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  • 4 septembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 4 septembre 1796 – La bataille de Roveredo dans EPHEMERIDE MILITAIRE Hussard-150x150

     

    La bataille de Roveredo

    D’après « histoire des armées françaises de terre et de mer » – Abel Hugo – 1835

     

    L’avant-garde de Masséna culbuta, dans la soirée du 3 septembre, les avant-postes autrichiens, d’Ala sur Serravalle et San-Marco, où Wukassowich se fortifia dans une position formidable qui domine les deux rives de l’Adige. Une partie du corps de ce général se trouvait précisément postée vers Canzano, à l’embranchement du chemin par où devait arriver la division Vaubois. Comme Vaubois devait se trouver le 4 à la hauteur de Serravalle, il fallait, pour qu’il pût déboucher, s’emparer de Canzano sur-le-champ. Le général Pigeon, chargé par Masséna de se rendre maître de ce village, culbuta l’ennemi après un assez rude combat, dans lequel il fit 200 prisonniers.

    Augereau prit position le 4 sur les hauteurs qui longent la vallée d’Arsa, couvrant ainsi le flanc droit de Masséna. Celui-ci devait attaquer San-Marco dès que les têtes de colonne de Vaubois se montreraient. Les deux partis étaient en présence le 4, à la pointe du jour. Les défilés presque inexpugnables de San-Marco, sur l’Adige, étaient gardés par une division ennemie ; une autre occupait le camp retranché de Mori.

    Le général Pigeon gagna les hauteurs à gauche de San-Marco, avec l’avant-garde de Masséna ; la 18e légère, conduite par l’adjudant général Sornet, attaqua les Autrichiens en tirailleurs, et la 18e de ligne, aux ordres du général Victor, formée en colonnes serrées par bataillons, perça l’ennemi par le grand chemin au moment où Vaubois assaillait le camp de Mori.

    L’ennemi se défendit pendant deux heures avec un incroyable acharnement ; l’avantage de sa position balançait son infériorité numérique. Il commença enfin à plier. Bonaparte ordonna au général Dubois de se mettre à la tête du 1er régiment de hussards et de pousser vivement les Impériaux. Dans cette charge brillante, qui eut un succès complet, Dubois, dont un des aides de camp venait d’être tué, tomba lui-même mortellement frappé de trois balles. Bonaparte, qui parcourait alors le champ de bataille, arriva près de lui. Ce brave général, se soulevant avec peine, s’adressa au général en chef, et lui serrant la main : « Je meurs pour la République, dit-il ; mais avant que j’expire, faites que j’aie le temps de savoir si la victoire est complète ». Son vœu fut exaucé il ne succomba que deux heures après la retraite des Autrichiens sur Roveredo.

    Vaubois n’avait pas été moins heureux que Masséna ; il avait forcé le camp de Mori et poursuivait alors opiniâtrement, sur la rive droite de l’Adige, les ennemis qu’il avait eus à combattre.

    Il était une heure après midi, et l’ennemi se trouvait en déroule sur tous les points. Wukassowich, qui s’était replié sur Roveredo, y fut presque aussitôt assailli par la brigade Victor, qui entra au pas de charge dans la grande rue. Les Impériaux furent encore contraints de reculer, laissant après eux un grand nombre de morts et de prisonniers.

    A peine cette retraite avait-elle commencé, que le général Bampon se porta, suivi de la 32e demi-brigade, entre l’Adige et Boveredo. Wukassowich, ainsi assailli, reçut l’ordre de rejoindre son général en chef Davidowich, dont le corps de bataille était posté à Calliano. Il n’en poursuivit pas moins sa retraite avec beaucoup d’ordre, profitant de toutes les difficultés du terrain et de chaque défilé pour tenir tête aux troupes républicaines. Quoique sa troupe se battit seule depuis trois jours, on n’était encore parvenu à lui enlever que trois pièces de canon et environ 1000 prisonniers.

    Masséna ayant rallié ses brigades, leur donna, en avant de Roveredo, resté au pouvoir des Français, quelques moments de repos dont Bonaparte profita pour reconnaître la position et les mouvements de l’ennemi.

