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    Le 31 juillet 1812 – Le combat de Jakubowo dans EPHEMERIDE MILITAIRE Cuirassier-français-150x150

    Le combat de Jakubowo

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – 1820

     

    Le duc de Reggio, après avoir fait raser le camp fortifié des Russes à Drissa, s’était retiré sur Polotsk, à la tête du deuxième corps. Le 28, il se mit en mouvement, dans cette ville, pour se porter à Sebej par Kliastitzi, où il arriva le 30. La veille, le général Wittgenstein ayant eu connaissance de cette marche, avait craint que les troupes du dixième corps, qui occupaient Iakobstadt et Kreutzburg, ne combinassent leur mouvement avec celui du deuxième corps. En conséquence, renforcé par la brigade Repnin et par la division du prince Jachwil, il se décida à attaquer d’abord le deuxième corps, dont la proximité l’inquiétait davantage.

    Le 30, éclairé par le général Koulniew, il marcha sur Kliastitzi, qu’occupaient les troupes du général Legrand. Les troupes légères envoyées à Jakubowo par le duc de Reggio, rencontrèrent d’abord celles du général Koulniew ; ce dernier s’efforça vainement de s’emparer du défilé de Jakubowo et du bois qui est à gauche et entoure le village de Uzmeny. Malgré l’immense supériorité de leur artillerie, dont la configuration du terrain favorisait le déploiement, les Russes ne purent entamer le général Legrand, et le combat se soutint sans désavantage jusqu’a dix heures du soir.

    Le 31, l’ennemi renouvela son attaque à la pointe du jour. Une effroyable canonnade fut dirigée sur le château de Jakubowo, dont les grenadiers russes cherchaient à s’emparer. Le 26e léger s’ébranla presque aussitôt et poursuivit les assaillants jusque près d’un bois, leur tua trois cents hommes et ramena cinq cents prisonniers.

    Mais Wittgenstein voulant, à quelque prix que ce fût, s’ouvrir la route de Kliastitzi pour couvrir Sebej, renforça sa ligne d’attaque et la porta en avant au moment où leduc de Reggio venait de couvrir son centre par une batterie établie près du château de Jakubowo. Le choc fut terrible, et la première ligne des Russes plia un moment ; mais ayant jugé que la supériorité numérique de l’ennemi ne tarderait pas à mettre l’avantage de son côté, et qu’en cas de revers les Français auraient à combattre avec un défilé à dos, le duc de Reggio se décida à repasser la Niszcza et à se retirer derrière la Drissa, pour y prendre position.

    Profitant donc du désordre que la violence du dernier choc avait jeté dans la première ligne ennemie, il fit repasser le défilé à ses troupes. A huit heures du soir, les Français étaient à la rive gauche de la Niszcza, entre Kliastitzi et cette rivière. Des batteries et des tirailleurs furent établis sur-le-champ le long de la Niszcza, pour donner le temps à l’armée de former ses colonnes de marche sur la route de Polotsk.

    Wittgenstein suivit le mouvement de retraite des Français, et vers les onze heures du soir il força le gué de Dernokiczi. Pendant la nuit du 31 juillet au 1er août, ses troupes passèrent la Drissa dans toutes les directions, sans rencontrer aucune résistance. Son intention était de livrer bataille le lendemain ; et le duc de Reggio, dont toutes les dispositions étaient prises en conséquence, avait ordonné qu’on ne négligeât rien pour augmenter la confiance de l’ennemi.

    L’avant-garde russe, impatiente de marcher à une victoire qu’elle croyait certaine, arriva au point du jour devant la position de Oboiarszina, occupée par le duc de Reggio. De nombreux tirailleurs et des masses énormes d’infanterie ennemie s’avancèrent en poussant des cris affreux ; ils furent accueillis par le feu d’une batterie masquée, de quarante pièces, qui tira sur eux à portée de mitraille. Ecrasé par l’artillerie française, l’ennemi se vit forcé de déployer ses colonnes.

    Dans ce moment, le duc de Reggio, qui avait disposé les siennes de manière à ce que ses divisions pussent se soutenir mutuellement, ordonna la charge. Les Russes opposèrent une très forte résistance. Mais chargés au pas de course et la baïonnette en avant, par les divisions Legrand et Verdier, ils furent enfoncés et rejetés au-delà de la Drissa, laissant le champ de bataille couvert de leurs morts ; le général Koulniew était du nombre. Quatorze pièces de canon, treize caissons et plus de deux mille prisonniers restèrent au pouvoir des Français.

    Pendant plus de quatre heures, le général Verdier suivit le gros de l’armée ennemie qui, sous les ordres du général en chef Wittgenstein, effectua sa retraite en bon ordre. Le général français, craignant à son tour d’être coupé en avant de Siwoszina par trois régiments ennemis qui avaient traversé la Niszcza à gué, repassa la Drissa dont il brûla le pont, et rejoignit le duc de Reggio.

    Les trois journées des 30 et 31 juillet, et du 1er août, coûtèrent à l’ennemi trois mille prisonniers et quatre mille hommes hors de combat. Les Français n’en perdirent que deux mille. Néanmoins les Russes, qui avaient chanté un premier Te Deum en action de grâce de l’affaire de Mohilow, ne se firent aucun scrupule d’en chanter un second pour leur défaite à Oboiarszina que Wittgenstein leur présenta d’ailleurs comme une victoire décisive.

     

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