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  • 1 septembre 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

     Histoire des troupes étrangères au service de la France (2) dans PAGES D'HISTOIRE Aventurier-au-XVe-siècle-150x150

     

    D’après la monographie « Histoire des troupes étrangères au service de la France »
    Eugène Fieffé – 1854

     

    Des premiers temps de la monarchie à la mort de Henri IV

    Histoire des troupes (1)

    Les historiens ne s’accordent pas sur l’époque à laquelle les étrangers ont commencé à prendre du service en France. Selon les uns, quarante-trois ans après la mort de Clovis, lorsque Bucelin franchit les Alpes et marcha contre Narsès, général de l’empereur Justinien, il y avait des Allemands et des Italiens dans l’armée des Francs. Sans contester le fait, nous ne pensons pas qu’on puisse en inférer que ces troupes fussent enrôlées sous notre bannière : Agathias, qui a fait un long récit de la bataille de Casilin, gagnée par Narsès en cette circonstance, n’en dit pas un mot, et il paraît plus juste de les considérer comme des alliés indépendants que des intérêts semblables portaient à combattre un ennemi commun.

    D’autres écrivains , rattachant l’origine des troupes étrangères à celle de la garde des rois, au neuvième siècle, prétendent que Charles le Gros institua, vers l’an 886, une garde de vingt-quatre Écossais, pour être nuit et jour auprès de sa personne, et qu’il donna la préférence aux gentilshommes de cette nation, à cause de leur fidélité bien reconnue depuis l’alliance contractée un siècle auparavant entre la France et l’Écosse.

    Si l’on se reporte, en effet, à ces temps de dissensions intestines où les petits-fils de Charlemagne se disputaient les armes à la main les débris de son empire, on n’est point surpris qu’ils aient choisi des étrangers pour en faire leurs satellites, plutôt que leurs propres sujets au milieu desquels leur vie n’eût pas été en sûreté. Ils se souvenaient du temps où les maîtres du monde étaient assassinés par les chefs des cohortes prétoriennes. Mais ce ne sont là que des suppositions, et nous cherchons la vérité. D’ailleurs, nous retrouverons plus tard les Écossais veillant la nuit au pied du château de Plessis-les-Tours. Nous les reconnaîtrons à leur pas silencieux et cadencé, à leur toque surmontée d’une plume flottante et surtout au reflet blafard de leurs hallebardes sur les murs ; nous les verrons encore, au dix-septième siècle, à la suite du grand roi, dans les riantes avenues du jardin de Versailles.

    Un fait moins contestable, c’est que le brigandage et la dévastation qui remplacèrent la discipline des armées, au commencement du douzième siècle, ne contribuèrent pas peu à répandre les étrangers en France, et qu’ils ne voulurent plus en sortir lorsque les rois, les mettant sur le même pied que les troupes nationales, leur eurent proposé d’acheter leurs services. Cet usage de payer les troupes existait depuis quelque temps. Il n’est pas sans utilité de faire connaître comment il s’était établi, et de jeter en même temps un coup d’œil sur l’état de l’armée avant qu’on eût songé à y introduire des mercenaires venus de tous les pays.

    Dans le principe, tout citoyen était né pour porter les armes, et répondait à l’appel de son seigneur dès qu’il avait atteint l’âge prescrit par les lois. Il ne pouvait prétendre à aucune récompense, hormis à la part de butin que le roi ou le chef de la nation daignait lui laisser après la victoire. Encore le roi se traitait-il le plus souvent comme le lion de la fable. A la vérité, ces troupes étaient moins celles du prince que des grands vassaux de la couronne qui les mettaient au service de leur ambition et refusaient la plupart du temps de les conduire où les appelaient les ordres du souverain.

    Cet état de choses dura jusqu’à l’avénement de Louis le Gros, qui ne commença point, comme on le croit généralement, mais favorisa l’émancipation des villes ou communes, et leur accorda, dans le but de réprimer l’insolence et le brigandage des gentilshommes, le droit de lever et d’entretenir des compagnies, exclusivement composées de bourgeois, qui étaient destinées à entrer en campagne à la première injonction du roi. Tous les citoyens en faisaient partie ; mais on ne fut pas longtemps à reconnaître qu’il y avait plusieurs inconvénients à soumettre ainsi tout le monde à un pareil service, et qu’il valait mieux le faire peser uniquement sur un certain nombre de volontaires qu’on retiendrait sous les armes au moyen d’un salaire. C’est pourquoi PhilippeAuguste créa, vers 1180, une nouvelle milice, différente de celle des communes et des vassaux. Ceux qui consentirent à y entrer furent appelés souldoyés. C’étaient, pour la plupart, des gens sans aveu, ramassés dans tous les pays et surtout dans le Brabant.

