•   Le 26 juillet 1758 - La capitulation de Louisbourg dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-capitulation-de-Louisbourg-150x150

    La capitulation de Louisbourg

    D’après « Les Français au Canada et en Acadie » – Remy de Gourmont – 1888

     

    L’ennemi se proposait d’envahir le Canada par trois points à la fois, « de le dévorer en trois bouchées », selon le mot de lord Chesterfield : « Il est très certain », écrivait-il à son fils, le 8 février 1758, « que nous sommes assez forts en Amérique pour manger les Français tout vifs au Canada, si nous savons faire usage de nos forces avec habileté et vigueur ».

    Louisbourg devait être attaqué par 16 000 hommes ; le fort Carillon, par 20 000 ; le fort du Quesne par 9 000.

    Les opérations commencèrent par le siège de Louisbourg. Défendue par 2 900 soldats, 1 200 indigènes, 2 500 miliciens, bien approvisionnée par les soins de M. de Beaussier, la place aurait pu tenir si la flotte française n’avait pas été si inférieure aux forces que pouvait mettre en ligne l’amiral Boscawen. Son escadre, forte de 24 vaisseaux, 18 frégates, 150 transports, débarqua 15 000 soldats et plus de 100 bouches à feu. D’autre part, les fortifications de la ville étaient en mauvais état et fort incomplètes.

    « Rien dans ce pays, dit un rapport officiel, ne tient contre les rigueurs des saisons. La terre de Louisbourg, quand elle est sèche, n’a pas plus de consistance que de la cendre ; l’air de la mer, joint aux pluies et aux neiges, détruit toute maçonnerie si elle n’est pas revêtue de madriers. Il y avait autant à craindre du détonnement de notre canon que de celui de l’ennemi, et cette raison a souvent empêché de tirer ».

    Le siège, néanmoins, dura plus de deux mois.

    « M. de Drucour, le gouverneur, dit Dussieux, y déploya la plus grande bravoure. Mme de Drucour montra également beaucoup de courage : chaque jour, elle allait aux batteries les plus exposées et mettait le feu à trois pièces de canon. Les troupes se battirent vigoureusement ; mais le 26 juillet, les remparts étaient démolis et l’artillerie hors de service. Des 54 pièces opposées à l’ennemi, 42 étaient démontées et brisées. 800 soldats étaient tués ou blessés, 1 200 autres étaient malades. Le général Amherst se préparait à donner l’assaut, et Boscawen, pour appuyer l’attaque faite par terre, devait forcer l’entrée du port, défendu jusqu’alors par nos vaisseaux, que les Anglais venaient d’incendier. M. de Drucour, voulant sauver les habitants et la ville, offrit de capituler ; on lui répondit qu’il n’avait qu’à se rendre à discrétion. Il refusa et se résolut à tout plutôt que de se soumettre à d’aussi humiliantes conditions. Cependant, les habitants le suppliant de capituler et d’éviter ainsi la ruine complète de la ville et le sacrifice inutile des soldats qui lui restaient, il se soumit. M. de Drucour et la garnison furent prisonniers de guerre, et les habitants furent transportés en France ».

    On se montra fort sévère en France sur cette capitulation que l’on qualifia de honteuse. M. de Drucour, attaqué, se justifia et écrivit à un de ses amis une longue lettre où il fait remarquer avec raison que, sans l’appui d’une solide escadre, la place était à la merci d’un ennemi bien armé et persévérant.

    Quoi qu’il en soit, la prise de Louisbourg laissa le Canada sans défense, du côté de la mer et ouvrit le Saint-Laurent, c’est-à-dire le chemin de Québec, aux Anglais. Ils prirent et détruisirent Gaspé, à l’entrée du fleuve et remirent à l’année suivante l’attaque sur Québec. Toutefois, ils restaient maîtres des entrées du Canada et interceptaient toutes communications avec la France.

     

     

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