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  • 28 août 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le combat de Buzancy

    D’après « La guerre franco-allemande de 1870-71 » – Alfred-Oscar Wachter – 1895

     

    Les audacieuses pointes d’avant-garde de Rheinbaben rencontrèrent le 26, dans l’après-midi, les hussards du corps Douay aux environs de Grand-Pré et firent mettre sous les armes tout notre corps d’armée. La cavalerie saxonne était parvenue à atteindre la route de Vouziers à Stenay. Arrivés à Nouart, quelques escadrons se rabattirent à gauche dans la direction de Buzancy, où ils rencontrèrent les avant-postes de Mac-Mahon.

    Le général de Moltke, grâce à ses nombreux escadrons bien exercés au service d’exploration, se trouvait exactement renseigné le 27 août au soir, sur la position de l’armée française. Celle-ci marchant au nord, le grand quartier général prussien fut transféré de Bar-le-Duc à Clermont-en-Argonne.

    Cette nombreuse cavalerie qui se développait sur son flanc droit, sur son front et même sur ses derrières, ne pouvait laisser au maréchal de Mac-Mahon le moindre doute sur les intentions de l’ennemi et sur son écrasante supériorité numérique. Néanmoins, sous la pression du comte de Palikao, il fit continuer le 27 au matin le mouvement sur la Meuse par une partie de l’armée. Dans la soirée, le 1er corps, après s’être mis en marche pour Terron, était revenu à son campement de Voncq ; le 7e n’avait pas bougé de Vouziers ; les 5e et 12e corps, qui jusque-là avaient formé la gauche de l’armée, furent portés en première ligne à Germont et au Chêne.

    Le général Margueritte, posté à Stonne, éclairait les routes de Stenay et de Dun, car l’état-major, dans sa perpétuelle ignorance des mouvements des Allemands, comptait encore franchir la Meuse entre ces deux points déjà occupés par l’infanterie saxonne.

    Dans la matinée du même 27 août, le corps de Failly envoya une reconnaissance de cavalerie vers Buzancy pour y faire quelques prisonniers et en obtenir des nouvelles. Deux escadrons du 12e chasseurs rencontrèrent au delà de ce village la 24e brigade de cavalerie saxonne avec une batterie à cheval. Les têtes de colonne s’abordèrent vivement et la brigade allemande céda devant l’impétuosité de nos cavaliers.

    Mais la batterie à cheval ayant ouvert le feu, le 12e chasseurs se replia sur les 3e et 5e lanciers qui lui servaient d’appui.

    Dans la soirée, la cavalerie saxonne fut relevée à Buzancy par des escadrons de Rheinbaben et de la garde royale. Le réseau se serrait donc de plus en plus.

    L’armée de la Meuse avait continué à gagner du terrain vers le nord. Les deux divisions du XIIe corps avaient passé sur la rive droite du fleuve et fortement occupé Dun et Stenay. La 24e division avait même envoyé un détachement à Mouzon, à 16 kilomètres en aval de Stenay. La garde et le IVe corps avaient suivi les Saxons de manière à les soutenir au premier signal. Les deux corps bavarois continuaient à servir de réserve au prince de Saxe.

    L’aile gauche de la 3e armée commença également sa marche vers le nord, le 27 au point du jour, pour se concentrer près de Sainte-Menehould. Des bords de l’Ornain à cette ville, la distance est de 40 kilomètres, que l’avant-garde du Ve corps franchit dans la journée en arrière de ce corps, s’échelonnaient la division wurtembergeoise, les XIe et VIe corps.

    La 2e division de cavalerie remonta au nord d’Aulnay à Châlons ; le prince Albrecht occupa Suippes, sur le chemin de fer de Verdun ; la cavalerie de Mecklembourg inquiétait près de Vouziers le flanc droit et les derrières de Mac-Mahon.

    Le maréchal, harcelé de plusieurs côtés par la cavalerie allemande et averti qu’il ne devait plus espérer la coopération de Bazaine, avait été bien inspiré en prescrivant à son armée de se replier sur Mézières. Aussi ne saurait-on trop déplorer ni trop blâmer, en même temps, la dépêche du comte de Palikao et la faiblesse du maréchal, qui reprenait une marche désastreuse, oubliant qu’un général en chef ne doit jamais subordonner le salut de son armée à des considérations exclusivement dynastiques.

    L’intérêt de la France commandait de ne pas risquer sa dernière armée dans une entreprise qu’il jugeait lui-même plus qu’aventureuse, et l’on peut s’étonner que le loyal et chevaleresque duc de Magenta n’ait pas compris qu’il devait persister dans son projet de retraite, sans s’inquiéter de la possibilité d’une révolution considérée par tous les gens sensés comme inévitable dès le lendemain de Wœrth et qui ne pouvait être conjurée par une régente franchement impopulaire.

     

  • One Response à “Le 27 août 1870 – Le combat de Buzancy”

    • Jean Claude Denis on 31 octobre 2018

      Il est vrait que l’armée de Châlons fut bien mal menée …On s’étonne que dans cette campagne, le renseignement par le télégraphe ne soit pas utilisé par des pelotons de gendarmes … Que le chemin de fer – la ligne de Reims a malmedy – n’est pas servie au transport de troupes … Ce problème de transmission et de communication n’est dailleur pas mentionné dans les commanteres .

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