•  Le 17 juillet 1453 – La bataille de Castillon dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-Castillon-150x150

     

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – 1822

     

    Talbot, l’intrépide guerrier, que ses concitoyens appelaient leur Achille, débarqué près de Lesparre avec un faible corps de sept cents hommes d’armes, s’empara d’abord du Médoc, qu’il trouva dégarni de gens de guerre, et fut reçu dans Bordeaux par cette noblesse séditieuse et mécontente, que le cabinet de Londres avait mise dans ses intérêts. Un renfort de quatre mille hommes, arrivé sur une flotte chargée de vivres et de munitions, et les nouveaux partisans que la reprise de Bordeaux donna aux Anglais, procurèrent à Talbot les moyens de poursuivre ses succès. Il se rendit maître de Castillon, sur la Dordogne, et mit le siège devant Fronsac.

    La nouvelle de ces évènements étant parvenue au roi, qui se trouvait alors à Tours, il se hâta d’envoyer les maréchaux de Laval et de Culant avec quelques troupes pour soutenir le comte de Clermont, mais Fronsac était pris lorsque ce secours arriva. Le roi, ayant suivi de près les maréchaux, à la tête d’un second corps d’armée, voulut d’abord reprendre Castillon, et Jean Bureau développa devant cette place toutes les ressources de la nombreuse artillerie qu’il commandait.

    Talbot accourut au secours des assiégés. Il espérait surprendre l’armée royale ; et, en effet, il avait déjà mis en fuite un corps de six cents archers, placés en garde avancée, lorsqu’il fut contraint de s’arrêter à la vue du camp retranché que les Français avaient formé pour défendre les approches de leur attaque. Toutes ses troupes étant réunies, Talbot résolut de surmonter sur-le-champ cet obstacle, et ordonna l’assaut des retranchements.

    Les Anglais bravèrent pendant deux heures tout le feu de l’artillerie du camp ; le terrain était jonché de leurs morts. Leur vieux chef combattait avec toute l’ardeur d’un jeune soldat. Il avait ramené deux fois à la charge ses troupes forcées de reculer, et les Français, épuisés d’une action si opiniâtre, ne résistaient plus avec la même ardeur, quand des compagnies d’ordonnance bretonnes, logées en dehors du camp, s’élancèrent de leur quartier sur l’arrière-garde ennemie, la culbutèrent, et forcèrent ainsi ceux qui attaquaient les retranchements du camp à faire volte face pour repousser cette diversion imprévue.

    Les Français sortirent alors de ces mêmes retranchements, et chargèrent à dos les assaillants. Pressés ainsi de tous côtés, les Anglais, toujours animés par Talbot, se défendirent avec intrépidité. Mais enfin la haquenée que montait cet illustre vieillard ayant été atteinte par un boulet, l’entraîna dans sa chute : blessé, épuisé par la fatigue et la perte de son sang, l’Achille anglais ne put se relever. Couvert de nouvelles blessures, foulé aux pieds, il était près d’expirer ; son fils accourut pour le dégager.

    Talbot, à la vue de son libérateur, parut se ranimer. C’était un dernier effort du courage et de la nature : « Mon fils, dit-il, ne pense point à la vengeance, elle est impossible à cette heure ; retire-toi, conserve tes jours pour une occasion plus propice ; je meurs en combattant pour mon pays ; toi, vis pour le servir ».

    Le jeune Talbot, navré de douleur, fut incapable de suivre ce conseil paternel ; il ne pensa qu’à venger la mort du héros, en se précipitant de nouveau sur les rangs français. Assailli de toutes parts, il tomba bientôt percé de coups, non loin du cadavre de son glorieux père. Ces deux pertes décidèrent la victoire. Les Anglais abandonnèrent le champ de bataille, couvert de trois mille d’entre eux tués dans l’action ; il en périt un plus grand nombre dans la déroute. Les seigneurs gascons de leur parti réussirent à gagner Bordeaux avec un certain nombre de fuyards.

    La reprise de Castillon fut le fruit de cette journée décisive. La garnison anglaise, au nombre de quinze cents hommes, resta prisonnière de guerre.

    La chute de cette place entraîna celle des forteresses du Médoc, des Landes et du Bordelais, à l’exception de Cadillac et de Fronsac. Le roi entreprit lui-même le siège de ces deux dernières, et les fit rentrer sous son obéissance.

    La famine accéléra la reddition de Bordeaux, gardé par huit mille hommes, moitié Anglais, moitié Gascons. Cette ville rebelle fut obligée de bâtir à ses frais deux forteresses, le Château-Trompette et celui du Ha, destinées à brider les efforts séditieux qu’elle pourrait tenter a l’avenir. Enfin la Guyenne, privée de ses privilèges, rentra sous les lois de Charles VII, dont l’armée victorieuse acheva de chasser les débris des forces de l’Angleterre, à qui, de toutes ses conquêtes, il ne restait plus que Calais, poste important à la vérité, mais qui leur rappela longtemps le souvenir fâcheux de l’immense territoire dont ils avaient été possesseurs.

     

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