    Les soldats de Wukassowich, harassés, venaient enfin d’opérer leur réunion avec les troupes de Davidowich qui, bien reposées, étaient en position pour défendre la gorge presque inexpugnable de Calliano. Cette position consiste en une hauteur resserrée entre l’Adige et des montagnes à pic qui forment un défilé d’environ quarante toises de largeur. Ce défilé est fermé par un village, un château élevé et une forte muraille qui, partant de la montagne, se termine à la rivière. Toute l’artillerie autrichienne était disposée de manière à battre le chemin, le seul qui conduises Trente.

    Le général en chef se convainquit en un instant qu’on ne pouvait enlever une aussi formidable position que par une attaque vive, impétueuse, et en profitant autant de la surprise de l’ennemi que des premières impressions produites par l’arrivée des troupes fugitives de Wukassowich. Il n’y avait pas un moment à perdre ; les dispositions d’attaque furent faites à l’instant.

    Le général Dommartin eut ordre de faire avancer huit pièces d’artillerie légère sur un plateau d’où l’on pouvait battre la gorge en écharpe. Pigeon fut envoyé sur la droite avec quelques bataillons, et 300 tirailleurs se portèrent sur les bords de l’Adige pour commencer la fusillade. Trois demi-brigades, protégées par ces dispositions, se formèrent en colonne serrée par bataillon, et pénétrèrent dans le défilé, l’arme au bras.

    Ebranlés par le feu meurtrier de l’artillerie et par la hardiesse des tirailleurs qui, s’approchant de plus en plus, allaient les fusiller presque à bout portant, les Autrichiens ne résistèrent pas au choc des colonnes d’attaque. L’une tourna l’ennemi en côtoyant l’Adige, l’autre gravit des rochers presque inaccessibles. Pressé de front et en flanc, le général autrichien abandonna l’entrée de la gorge. Ce mouvement rétrograde répandit à l’instant la terreur sur toute la ligne, qui se rompit et s’enfuit en désordre vers Trente. L’infanterie, victorieuse, se mit au pas de course à la poursuite des Autrichiens ; la cavalerie la précédait.

    A la tête de cinquante hussards, le capitaine Lemarrois, aide de camp de Bonaparte, s’élança vers la tête de toute la colonne ennemie, pour lui couper la retraite. Emporté par trop d’ardeur, il se fit d’abord jour à travers cette colonne ; mais bientôt enveloppé lui-même, il fut renversé, foulé aux pieds et couvert de blessures. Les braves qui l’accompagnaient furent également entourés et sabrés. Le 1er régiment de hussards était accouru pour délivrer ses camarades ; il parvint à repousser l’ennemi et à dégager le brave Lemarrois, couvert de sang et de poussière. Le colonel du 1er régiment fut tué.

    Le capitaine Bessières, de la compagnie des guides à cheval, avait suivi le mouvement de Lemarrois. Ayant aperçu deux pièces de canon et un obusier qui, fuyant au galop, allaient parvenir à s’échapper, il s’élança pour s’en emparer, suivi seulement de quatre cavaliers, dont deux furent tués. Une lutte corps à corps s’engagea entre lui et l’officier qui commandait ces pièces. Mais son cheval ayant été renversé par une profonde blessure, il sauta sur un des canons et y fit le coup de sabre avec les Autrichiens. Deux brigadiers des guides se précipitèrent pour le dégager. Ces deux intrépides soldats sabrèrent les canonniers sur leurs pièces, mirent en fuite l’escorte, et remportèrent le double triomphe de sauver leur capitaine et de se rendre maîtres des trois pièces. Bessières fut fait chef d’escadron, et les deux brigadiers maréchaux des logis. Ce fut en mémoire de ce trait de bravoure héroïque que Bonaparte attacha un obusier et deux pièces de canon à sa compagnie des guides.

    La déroute avait été complète, et Davidowich put à peine rassembler la moitié de son corps d’armée sous les murs de Trente. Outre les tués et les blessés, les Autrichiens perdirent, dans les journées du 3 et du 4 septembre, 8000 prisonniers, vingt-cinq pièces de canon, cinquante caissons, sept drapeaux, etc.

    Vaubois passa l’Adige dans la nuit du 4 au 5 et se réunit à Masséna qui, toujours poursuivant l’ennemi, entra le 5 dans Trente, à huit heures du matin, après un échange de quelques coups de canon avec l’arrière-garde autrichienne.

     

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