    Telle est l’origine de la solde donnée aux troupes : ce qui a fait dire par quelques écrivains que la qualification de soldat n’a pas d’autre étymologie.

    Cet appât offert à la cupidité de tous les vagabonds, tant au dedans qu’au dehors du royaume, aurait suffi pour appeler les étrangers au sein de nos armées, s’ils n’y eussent été déjà attirés, sous le règne précédent, par un autre motif non moins puissant.

    Les milices communales, créées par Louis le Gros, avaient, sous Louis VII, son successeur, méconnu leur principe et leur but. Instituées pour mettre un terme aux usurpations et aux désordres des barons, elles avaient fini par les imiter et les surpasser même avec une facilité effrayante. Usant de représailles qui leur semblaient légitimes, elles tuaient, ravageaient, pillaient et le reste, avec d’autant moins de scrupule qu’elles étaient certaines de l’impunité la plus complète. Cette assurance et l’existence licencieuse qu’elles menaient étaient bien faites pour tenter nombre de gens pour qui le métier des armes ainsi pratiqué ne manquait pas de séductions, puisqu’il leur fournissait une précieuse occasion de satisfaire tous leurs vices.

    Aussi vit-on, dès ce moment, se former sur plusieurs points du royaume des bandes considérables de brigands, rebut de celles qui, sous le règne précédent, s’étaient dirigées vers la Terre-Sainte, lors de la première croisade, et dont la plupart étaient revenues sur leurs pas, ramenant avec elles une foule d’étrangers coureurs d’aventures : de là le nom d’aventuriers.

    Ceux de France se confondent tellement avec leurs compagnons, originaires des autres pays, que leur histoire est la même.

    Ces bandes portèrent tour à tour les noms les plus bizarres, suivant les provinces où elles entraient ou les pays d’où elles sortaient, ou bien encore en raison de quelques-uns de leurs usages ou des excès qu’elles commettaient. Parmi ces noms, ceux qui s’appliquent particulièrement aux aventuriers étrangers sont les suivants: Alaquais, Aragonois, bandits, barbules, Basques, Brabançons, brigands, cantatours, Comtois, mille-diables, fendeurs, escorcheurs, grandes compagnies, lansquenets, laquais, lances vertes, routiers, rustres, soudoyers, tardvenus, tondeurs et varlets, noms pour la plupart peu flatteurs, mais du moins très mérités, car c’étaient, dit la chronique de Saint-Denis , « pillards, voleurs, larrons, infâmes dissolus, excommuniés. Ils ardaient les monastères et les églises où le peuple se retirait, et tourmentaient les prêtres et les religieux, les appelaient cantatours, par allusion à eux-mêmes, qu’on avait ainsi nommés parce qu’ils avaient l’habitude de chanter sur les routes en marchant, puis leur donnaient grands buffes et grosses gousses ».

    Daru, dans son Histoire de Venise, dit que ces aventuriers étaient des hommes à charge à leur pays, s’engageant au service du prince qui les payait ou leur promettait davantage, et servant successivement à pied, en cavalerie légère, en lances garnies, en troupes régulières ou en partisans.

    Les rois d’Angleterre furent les premiers qui en enrôlèrent un grand nombre. Mais ils avaient soin de ne les employer qu’à la défense des provinces qu’ils possédaient sur le continent ou à la conquête des nôtres, afin d’avoir toujours la facilité de se débarrasser de ces auxiliaires incommodes aussitôt que les hostilités avaient cessé. Ceux-ci ne manquaient pas alors de se répandre au centre de la France, qu’ils appelaient insolemment leur chambre et qu’ils ravageaient avec moins de ménagement qu’ils n’en auraient eu si elle leur eût effectivement appartenu. Ce fut pour priver du concours de ces bandits le roi Henri II, qui venait de lui déclarer la guerre, et en avait vingt mille à sa solde, que Louis VII les prit à son service. Mais le monarque anglais en fit venir de nouveaux, qui se réunirent aux premiers à la fin de la campagne, de sorte qu’il s’en trouva en France un nombre considérable. Pour comble de malheur, Louis VII n’ayant pu les payer, fut obligé d’autoriser longtemps leurs brigandages.

