• 24 août 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 23 août 1813 – Le combat de Gross-Beeren dans EPHEMERIDE MILITAIRE Le-combat-de-Gross-Beeren-150x150

     

    Le combat de Gross-Beeren

    D’après « Histoire des armées françaises de terre et de mer » – Abel Hugo

     

    Le duc de Reggio n’avait pas pu se porter sur Berlin aussi promptement que l’Empereur l’avait calculé. Trois jours lui avaient été nécessaires pour opérer son premier mouvement de Dahme sur Baruth. Après avoir manœuvré d’abord par la route de Torgau, il avait cru devoir changer de direction, et, se portant à gauche, du côté de Trebbin, avait paru vouloir arriver par la route de Wittenberg.

    Ce fut le 21 seulement qu’il déboucha dans la plaine de Trebbin.

    Pendant ces premières manœuvres, Bernadotte avait été averti de l’approche des Français. Quittant aussitôt Charlottembourg, il porta son quartier général à Potsdam, et concentra son armée dans la plaine de Berlin, entre les deux routes menacées.

    Le 22, le duc de Reggio, débouchant de Trebbin, trouva développée devant lui une ligne ennemie de plus de 100000 hommes. Une bataille était devenue inévitable s’il continuait à avancer : peut-être était-ce là le cas de manœuvrer de manière à ne rien compromettre, et de s’arrêter.

    Mais, dit un contemporain, l’habitude d’aller en avant, la vue des clochers de Berlin, en cas de succès, une victoire dont le prix était immense, en cas de revers, une retraite qui ne pouvait avoir rien de bien grave ; enfin, le désir de plaire à l’Empereur par un brillant début, désir plus grand que la crainte de contrarier ses plans par un échec, tout concourut pour entraîner l’événement, et la bataille fut livrée le 23 août.

    Le 4e corps commandé par le général Bertrand, resta aus prises toute la journée, sur la droite, avec l’armée prussienne du général Tauenzien, mais sans avantage marquant de part ni d’autre. Ce fut au centre, dans les villages de Beeren, que se portèrent les coups décisifs. Le 7e corps, commandé par le général Reynier, y combattait contre l’armée prussienne de Bulow. Le général Reynier réussit, dans la matinée, à faire plier ses adversaires, et leur enleva le village de Gross-Beeren.

    Mais, dans l’après-midi, Bulow revint à la charge. Son attaque, combinée avec le mouvement d’un corps suédois, avait été précédée par de vigoureuses décharges d’artillerie. Les divisions franco-saxonnes, déjà ébranlées par la canonnade, se voyant prises entre deux feux, et bientôt assaillies de tous côtés par les baïonnettes russes et suédoises, ne purent soutenir le choc. Cependant, ce succès de Bulow n’avait pas terminé la journée.

    Le général Guilleminot, qui était sur la gauche, du côté de Gutlergotz, en observation devant les Russes de Wintzingerode et de Woronzof, avait donné toute son attention à la canonnade qui écrasait le centre de l’armée française. A ce bruit, il n’avait pas hésité. Laissant là les Russes qui ne bougeaient pas, et mettant en pratique la maxime des tacticiens qui sont braves avant tout, à défaut d’ordres, il s’était dirigé sur le feu. Cependant il n’avait pu arriver sur le champ de bataille que le soir. Bulow était déjà maître de Gross-Beeren, et le centre, aux ordres de Reynier, se trouvait en pleine retraite sur Gottow.

    Le mouvement du général Guilleminot réussit d’abord à arrêter l’élan des Prussiens. Un nouveau combat s’engagea, et Bulow fut, à son tour, forcé de se retirer, en laissant au 12e corps le village de Gross-Beeren et le champ de bataille.

    Trois actions principales avaient ainsi eu lieu successivement à Gros-Beeren. Dans la première, le général Reynier avait été vainqueur de Bulow. Dans la seconde, Bulow, revenu sur ses pas, avail été vainqueur de Reynier, ou plutôt des Saxons, et dans la troisième, Guilleminot, accourant avec une partie du 12e corps, avait fini par rester maître du village.

    Toutefois le 7e corps avait fait des pertes tellement graves (Le 7e corps eut 8000 hommes tués ou blessés et perdit treize pieces de canon. Il laissa en outre 1500 Saxons prisonniers, qui, le lendemain même, s’enrôlèrent au service de la Prusse), que le duc de Reggio se décida à une retraite générale.

    Il l’effectua par la route de Wittenberg, disputant le terrain pied à pied. Le 28, après cinq jours de retraite, son arrière-garde n’était encore qu’à dix lieues du champ de bataille ; elle occupait Juterbogk.

    Dans le temps où se livrait le combat de Gross-Beeren, une division était sortie de Magdebourg, sous les ordres du général Girard, afin de tâcher de rejoindre le maréchal Oudinot.

    Le 27, cette colonne tomba au milieu de l’avant-garde russe à Belzig. L’infanterie française eut d’abord l’avantage ; mais, tandis qu’elle était aux prises avec les troupes du général Hirchheld, qui lui cédait le terrain, elle fut tournée et enveloppée par les Cosaques de Czernichef. Un grand désordre s’ensuivit. Le général Girard fut blessé, et sa colonne ne put rentrer à Magdebourg qu’en laissant 800 prisonniers et six canons au pouvoir de l’ennemi.

    Le combat de Gross-Beeren eut encore un autre fâcheux résultat. Un corps français, aux ordres du prince d’Eckmülh, qui était chargé de la défense d’Hambourg et de l’Elbe inférieur, était arrivé, le 23, à Schwerin, poussant devant lui le général Valmodeh, et avait détaché la division Loison sur Wismar et Rostock. Mais, à la nouvelle de l’affaire de Gross-Beeren, ce corps suspendit son mouvement.

     

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