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     Le 29 juillet 1693 – La bataille de Neerwinden dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-Neerwinden-150x150

    La bataille de Neerwinden

    D’après « Batailles françaises » – Colonel Hardy de Périni – 1894

     

    Les alliés avaient pris position sur la rive droite de la Gèthe, entre Tirlemont, Wange et Neerwinden. Luxembourg était campé, dans la soirée du 28, tout près d’eux à Landen et à Sainte-Gertrude.

    Guillaume avait habilement fortifié les abords de sa position défensive, pour en rendre l’accès impossible à la cavalerie française. Sur la rive droite de la Gèthe, entre Wange et Tirlemont, le plateau de Sainte-Croix dominait Landen, où campaient les Français. Les alliés en bordèrent la crête par des retranchements, armés de 90 canons, s’appuyant à quatre villages fortifiés : àdroite Laër et Neerwinden ; à gauche Rumsdorp et Neerlanden.

    Le 29, à la pointe du jour, Luxembourg fait la reconnaissance de l’ennemi. Il prend rapidement ses dispositions et expose son plan d’attaque aux princes et aux généraux qui l’entourent, en expliquant à chacun sa mission.

    A droite, le prince de Conti, avec 25 bataillons occupera Rumsdorp, pour faire face à la gauche de l’infanterie ennemie et appuyer l’attaque des retranchements ; 16 escadrons mettront pied à terre pour s’emparer de Neerlanden.

    A l’aile gauche, le maréchal de Joyeuse disposera de 29 bataillons, formés en tenaille sur une seule ligne, entre Overwinden et l’abbaye d’Elixem, pour envelopper Laër et Neerwinden. Il aura 3 régiments d’infanterie en deuxième ligne. Les dragons Colonel-général seront à l’extrême gauche. Derrière l’infanterie, 3 brigades de cavalerie légère, sous le lieutenant général de Ximenes, et les 16 escadrons de réserve du maréchal de camp de Bezons attaqueront l’aile droite des alliés aussitôt que cette cavalerie aura franchi les haies de Laër pour aborder le plateau de Sainte-Croix.

    Au centre, le reste de l’armée, sur huit lignes, sera commandé par le maréchal de Villeroi, assisté des lieutenants généraux de Roson et de Feuquières. La première et la troisième ligne, encadrées par la Maison du Roi et la brigade Phélippeaux, les cinquième, sixième, septième et huitième lignes se composeront de cavalerie. La deuxième ligne (Gardes-françaises et suisses en 11 bataillons) et la quatrième (21 bataillons) donneront l’assaut aux retranchements du centre quand les colonnes de droite et de gauche se seront emparées de villages latéraux.

    A huit heures, 72 canons, établis devant la première ligne française, bombardent Laër et Neerwinden pour en préparer l’attaque. Ces villages sont défendus par l’infanterie de Hanovre et de Brandebourg, et par 3 bataillons anglais. Le reste de l’infanterie alliée garnit les retranchements depuis Neerwinden jusqu’au ruisseau de Landen, qui traverse les villages de Rumsdorp et de Neerlanden.

    L’infanterie de Guillaume, armée de fusils, a l’avantage de la rapidité et de la justesse du tir sur celle de Luxembourg, qui a encore le mousquet. La cavalerie des alliés est répartie entre les deux ailes ; à droite, elle s’appuie à la Gèthe, entre Wange et Neerhespen ; à gauche, en potence, elle fait face au ruisseau de Landen et s’appuie à Needermael.

    A neuf heures, les colonnes d’attaque s’élancent à l’assaut des quatre villages. Laër, Rumsdorp et Neerlanden sont enlevés sans coup férir, mais Neerrwinden, où les barricades et les épaulements ont été accumulés, oppose une vigoureuse résistance. Joyeuse est obligé d’engager ses trois régiments de deuxième ligne pour se maintenir aux abords du village. Guillaume dégarnit son contre, renforce sa droite et, par un vigoureux retour offensif, il prend Laër et Neerwinden.

    A dix heures, Luxembourg rallie les colonnes repoussées, les fait soutenir par 12 bataillons et ordonne au duc de Bourbon, qu’il met à leur tête, de reprendre Laër et Neerwinden, défendus par 32 bataillons. Laër et Neerwinden sont repris ; mais Villeroi s’obstine à ne pas s’engager avant d’en avoir reçu l’ordre de Luxembourg.

    Le maréchal est à Neerwinden, où il voit son infanterie reculer de barricade en barricade, de haie on haie, devant les bataillons de renfort envoyés par Guillaume. A midi, le duc de Bourbon n’a plus, dans les vergers de Neerwinden, que quelques faibles arrière-gardes, séparées par des murs de clôture. C’est le deuxième échec de l’aile gauche.

    A l’aile droite, Conti n’a pas mieux réussi.