    Il fallut cependant essayer d’en finir avec eux. En 1177, un vicomte de Turenne fut envoyé pour les combattre et les mit presque tous en déroute près de Brives. Les aventuriers laissèrent dans cette circonstance leur chef et deux mille morts sur le champ de bataille. On les opposait souvent les uns aux autres, car, dans cette guerre d’extermination, le vicomte de Limoges avait amené pour renfort au vicomte de Turenne une autre bande d’aventuriers qu’on appelait paillers, à cause de l’habitude qu’ils avaient de porter de la paille sur leur casque.

    Les bandes ne furent pas longtemps à se reformer. Philippe-Auguste ayant recommencé la guerre contre les Anglais, et voulant d’ailleurs s’affranchir de la dépendance de ses vassaux, utilisa les aventuriers en les mêlant à la milice des communes. Mais l’inconvénient qui s’était déjà signalé se reproduisit dès qu’ils cessèrent d’être employés. Ils se mirent à dévaster les provinces. Ils étaient aux environs de Bourges, pillant les maisons, les églises, écorchant les prêtres, violant les femmes sous les yeux de leurs maris, les filles en présence de leurs mères, brisant les vases sacrés, faisant servir les linges bénits à tous les usages des femmes qu’ils traînaient à leur suite, lorsque Philippe-Auguste envoya contre eux une armée qui les défit entièrement. Il en parut, deux ans après, dans l’Aquitaine. « Ils étaient, dit une ancienne histoire manuscrite, Brabançons, Aragonois, Allemands, François, et infestoient si tant la province que nul n’osoit sortir des forteresses ». Ces bandes furent enfin attaquées et écrasées par les chaperons, ainsi appelés à cause de la toque blanche dont chaque soldat était coiffé. Elles perdirent dans une seule rencontre dix-sept mille hommes, et neuf mille dans une autre.

    Nous avons dit que le roi d’Angleterre avait pris également des aventuriers à son service. La plupart étaient Brabançons. Un de leurs plus fameux capitaines s’appelait Lupicaire. C’est lui qui soutint les siéges du château des Andelys et de Château-Gaillard contre Philippe-Auguste, lorsque ce prince résolut de prendre la Normandie aux Anglais. Philippe opposa à son tour à l’année que commandait Lupicaire un autre corps de Brabançons dont le chef se nommait Cadoc, et auquel le roi donnait par jour mille livres de paie pour lui et ses gens.

    Les longues guerres de la France et de l’Angleterre augmentèrent le nombre et l’importance de ces bandes. A l’exemple de Henri II, Jean sans Terre en forma des armées considérables. Fidèles imitateurs de leurs devanciers, ces aventuriers se joignirent bientôt aux Albigeois, et désolèrent le midi de la France. Louis VIII ne put parvenir à les détruire, et ce fut saint Louis encore enfant qui en eut l’honneur.

    Quelques années plus tard, connue s’il eût été impossible d’en éteindre la race, les aventuriers reparaissaient, et Jean le Bon les enrôlait pour combattre ceux du prince Noir. A la désastreuse bataille de Poitiers, où le roi fut fait prisonnier, telle était en grande partie la composition des deux armées. La guerre s’étant terminée par le traité de Brétigny (1360), le comte de Warwick reçut l’ordre du roi d’Angleterre de rester en France, tant pour faire observer la trève conclue que pour licencier les aventuriers qu’il avait joints à son armée. Mais, à mesure qu’on les congédiait, ceux-ci se réunissaient, et choisissaient parmi eux de nouveaux chefs sous la conduite desquels ils recommencèrent leur vie dissolue. Malheur à qui tombait entre leurs mains.

