•  Le bois Le Prêtre dans GUERRE 1914 - 1918 Carte-du-bois-Le-Prêtre-150x150La-croix-des-Carmes-150x150 dans GUERRE 1914 - 1918La-maison-du-Père-Hilarion-150x150

     

     

    D’après « Le guide illustré Michelin des champs de bataille –
    Le saillant de Saint-Mihiel » – 1919

     

    Situé à 372 mètres d’altitude, le bois Le Prêtre domine tout le sud de la plaine de la Woëvre. Il fut, d’octobre 1914 à mai 1915, le théâtre d’une lutte sans arrêt, à la suite de laquelle le bois resta aux mains des Français. C’est en septembre 1914 que les Allemands s’étaient installés dans le bois Le Prêtre, qu’ils avaient aussitôt organisé avec fils de fer, chevaux de frise, etc, etc…

    Le 30 septembre 1914, les Français prenaient pied aux lisières sud-ouest de la forêt. Un mois plus tard, le 29 octobre, ils enlevaient un poste allemand au saillant sud-est. Puis leur effort se concentra sur le ravin du Père Hilarion que lentement ils occupèrent après maints combats sous la pluie de novembre et la neige de décembre.

    Leurs troupes allèrent par bonds jusqu’à la ligne principale qu’il fallait enlever de vive force. On amena d’abord, de nuit, les canons pour préparer l’attaque. Les sapeurs, par de longs et patients travaux de sape, firent sauter les défenses accessoires et entamèrent les blokhaus. Les combattants étaient parfois à moins de 100 mètres les uns des autres.

    A partir de janvier 1915, l’effort des Français se porte vers la partie ouest, vers Le Quart En Réserve et la hauteur de la Croix Des Carmes. Quatre lignes de tranchées hérissées de mitrailleuses et de défense arrêtent tout élan. Il faut prendre le terrain, lambeau par lambeau, 100 mètres par 100 mètres, et souvent une contre-attaque fait perdre le soir, le gain de plusieurs jours de travail.

    La première ligne est enlevée le 17 janvier, la seconde le 16 février. Mais alors les torpilles aériennes et les grenades à main interviennent et ralentissent les progrès. La troisième ligne est prise le 30 mars.

    Attaques et contre-attaques se succèdent. On se bat dans les boyaux, derrière les barrages, à coups de grenades et les deux artilleries couvrent cet étroit espace de terrain de projectiles qui ébrêchent les parapets et comblent les boyaux. Les Allemands qui ont subi des pertes élevées, amènent sans cesse des troupes de renfort, environ seize bataillons, montrant ainsi le prix qu’ils attachent à cette position.

    Enfin la dernière attaque se déclenche le 12 mai. Elle livre les blokhaus et, au-delà de la crête, les pentes nord. Les Allemands restent encore accrochés sur les pentes est et ouest. Mais le bois est conquis et l’observatoire merveilleux que constitue cette hauteur appartient désormais aux Français.

    Au petit cimetière que l’on a établi sur les pentes du coteau, des centaines de héros dorment leur dernier sommeil. Les pentes de toute la région près de cette route ne sont plus que des cimetières et le bois lui-même cache dans son sol des centaines de morts ensevelis par une explosion de mine ou enfoncés dans une tranchée.

    Ce bois tragique avait été baptisé par les Allemands « Bois de la mort » ou « Bois des veuves ».

    A Montauville, se trouvait le poste de secours le plus proche, installé dans la cave d’une maison démolie. Le premier pansement sommaire se faisait dans la tranchée ou dans la petite cabane du Gros-Chêne. De Montauville, le blessé était transporté en automobile à Pont-à-Mousson. C’était sur la route un continuel défilé d’ambulances, de brancards et d’infirmiers.

    Pendant quelques temps, la fontaine du Père Hilarion se trouva comprise entre les deux lignes adverses. Allemands et Français devaient venir y puiser l’eau chaque jour, et par une entente tacite, chaque belligérant venait à une heure choisie faire sa provision, et pendant ce temps de répit, aucun coup de feu ne partait des tranchées.

