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  • 17 août 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 17 août 1812 – La bataille de Smolensk dans EPHEMERIDE MILITAIRE Bataille-de-Smolensk-150x150

     

    La bataille de Smolensk

    D’après « histoire des armées françaises de terre et de mer » – Abel Hugo – 1838

     

    Le 16, le maréchal Ney parut devant Smolensk. Les approches en étaient défendues par le général Bagration, avec son armée. Une fusillade s’engagea entre les Russes et les Français et ne cessa qu’à la nuit.

    Le soir, la Ie armée russe, commandée par Barclay en personne, couronna les hauteurs de la rive droite vis-à-vis de Smolensk. Pendant cet engagement d’avant-garde, l’Empereur, espérant toujours en venir à une bataille sous les murs de Smolensk, hâtait la marche de ses troupes pour compléter l’investissement de la ville.

    Les corps de Murat, de Davoust et la garde se portèrent sur la droite du corps de Ney ; le corps de Poniatowski s’y rendit aussi de son côté.

    La marche des troupes continua toute la nuit, et l’investissement fut achevé le 17 au matin. Ney appuyait sa gauche au Dniéper, et s’étendait jusqu’à peu de distance de la route de Krasnoï. Davoust, placé à sa droite, était à cheval sur les roules de Krasnoï, de Mstislaw et de Jelnia. Poniatowski s’étendait encore plus à droite, et Murat achevait l’investissement en s’appuyant avec sa cavalerie au corps polonais et au Dniéper.

    Dans tout le contour occupé par l’infanterie, les Russes avaient été resserrés jusqu’à cinq ou six cents toises de la place. Mais le long du Dniéper, devant Murat, ils s’étendaient encore à mille toises environ.

    La garde impériale était en réserve derrière le 1er corps, un peu en avant d’Iwanowokaia, où se trouvait le quartier général de l’Empereur. Le corps du vice-roi était en observation sur la route de Krasnoï, entre Koritnia et Lubna. Celui de Junot, ayant été retardé par les Cosaques qui détruisirent les ponts, ne put arriver devant Smolensk qu’à cinq heures du soir.

    La ville de Smolensk est ceinte d’une muraille haute d’environ trente pieds, épaisse de dix-huit à sa base, d’un développement d’à peu près trois milles toises, et seulement percée de deux portes, l’une qui donne entrée aux routes de Krasnoï, de Mstislaw et Jelnia, l’autre qui conduit au Dniéper.

    Vingt-neuf tours de différentes dimensions, les unes carrées, les autres rondes, tenant à la muraille et s’élevant à la même hauteur, sont placées irrégulièrement sur son contour. La partie supérieure de la muraille est découpée de manière à former de larges créneaux. Devant cette muraille règne un vieux fossé avec chemins couverts et glacis, alors en fort mauvais état. Ce fossé n’existait pas dans la partie de la ville qui borde le Dniéper. On avait percé dans la muraille de petites portes pour livrer passage aux troupes chargées de la défense des chemins couverts.

    La porte de Krasnoï était couverte par une demi-lune en terre, et flanquée par un vieux bastion également en terre, situé à gauche, à portée de canon. A droite, environ à quatre cents toises, se trouvait la citadelle qui interrompait la continuité de la muraille. C’était un polygone régulier, formé de cinq bastions construits en terre. Elle n’avait pas été palissadée et pouvait être enlevée de vive force, ce qui eût entraîné la prise de Smolensk. Les tours étant creuses, ne pouvaient recevoir d’artillerie. La place ne possédait d’ailleurs qu’une cinquantaine de bouches à feu de fonte, en mauvais état et sans affûts. On avait placé de l’artillerie de campagne sur la demi-lune qui couvre la porte de Krasnoï, sur le vieux bastion qui est à gauche, et sur les bastions de la citadelle qui regardent la campagne.

    Sur la rive droite du Dniéper est un faubourg vaste, peuplé, commerçant, appelé la basse ville. La communication était établie par un pont de bois. On trouvait au-delà, avant d’arriver à la basse ville, les débris d’un ouvrage en terre, qui avait jadis servi de tête de pont.

    Pour augmenter la facilité des communications, le général Barclay avait fait construire, pendant la nuit, deux ponts de bateaux vis-à-vis de Smolensk. Il avait aussi rappelé l’armée de Bagration pour l’envoyer prendre position à deux lieues de la ville, sur la route de Moscou. Cette armée avait été remplacée par 30000 hommes de la Ie armée de l’Ouest qui furent répartis dans les faubourgs, les ouvrages extérieurs, dans les chemins couverts et derrière les créneaux du sommet de la muraille. Le reste de l’armée conserva la position sur les hauteurs de la rive droite.