    Ces tard-venus, ainsi qu’ils se nommaient eux-mêmes, s’élevèrent bientôt à seize mille combattants. Leurs progrès effrayèrent le roi Jean qui réclama l’appui de l’Angleterre, dans la crainte que les forces de la France ne fussent point suffisantes pour les repousser. L’Angleterre ne lui ayant envoyé aucun secours, le monarque français résolut de les attaquer seul. Il leva une armée de dix mille hommes dont il confia le commandement au connétable Jacques de Bourbon, qui les attendit à Brignais, près de Lyon. Ces brigands étaient conduits par des capitaines expérimentés. Lorsqu’ils furent près de l’avant-garde de l’armée royale, ils lancèrent dans les rangs tant de pierres et de traits qu’ils y jetèrent l’épouvante. En même temps ils détachèrent l’élite de leur cavalerie, qui, retranchée derrière une montagne, vint prendre à dos la cavalerie française, la rompit et la mit en fuite. Le connétable et son fils, tous deux blessés, furent transportés à Lyon où ils moururent peu de jours après.

    Cette victoire accrut l’audace et les prétentions des compagnies. L’une d’elles, conduite par Jean de Gouges, qui se faisait nommer ami de Dieu et ennemi de tout le monde, arriva jusqu’aux portes d’Avignon. Le pape Urbain V lança contre ces bandits des excommunications et prêcha une croisade. Mais comme il ne pouvait offrir que des indulgences à ceux qui venaient pour le défendre, ils se joignirent aux brigands. Heureusement, il y avait alors dans un coin de la Lombardie, un homme de guerre célèbre, le marquis de Montferrat. Le pape eut recours à lui. Le marquis se rendit à ses instances. Mais ne voulant pas attaquer ces vieilles troupes avec de nouveaux soldats, il transigea avec ces pillards qui consentirent à le suivre en Italie moyennant 60000 florins.

    Ceux qui étaient restés en France y continuèrent leurs ravages jusqu’en 1365. C’est alors que Bertrand Du Guesclin proposa de les conduire dans le royaume de Castille qui était en proie aux fureurs sanguinaires de Pierre le Cruel. Henri de Transtamare, son frère naturel, aussi brave qu’ambitieux, avait résolu de délivrer l’Espagne de ce monstre et imploré le secours du roi de France dont Pierre avait empoisonné la belle-sœur. Le roi accepta les offres de Du Guesclin qui se mit aussitôt en rapport avec les chefs des grandes compagnies. Il se rendit dans leur camp, et, pour mieux leur cacher la mission dont il était chargé, il commença à mener joyeuse vie avec eux.

    Cette courte harangue, qui proposait en même temps un changement de conduite, une somme d’argent et l’espoir d’un grand butin, eut tout le succès que Du Guesclin pouvait en attendre. Il partit donc avec son armée, mais non sans l’avoir conduite à Avignon, comme il l’avait promis, pour y recevoir de l’argent et l’absolution. Peu rassuré à l’approche de ces visiteurs, le pape les envoya haranguer par un cardinal qui revêtit ses plus riches habits pour paraître devant eux, croyant par là leur donner une haute idée de son rang et leur inspirer du respect pour sa personne. Ceux-ci, moins sensibles à la harangue du cardinal qu’à la magnificence de ses ornements sacerdotaux, eurent quelque velléité de les lui voler. Voyant alors à quelles gens il avait affaire, le cardinal courut avertir le saintr-père qui s’empressa de leur donner l’argent d’une main, et de l’autre l’absolution, à condition qu’ils vuideraient le jour même le comté.

    Les bandes réunies, s’élevant à trente mille hommes, entrèrent en Espagne le 1er janvier 1366. Leur premier exploit fut la prise de Mugalon, ville non moins bien défendue par sa position avantageuse et la hauteur de ses remparts que par la bravoure de ses habitants. De là, elles se dirigeaient sur Burgos pour en faire le siége, lorsqu’elles furent arrêtées dans leur marche par le gouverneur de Bibieça qui pria Du Guesclin de lui faire l’honneur d’attaquer sa place. Dès le lendemain, Du Guesclin y fit donner trois assauts. Le gouverneur espagnol, armé de toutes pièces, se battait comme un lion et terrassait tous ceux qui osaient approcher de la brèche. A ce spectacle, Du Guesclin descend de cheval, prend sa hache, monte à la brèche, ranime par son courage les aventuriers qui fuient, désarme le gouverneur et livre la ville au pillage.

    Quelques jours après, il fit couronner Henri de Transtamare, à la place de Pierre le Cruel, sous le nom de Henri II.