    Le roi d’Angleterre se croit vainqueur. Il active le feu de ses 90 canons, qui, depuis six heures, déciment les troupes de Villeroi. Mais les rangs ouverts par les boulets se referment. On n’entend que ce commandement des officiers : « Serrez, messieurs ! ».  Et l’on serre.

    « Oh, l’insolente nation ! » s’écrie Guillaume.

    Luxembourg ne songe pas à abandonner la partie. Il n’est que midi. Il a le temps d’engager une nouvelle bataille et de la gagner.Ses meilleures troupes n’ont pas encore donné, et le marquis d’Harcourt, laissé à Vignamont avec 24 escadrons, vient d’arriver à Racourt, après avoir fait cinq lieues à franc étrier.

    Le Petit Bossu réunit les généraux sur le front de la Maison du Roi, et leur dit : « Neerwinden est le centre de la position ennemie ; il faut à tout prix le reprendre, je m’en charge. Joyeuse, avec la cavalerie de l’aile gauche, débouchera sur le plateau de Sainte-Croix ; Villeroi s’étabira dans Rumsdorf. Les retranchements du centre sont dégarnis. Les Gardes-françaises et suisses vont y ouvrir des passages pour la cavalerie de l’aile droite, qui sabrera les cavaliers sur leurs pièces, fera irruption dans la plaine, culbutera la cavalerie ennemie et prendra à revers l’infanterie qui défend Rumsdorf. L’armée alliée, coupée en deux, sera jetée dans la Gèthe, devant laquelle elle s’est imprudemment placée ».

    Ce fut fait en deux heures. Conti, avec 13 bataillons, s’empara de Laër et s’y établit solidement, ouvrant la voie à la cavalerie de Joyeuse. Les Gardes-suisses enlevèrent le secteur nord de Neerwinden et ouvrirent dans le retranchement qui se soudait au village des passages pour la Maison du Roi. Les Gendarmes chargèrent aussitôt la cavalerie hanovrienne.

    Mais Guillaume détacha de son centre 5 bataillons hollandais, qui ouvrirent sur les Gendarmes un feu terrible et les obligèrent à se replier vers les chevau-légers, qui les soutenaient. Luxembourg lança, à son tour, baïonnette au mousquet, 4 bataillons de Gardes-francaises dans le flanc des Hollandais, pendant que les Suisses les attaquaient de front, piques basses.

    Après une bette résistance, les Hollandais furent rompus et mis en fuite.

    A trois heures, Laër et Neerwindren étaient définitivement conquis, et Feuquières franchissait les retranchements, du côté de Rumsdorp, avec la cavalerie de l’aile droite. Il n’eut que quelques chariots à déplacer pour aborder le plateau de Sainte-Croix et opérer sa jonction avec la Maison du Roi. Celle-ci se reliait déjà à la cavaterie de Joyeuse, renforcée par les 20 escadrons d’Harcourt. Il y eut alors une mêlée de cavalerie, où les généraux et les princes combattirent, des deux côtés, comme de simples cavaliers. La victoire resta aux Français.

    Guillaume et l’Electeur ne durent leur salut qu’à la vigueur de leurs montures. En revanche, les 9 bataillons hollandais restés dans les retranchements et ceux qui défendaient Rumsdorf, firent, vers Dormael et Tirlemont, une fière retraite qui fut à peine inquiétée.

    Ces douze heures de combat, sous le soleil de juillet, après la longue marche de la veille, avaient harassé l’infanterie française ; les chevaux de la cavalerie étaient fourbus. On se contenta de retourner contre les vaincus les 76 canons qu’on leur avait pris.

    Les alliés laissaient sur le champ de bataille 18 000 morts ou blessés, 1 500 prisonniers et 104 canons. Le Tapissier de Notre-Dame envoya au Roi 22 drapeaux et 60 étendards, mais sa victoire lui coûtait 10 000 braves.

    Comme au cours de faction, il avait vu l’un d’eux, un Garde-française, quitter son bataillon : « Où vas-tu ? » lui demanda-t-il sévèrement.

    « Je vais, Monseigneur, répondit le soldat, en découvrant sa poitrine trouée par une balle, mourir à quatre pas d’ici, ravi d’avoir exposé ma vie pour la patrie et la perdre sous un général aussi vaillant que vous ! ».

    Il n’y avait plus qu’à marcher sur Bruxelles, qui n’aurait pas fait longue résistance ; mais le pays était ruiné, l’armée fatiguée, les attelages manquaient. Luxembourg, après quelques manœuvres habiles, qui donnèrent le change à Guillaume en lui faisant croire qu’Ath était menacé, se contenta de faire prendre Charleroi le 11 octobre, après vingt-six jours de tranchée ouverte par Villeroi et Vauban, pendant qu’il en couvrait le siège avec son armée. Ce fut la fin de la campagne de Belgique.

     

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