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  • 8 septembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     Le 8 septembre 1760 – La capitulation de Montréal dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-capitulation-de-Montréal-150x150Le-Canada-ou-Nouvelle-France-150x150 dans EPHEMERIDE MILITAIRE

     

    La capitulation de Montréal est signée le 8 septembre 1760, et cette capitulation entraine la reddition totale de la province de la Nouvelle France. Ainsi la colonie passe de la domination française à la domination anglaise.

     

     

    La capitulation de Montréal

    D’après « Journal des campagnes du chevalier de Lévis en Canada de 1756 à 1760 »
    François Gaston, maréchal duc de Lévis

     

    Le 6 septembre, l’armée du général Amherst, qui avait séjourné à l’Ile Pérault se mit en mouvement.

    Nos volontaires à cheval, qui étaient au bout de l’île, ayant voulu trop attendre, les berges allant plus vite que leurs chevaux, elles arrivèrent à la Chine en même temps qu’eux. Ils furent poursuivis, mais ils se sauvèrent à deux ou trois près.

    Il était environ onze heures du matin, et toute leur armée se mit en mouvement, après avoir débarqué, pour se porter vers la ville. Les volontaires se retirèrent pied à pied. On avait mandé au sieur Dumas de se serrer vers la ville, et sur le champ, on prit la résolution de se retirer dans la ville, M. Amherst étant venu camper à un quart de lieue.

    Il ne restait plus alors que les troupes, tous les habitants s’étant sauvés chez eux. Nombre de soldats mariés allèrent joindre leurs femmes, de sorte que tout ce qui restait de combattants ne passait pas deux mille. On avait à peine des munitions pour une affaire de mousqueterie et des vivres pour environ quinze à vingt jours.

    L’armée du général Amherst était composée de quinze mille hommes. Celle de M. Murray, de quatre mille hommes, et celle du lac Champlain, de neuf à dix mille, pouvaient se joindre dans une heure avec plus de cent cinquante bouches à feu.

     

    Pendant la nuit, il fut tenu une assemblée chez M. le marquis de Vaudreuil, composée des principaux officiers des troupes de terre et de la Marine. M. Bigot, intendant, lut un mémoire sur la capitulation de la colonie et l’état actuel de ses affaires, et un projet de capitulation.

    - Comme la désertion totale des Canadiens et celle d’un grand nombre de soldats avait réduit les troupes au nombre d’environ deux mille quatre cents tout au plus,
    - que les autochtones domiciliés avaient fait leur paix avec les Anglais, et même leur avaient offert de prendre les armes pour achever de nous réduire,
    - que la ville de Montréal était tout au plus à l’abri d’un coup de main, qu’on ne doutait pas que le brigadier Murray ne débarquât dans l’Ile de Montréal le lendemain matin,
    - que le corps qui avait pris l’Ile-aux-Noix pouvait aisément se joindre au brigadier et entourer l’Ile Sainte-Hélène, dans laquelle on n’avait pu jeter que cinq cents hommes,
    - et comme il était impossible de combattre l’armée qui était à la vue de Montréal avec plus de douze cents hommes, ne pouvant laisser moins de la moitié des troupes à la garde de la ville et de l’Ile Sainte-Hélène, les munitions d’ailleurs étant réduites à six milliers de poudre,
    tout le monde pensa, comme le marquis de Vaudreuil, que l’intérêt général de la colonie exigeait que les choses ne fussent pas poussées à la dernière extrémité, et qu’il convenait de préférer une capitulation avantageuse aux peuples et honorable aux troupes, qu’elle conservait au Roi, à une défense opiniâtre qui ne différerait que de deux jours la perte du pays.

    En conséquence le sieur de Bougainville fut envoyé pour proposer une suspension d’armes pour un mois, laquelle ayant été refusée, n’ayant accordé que six heures pour se déterminer, on y renvoya à dix heures pour la capitulation dont on avait minuté les articles et fait lecture dans la susdite assemblée.

    Les habitants de la ville refusèrent de prendre les armes. On avait laissé un bataillon de la colonie dans l’Ile Sainte-Hélène. La Marie, qui était armée avec le plus d’artillerie qu’on avait pu y mettre, les deux galères et les batteries qu’on avait sur l’Ile Sainte-Hélène et à l’Ile de Montréal défendaient le passage du courant Sainte-Marie contre la flotte du général Murray, le reste des troupes était posté le long des murailles de la ville, ayant laissé quelques détachements dans les faubourgs.

     

    L’armée du sieur Murray fit sa descente à dix heures du matin à la Pointe-aux-Trembles et se mit en marche jusqu’à la Longue-Pointe, où elle s’arrêta sur ce qu’on lui fit dire que l’on était en pourparlers pour capituler, mais il avança le soir jusqu’aux faubourgs de la ville.