    Poursuivant leur course victorieuse, les aventuriers s’emparèrent encore de Tolède, de Cordoue et de Séville. Mais le prince de Galles accourut au secours du roi dépossédé et fit Du Guesclin prisonnier, de sorte que le but principal de l’expédition, l’expulsion des aventuriers, ne fut pas entièrement atteint. Ceux qui échappèrent aux désastres de la guerre revinrent en France et formèrent de nouvelles associations. Les plus grands seigneurs se placèrent à leur tête. L’un d’eux, nommé Aymerigot Tête-Noire, était maître de plus de quatre-vingts places dans l’Auvergne et le Limousin. Possesseur de sommes immenses, il vivait en souverain, en prenait le titre et en avait à peu près l’indépendance et l’autorité. Peu de jours avant de mourir, il désigna son successeur et fit un testament.

    Nous ne nous étendrons pas davantage sur les brigandages exercés par les aventuriers. Ce qu’il nous importe surtout de constater, c’est qu’ils ont été souvent employés par les rois de France, et qu’ils ont ainsi traversé plusieurs siècles, disparaissant lorsque la guerre était terminée, pour renaître quand les hostilités recommençaient. On en retrouve encore quelques traces sous Charles VII ; ils avaient alors pour chef le célèbre Lahire. Enfin, lorsque Louis XII et François Ier allèrent porter la guerre en Italie, ils prirent à leur solde plusieurs de ces compagnies qui firent merveille.

    Une anecdote se rattache à cette époque de leur histoire : En 1515, les aventuriers s’étant permis d’enfoncer les portes des maisons d’une ville d’Italie, où l’armée venait d’entrer, de violer les femmes et de massacrer les habitants, François Ier courait y mettre ordre, lorsque son cheval s’abattit et le renversa sous lui. Le roi allait périr étouffé sous le poids de son épaisse armure, quand un de ceux qu’il avait voulu percer de son épée un instant auparavant, s’oubliant lui-même pour ne plus voir que le péril du monarque, revint sur ses pas, le tira d’embarras et s’enfuit aussitôt. On fit en vain les plus actives recherches pour découvrir cet homme. Son nom resta inconnu, et la récompense qui lui était destinée ne put jamais le déterminer à se présenter.

    Les aventuriers suivirent dans leur manière de s’armer les mêmes progrès que les troupes nationales, depuis la hache, la masse d’armes, l’épieu, l’arc, la lance, l’épée, la pique et la pertuisane jusqu’à la hallebarde et l’arquebuse. Mais ils firent encore plus souvent usage de la corde et de la potence.

    En même temps qu’ils prenaient à leur service des aventuriers avec lesquels ils traitaient directement, les rois de France empruntaient des troupes étrangères aux souverains des autres royaumes. Ce n’était pas, dit un écrivain qu’elles valussent mieux que celles qui existaient en France, mais on le croyait. Ces troupes étrangères étaient, en outre, beaucoup plus sûres, car le dévouement des troupes nationales était constamment ébranlé par les manœuvres des barons, qui, gardant rancune aux rois de France de les avoir combattus et humiliés, vivaient retirés dans leurs châteaux, et ne se souciaient pas de rentrer dans l’armée pour y voir les bourgeois marcher sur la même ligne qu’eux dans les combats. Il ne fallut rien moins que les longues guerres contre les Anglais et en Italie, pour décider ces nouveaux Achilles à sortir de leurs tentes. Mais alors les étrangers marchaient déjà sous les drapeaux de la France, et ils avaient eu trop souvent occasion de montrer de quel prix étaient leurs services pour que l’on consentît à s’en passer.

    Philippe-Auguste et Philippe le Hardi avaient commencé à en soudoyer. Après eux, Philippe le Bel, engagé dans de longs démêlés avec les Flamands, fit des traités avec le dauphin du Viennois, avec Jean Bailleul, roi d’Écosse, Érick, roi de Norvége, et Albert, duc d’Autriche. Philippe de Valois en conclut de pareils avec Henri, palatin du Rhin, et avec Jean, roi de Bohême. Enfin, Italiens, Allemands, Écossais, Suisses, Grecs, Flamands, Espagnols, grossirent bientôt les rangs de l’armée française.

     

    Suite…

     

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