, à 12h30, le maréchal des logis Mordureux (N. 26) a son appareil qui prend feu à 200 mètres d’altitude, à proximité du terrain. Il atterrit rapidement, capote et se dégage à temps de l’avion qui achève de se consumer. Il est lui-même légèrement brûlé, mais néanmoins continue son service.

    Le 30, au retour d’une patrouille qu’il a commandée, l’adjudant Fonck, en atterrissant, capote et se blesse légèrement au visage. Ce sera sa seule blessure de guerre. Le Résurné du Groupe, désormais, n’enregistrera plus que ses victoires, de plus en plus rapides, de plus en plus nombreuses et que lui assurera l’infaillibilité de sa tactique. Il sera l’Invincible.

    Un accident extrêmement rare cause la mort, le 29 novembre, de deux aviateurs. Un sergent de l’escadrille 26 heurte au-dessus du terrain, à 20 mètres du sol, un Voisin de l’escadrille 116 qui prenait son vol. Les deux avions s’écrasent au sol et le Voisin prend feu. Le pilote et le mitrailleur du second succombent presque aussitôt. Le troisième passager, mécanicien, est très grièvement blessé, ainsi que le sergent de la 26.

    Ainsi se résume, dans un style sans relief de compte rendu réglementaire qui désolera les professionnels du roman d’aviation et leurs lecteurs, la vie quotidienne du Groupe, son labeur et ses dangers, ses luttes, ses succès et ses pertes. Il nous sera aisé d’en discerner le détail dans l’histoire propre de chaque escadrille que dominera assurément celle de ses as. Pour l’ensemble, les souvenirs sont collectifs : ce sont ceux de Verdun et ceux de la Somme, ceux de Lorraine et ceux des Flandres, ceux de l’Aisne aussi.

    Les premiers demeureront à jamais parmi les plus tragiques.

     

    Suite

     

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