    Le général Amherst minuta à la marge ce qu’il voulut accorder à chaque article. Il accorda presque tout excepté les honneurs demandés pour les troupes, voulant qu’elles missent bas les armes et qu’elles ne servissent pas de la présente guerre.

    Cet article parut trop humiliant pour s’y soumettre. On renvoya M. de Bougainville pour faire des représentations sur cet article mais le général ne voulut point l’entendre. On y renvoya dans la nuit M. de la Pause pour lui proposer de mettre seulement au Canada ou en Amérique en entreligne ; mais il ne voulut rien changer. M. le chevalier de Lévis, et les principaux officiers des troupes de terre firent sur cela vocalement les plus vives représentations à M. de Vaudreuil pour le porter à prendre un des partis qu’on lui proposait.

     

    A la fin, M. le chevalier de Lévis lui présenta le mémoire ci-après au nom des troupes qu’il commandait.

    Mémoire à M. le marquis de Vaudreuil. Aujourd’ui, 8 septembre 1760.

    M. le marquis de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, nous ayant communiqué les articles de la capitulation qu’il a proposés au général anglais pour la reddition du Canada et les réponses à ses articles, et ayant lu dans lesdites réponses que ce général exige pour dernière résolution que les troupes mettent bas les armes et ne serviront point pendant tout le cours de la présente guerre, nous avons cru devoir lui représenter, en notre nom et en celui des officiers principaux et autres des troupes de terre que cet article de la capitulation ne peut être plus contraire au service du Roi et à l’honneur de ses armes, puisqu’il prive l’Etat du service que pourraient lui rendre pendant tout le cours de la présente guerre huit bataillons de troupes de terre et deux de celles de la marine, lesquelles ont servi avec courage et distinction, service dont l’Etat ne serait pas privé si les troupes étaient prisonnières de guerre et même prises à discrétion.

    En conséquence, nous demandons à M. de Vaudreuil de rompre présentement tout pourparlers avec le général anglais et de se déterminer à la plus vigoureuse défense dont notre position actuelle puisse être susceptible.

    Nous occupons la ville de Montréal qui, quoique très mauvaise et hors d’état de soutenir un siège, est à abri d’un coup de main et ne peut être prise sans canon. Il serait inoui de se soumettre à des conditions si dures et si humiliantes pour les troupes, sans être canonnés.

    D’ailleurs, il reste encore assez de munitions pour soutenir un combat, si l’ennemi voulait nous attaquer l’épée à la main, et pour en livrer un, si M. de Vaudreuil veut tenter la fortune, quoique avec des forces extrêmement disproportionnées et peu d’espoir de réussir.

    Si M. le marquis de Vaudreuil, par des vues politiques, se croit obligé de rendre présentement la colonie aux Anglais, nous lui demandons la liberté de nous retirer avec les troupes dans l’Ile Sainte-Hélène, pour y soutenir en notre nom l’honneur des armes du Roi, résolus de nous exposer à toutes sortes d’extrémités plutôt que de subir des conditions qui nous y paraissent si contraires.

    Je prie M. le marquis de Vaudreuil de mettre sa réponse par écrit au bas du présent mémoire.

    Signé Le chevalier de Lévis

     

    Réponse de M. le marquis de Vaudreuil.

    Attendu que l’intérêt de la colonie ne nous permet pas de refuser les conditions proposées par le général anglais, lesquelles sont avantageuses au pays dont le sort m’est confié, j’ordonne à M. le chevalier de Lévis de se conformer à la présente capitulation, et faire mettre bas les armes aux troupes.

    A Montréal, le 8 septembre 1760.

    Signé Vaudreuil.

     

    M. le chevalier de Lévis voyant avec douleur que rien ne pouvait faire changer la détermination de M. le marquis de Vaudreuil, voulant épargner aux troupes une partie de l’humiliation qu’elles allaient subir, leur ordonna de brûler leurs drapeaux pour se soustraire à la dure condition de les remettre aux ennemis.

    Le général anglais avait donné jusqu’à six heures du matin, mais il en était huit quand on fut leur porter l’acceptation. Il fut convenu qu’ils viendraient le soir même occuper le faubourg des Récollets.

     

    Le 9 septembre

    Ils envoyèrent un détachement sur la Place d’armes avec de l’artillerie, où nos bataillons se rendirent pour y mettre bas les armes, l’un après l’autre, et retourner ensuite au camp qu’ils occupaient sur le rempart. M. le chevalier de Lévis fut ensuite en faire la revue. Les ennemis s’emparèrent des postes et de toute la garde de la ville.

     

    Le 10 septembre

    On envoya des détachements pour aller chercher les équipages que chaque bataillon avait dans ses quartiers.

     

    Les 11, 12 et 13 septembre

    Les Anglais renvoyèrent leurs milices, firent leurs arrangements pour les garnisons et disposèrent les bâtiments pour nous embarquer.

     

     

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