• 25 août 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    La bataille de Friedberg

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, siéges et combats de terre et de mer »
    1818

     

    En 1796, l’armée française de Rhin-et-Moselle s’avança du Rhin jusqu’au Danube. Aucun de ses avantages n’avait été décisif, quoiqu’elle eût obtenu dé grands succès. Les états héréditaires d’Autriche se crurent menacés en la voyant pénétrer dans la Bavière. Mais, craignant de se compromettre à cause de l’éloignement où elle, se trouvait des autres armées, elle ne profita pas de ses avantages.

    Les généraux allemands trouvèrent les moyens de repousser, et même de battre les troupes françaises parties de Kehl et de Dusseldorf, dans la manière isolée avec laquelle elles agirent, et aucun de ces moyens n’échappa au prince Charles.

    Quand Moreau fut porté par la victoire de Néresheint vers Dillingen et Hochstett, sur le Danube, les Autrichiens avaient empêché l’aile droite de ce général de se joindre à celle de Bonaparte.

    Tandis que Moreau se disposait à s’avancer sur la rive droite du Danube, le prince Charles observa que toutes les rivières tombant perpendiculairement dans ce fleuve, et coulant du nord au sud, une armée pouvait facilement êtré arrêtée par les positions militaires qui se trouvaient à leur confluent, et que des corps considérables y seraient contenus par un petit nombre d’hommes. Il passa donc le Lech, et traversa avec rapidité le Danube à Ingolstadt. Son but était de joindre le corps d’armée qu’il commandait, et qui était considérable, avec celui du général Vartensleben, et de faire une tentative contre l’armée de Sambre-et-Meuse.

    Ce fut par ce mouvement habile, et qu’il fut assez heureux pour dérober à la connaissance des Français, qu’il augmenta de vingt-sept bataillons et de quarante-huit escadrons les forces opposées à l’armée de Sambre-et-Meuse. L’archiduc, quoique le moins fort, avait laissé le général Latour, avec le reste de son armée, auprès de la position du Lech, qu’il avait regardée comme inattaquable. Une garnison de trois bataillons fut mise à Ingolstadt.

    Deux partis se présentaient au général Moreau : le premier était de détacher de son armée un corps considérable, et de le mettre à la poursuite du prince Charles ; le second, de passer le Lech, de se porter avec rapidité en Bavière, et de forcer par-là l’archiduc à se rendre pour secourir cette province. Ce dernier parti lui ayant paru préférable, il s’avança sur Augsbourg, passa le Danube à Dillingen, et arriva, le 22 août, devant le Lech : tous les ponts avaient été détruits par l’ennemi. Les reconnaissances et les préparatifs de passage durèrent un jour entier.

    Toutes les troupes françaises furent, le 24, rassemblées près du Lech. L’aile droite étant arrivée à un endroit guéable, près de Hansteten, l’infanterie fut obligée de porter sur sa tête ses gibernes et ses fusils, car, en traversant la rivière, elle avait de l’eau jusqu’aux aisselles. Les généraux Montrichard et Abattucci, ainsi que l’aide-de-camp Savari, donnent l’exemple aux troupes, et se jettent à l’eau les premiers.

    La rapidité du courant emporta le premier peloton. Mais les secours furent si prompts, qu’il périt très peu de soldats dans l’eau. Les deux demi-brigades d’infanterie et cinq escadrons n’eurent pas plutôt traversé le Lech avec deux pièces d’artillerie légère, qu’on s’empara de Kussing et des hauteurs de Moeringen.

    Le général Latour, qui d’abord n’avait opposé aux Français que quelques pelotons de Cavalerie, étonné de leurs progrès, se hâta de faire venir par la plaine, huit escadrons avec de l’artillerie légère, et par les hauteurs, deux bataillons d’infanterie. En attendant des renforts, les Français se contentèrent de modérer le premier effort de ces troupes, et restèrent sur la défensive. Mais leur nombre ne fut pas plutôt augmenté, qu’ils reprirent l’offensive, et que l’ennemi fut forcé de reculer.

    La cavalerie, ayant été renforcée de deux régiments, et appuyée par de l’infanterie sur la rive gauche du Lech, traversait la plaine qui sépare le Lech et la Paar, et s’avançait vers les hauteurs de la chapelle Saint-Affra, pendant que l’infanterie combattait sur les hauteurs de Kussing. La gauche de notre aile droite, réunie par ce mouvement avec les troupes du centre, devait faciliter une vigoureuse attaque, projetée contre le flanc gauche de l’ennemi, campé sur les hauteurs de Friedberg.

    Aussitôt que Saint-Cyr eut été instruit que l’aile droite avait passé le torrent, et qu’elle était sur les hauteurs de Kussing, il ordonna de commencer l’attaque par un feu soutenu d’artillerie et de mousqueterie. Les Autrichiens ayant ainsi été éloignés des bords du Lech et des deux ponts qui sont sur cette rivière, il ordonna à un corps de troupes de passer deux gués, l’un au-dessus et l’autre au-dessus de Lechausen. On perdit dans ce passage un officier d’un mérite distingué, l’adjudant-général Houel. Les ennemis ne tardèrent guère à être chassés des bois qui bordent le Lech, et du village de Lechausen, où ils abandonnèrent cinq pièces de canon. Ce village fut attaqué aussitôt que les ponts eurent été réparés.

    Tandis que notre centre se dirigeait entre les hauteurs de Friedberg et de Valertzhausen, on repoussa les Autrichiens d’Othmaring : ils voulurent alors opérer leur retraite, mais sur la route de Munich. Elle était déjà coupée par l’avant-garde de l’aile droite. Saint-Cyr, de son côté, les pressait de front. Au moment où les Autrichiens abandonnaient Friedberg et les hauteurs qui l’entourent, la première division du centre s’en emparait.

    La retraite, ou plutôt la déroute des impériaux, fut accompagnée d’un désordre affreux. Dix-sept pièces de canon, deux drapeaux et deux-mille prisonniers environ furent le fruit de cette journée. Cet avantage, quelque grand qu’il fût, ne remplissait pas le but proposé, qui était de faire revenir le prince Charles sur ses pas, et, par ce moyen, de dégager l’armée de Sambre-et-Meuse. Après cette défaite, le général Latour se porta derrière l’Iser.

     

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