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  • 20 août 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 20 août 1648 - La bataille de Lens dans EPHEMERIDE MILITAIRE la-bataille-de-Lens-150x150

    La bataille de Lens

    D’après « Le temple de la gloire, ou Les fastes militaires de la France »
    Général Auguste Jubé, baron de La Perelle

     

    L’Archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg voyait enfin cette armée française dont il avait prétendu ne pouvoir apprendre des nouvelles qu’en faisant fulminer des monitoires. Au lever de l’aurore, les troupes du prince de Condé se retirant sur six colonnes, avaient pour arrière-garde la droite de la première ligne que commandait M. de Châtillon, et dont la marche était protégée par dix escadrons aux ordres de M. de Noirmoustier.

    Le général Beck qui, de simple soldat, était parvenu aux plus hauts grades militaires, s’apercevant que ces escadrons restaient trop éloignés de l’infanterie, se précipite sur eux, avec la cavalerie lorraine, et en fait un grand carnage. Mais pendant que ses émissaires vont presser la marche de l’archiduc, en lui promettant une victoire glorieuse, Condé est accouru. Abandonné d’abord par son propre régiment, il échappe avec peine aux ennemis. Mais il reparaît à la tête de quatre escadrons, et force Beck à rallier sa cavalerie sur une hauteur, pour attendre toute l’armée espagnole.

    Le prince, alors, juge qu’il faut livrer la bataille. Il renvoie sa première ligne se reformer derrière la seconde, et parcourant les rangs avec assurance : « Amis, s’écrie-t-il, souvenez-vous de Rocroy, de Fribourg et de Norlingue ».

    Ces glorieux souvenirs augmentent le courage de ceux qui n’ont point encore combattu, et raniment celui des cavaliers que Beck a vaincus. Léopold, étonné, reconnaît que Condé a su réparer, en peu de temps, un grand désordre, et il ne peut plus refuser d’en venir aux mains.

    Les Français s’avancent lentement. Leur général, imitant le maréchal de Turenne, avait, dès la veille, recommandé à tous les corps de bien regarder, en marchant, leur droite et leur gauche, afin de bien conserver leurs distances et leur alignement, de ne marcher qu’au pas, et enfin de ne jamais tirer les premiers.

    Condé, à la tête de l’aile droite, s’approche de la gauche des Espagnols que commandait le duc de Lorraine, Charles III, toujours privé de ses États, toujours occupé de guerre et de galanteries, et donnant toujours à loyer ses soldats et sa personne pour subsister.

    La première ligne ennemie fut bientôt renversée. Mais, pendant que la seconde cède aussi aux efforts des Français, cette première ligne, s’étant ralliée revient au combat avec une nouvelle vigueur et le prince ne peut en triompher qu’après avoir chargé, dix fois, avec ces braves Suédois que Gassion avait amenés en France et qui formaient un régiment de douze compagnies. Enfin les Lorrains épuisés prennent la fuite et ils entraînent avec toute l’aile gauche et le corps de réserve dont le vainqueur fait un grand carnage.

    Le maréchal de Grammont avait éprouvé moins de difficulté à mettre en déroute l’une et l’autre ligne de la droite des ennemis que l’archiduc dirigeait en personne, et qui avait déployé une grande bravoure pour venger un régiment espagnol et deux régiments allemands que le régiment des Gardes-Françaises venait de détruire. En effet, prenant en flanc ce régiment, avec plusieurs escadrons, il l’aurait taillé en pièces, si Coligny ne fût accouru le délivrer, à la tête des six escadrons de gendarmes, et de la garde même du prince de Condé.

    L’infanterie alors, s’était ébranlée. Elle s’était jetée sur les bataillons épouvantés du désordre de la cavalerie, et ces fantassins n’avaient opposé presque aucune résistance.

    Les efforts héroïques du général Beck n’avaient abouti qu’à le faire succomber, avec gloire, sur le champ de bataille. Percé de coups, et conduit à Arras avec huit cents officiers et cinq mille autres prisonniers, il y mourut bientôt de désespoir.

    L’archiduc se laissa entraîner, avec le comte de Fuensaldague, dans la déroute générale, et s’enfuit jusque dans la citadelle de Douai, abandonnant toute son artillerie, tous ses bagages, cent vingt drapeaux et étendards, et ne pouvant rallier que six mille hommes des dix-huit mille qu’il avait avant que de combattre. Les Français n’avaient perdu que cinq cents hommes.

    Cette victoire, si complète, fut décidée en une heure de temps, et le prince fut tellement maître de la campagne, qu’ayant repassé la Lys à Etaire, sans s’inquiéter de l’archiduc qu’il laissait entre la France et lui, il put aller prendre Fumes, à vingt lieues au-delà. Cette place était importante pour assurer la communication entre Ypres et Dunkerque.

     

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