    Vers deux heures de l’après-midi, Napoléon ordonna d’attaquer sur toute la ligne. Le roi Murat rejeta bientôt la cavalerie ennemie dans la place, et le prince Poniatowski, marchant par sa droite, vint s’appuyer au Dniéper.

    Sur ce point, était un plateau élevé très rapproché du fleuve. On y établit une batterie de 60 bouches à feu, avec laquelle on tira sur les masses de troupes qui se montraient sur la rive opposée, et sur le grand pont, pour tenter de le détruire ou d’en gêner le passage. Les troupes russes se mirent hors de portée. On cessa alors de tirer sur le pont pour riposter à une batterie que Barclay venait de faire placer sur la rive droite, et dont le feu incommodait les Français. Le corps de Poniatowski contraignit bientôt les Russes à se borner à la défense des chemins couverts et des murailles.

    Sur la gauche, devant la citadelle, le combat, quoique opiniâtre, n’amenait aucun résultat. Les Russes se maintenaient dans leurs positions.

    Le 1er corps, placé devant les faubourgs qui se trouvent de chaque côté de la porte de Krasnoï, était chargé de les enlever. Malgré la vigoureuse défense de l’ennemi, Davoust s’en empara après trois heures de combat. Ses troupes franchirent, sur plusieurs points, les glacis, les chemins couverts et les fossés. Mais leur impétuosité venait échouer contre les murs de Smolensk. Elles étaient toujours forcées de reculer, et les chemins couverts étaient, de nouveau, occupés par les Russes.

    Ne voyant pas la possibilité d’enlever la place de vive force, l’Empereur ordonna de s’approcher des murailles avec une batterie de 36 bouches à feu de douze, et de les battre en brèche.

    La réussite de cette attaque était évidemment impossible. Le feu de mousqueterie qui partait de la place, empêchait qu’on s’en approchât assez. Les pièces étaient d’ailleurs d’un calibre trop faible. Enfin la hauteur seule des murailles annonçait une épaisseur à laquelle on ne pouvait faire brèche de cette façon. Cependant l’ordre de l’Empereur fut exécuté sur-le-champ.

    Après quelques salves qui prouvèrent l’inutilité de cette tentative, on fit cesser le feu. On avait établi, en même temps, sur le prolongement des chemins couverts, une batterie qui fit beaucoup de mal à l’ennemi, et on lança dans Smolensk, qu’il eût été important de conserver, des obus qui y mirent le feu. Ce combat, fort sanglant, ne cessa qu’à la fin du jour.

    La ville était en feu. Au milieu d’une belle nuit d’août, c’était un triste et magnifique spectacle.

    Barclay, voyant la place serrée de si près, et craignant que les Français ne tentassent un effort vigoureux sur la citadelle, qui était le point le plus faible, fit évacuer Smolensk à une heure après minuit, et repassa la rivière.

    A deux heures, les grenadiers qui montèrent à l’assaut ne trouvèrent plus de résistance ; la place était sans défenseurs.

     

    La bataille de Smolensk coûta aux Russes 4700 hommes restés sur le champ de bataille, 2000 prisonniers, blessés pour la plupart, et 7 à 8000 blessés. Parmi les morts se trouvaient 5 généraux.

    Les Français n’eurent que 700 hommes tués et 3200 blessés.

     

    Le maréchal Ney fut chargé de faire construire, entre la ville et 1e faubourg qui est sur la rive droite, deux ponts un peu au-dessous des débris du pont sur pilotis, que les Russes avaient brûlé en se retirant. Le fleuve avait été rendu guéable en plusieurs endroits par l’extrême sécheresse. Le maréchal le fit passer, le 18 août, par une de ses brigades de cavalerie légère, mais cette brigade fut repoussée et forcée de revenir en toute hâte.

    La division Morand, du 1er corps, fut chargée d’occuper la partie du quai qui s’étendait sur la droite du pont brûlé. Barclay avait fait occuper la basse ville par de l’infanterie, et placer des batteries sur les hauteurs de la rive droite, de telle sorte qu’un feu très vif d’artillerie et de mousqueterie s’engagea d’une rive à l’autre. Enfin, la division Morand parvint à s’établir, vers cinq heures du soir, dans le débris de tête de pont.

    Le général en chef russe ne tenta rien de sérieux pour reprendre cette position. Mais, à six heures du soir, craignant que les Français, qui s’étaient déjà établis dans quelques-unes des maisons les plus voisines du fleuve, ne s’emparassent de la basse, ville, il y fit mettre le feu, et commença une heure après sa retraite sur Moscou.

    Il donna le commandement de l’arrière-garde au général Korf, auquel il laissa 6000 hommes d’infanterie, indépendamment de son corps de cavalerie. Bagration, qui marchait à l’avant-garde, arriva, ce même jour, à Slobpnewa, petit village où la route de Moscou traverse le Dniéper.

     

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