    Quand la position fut prise par les Français, des sapeurs du génie arrachèrent pieusement la Croix des Carmes du sol, et la transportèrent sur leurs épaules jusqu’au cimetière où reposent dans la vallée les héros de ce combat. Ils la plantèrent et l’entourèrent d’un fragment de fil de fer barbelé qui défendait les tranchées allemandes.

     

     

  • 5 commentaires à “Le bois Le Prêtre”

    • Claude Rossi on 21 mai 2014

      Mon grand-père Léon Philippon dit Jean a combattu en 1914 à Bois le Prêtre, il fut blessé et soigné à l’Hôpital de Toul et reçu une médaille que je n’ai jamais réussi à identifier sur une photo d’époque, peut-être la Médaille Militaire, peut-être la Crois de Guerre ?
      Né en 1875, il avait alors près de 40 ans et quatre enfants à la maison dont ma mère Marcelle, à qui il a fait écrire par un camarade car il était illettré, une carte postale touchante où il dit qu’il va bien et lui recommande d’être bien sage avec sa maman.
      Que la France se souvienne que ceux qui ne sont pas morts, ont bien failli mourir !!!

    • Alain Sorais on 25 septembre 2014

      Mon grand-père Cyprien Félix Parfait Sorais était un Loup du bois le Prêtre du 167° régiment d’Infanterie.
      Il été blessé deux fois à la jambe et au bras droit lors de la contre-attaque allemande du 30 Mars 1915 au Bois le Prêtre et a refusé d’être évacué temps que la contre-attaque allemande ne soit repousser ce qui lui a valu une citation Croix de Guerre avec étoile de bronze.
      Ensuite, il a fait un petit séjours au « Chemin des Dames » en 1917.
      Mobilisé le 3 août 1914, il est démobilisé le 22 juillet 1919.
      L’enfer comme on ne peut même pas imaginer .
      Je ne l’ai pas connu il et mort en 1930, je suis né en 1952.
      Puissent ces quelques lignes lui apporter l’assurance posthume de l’admiration et le respect de ceux qui savent et se souviennent.

      • PRENETA Jean-Jacques on 4 décembre 2016

        Mon Grand père André NAVET était également au 167 ème régiment d’infanterie de TOUL et a combattu au bois LE PRETRE . Il fût blessé le 2 février 1915 par des éclats d’obus allemands et laissé pour compte dans un état critique, en attente d’évacuation, dans un hôpital de campagne du front. La providence en fit tout autrement, puisque son frère Lucien NAVET affecté comme infirmier à l’hôpital de NANCY 54 , le fit rechercher et rapatrier en urgence le sauvant d’une mort certaine. Compte tenu de l’importance des blessures, mon grand père ne retourna pas au front, mais fut affecté à la garde des prisonniers allemands sur les sites miniers en SAONE ET LOIRE. Mon grand-père décèdera en 1984 à l’âge de 92 ans.

    • riviere on 15 mars 2017

      Bonjour,
      mon grand pere a ete un loup du bois le pretre. je souhaiterais pouvoir converser avec un descendant d’un loup du bois le pretre.

    • Mitton on 14 mars 2019

      Bonjour,
      Mon grand-père paternel, Louis, Victor, Paul, instituteur, a participé en 1915 aux combats du 356e Régiment d’Infanterie au Bois le Prêtre. Il était lieutenant.
      - Blessé le 2 avril, évacué, rejoint son corps le 2 mai
      - 30, 31mai et 1er juin attaque et défense des tranchées de l’éperon (24 et 22ème cie, sous les ordres du lt Mitton, mon grand-père.
      Il a obtenu pour cette action une citation à l’ordre de la 1ère Armée
      Il a « fait » toute la guerre ( Verdun, la Marne), a été blessé une deuxième fois très grièvement. Il décèdera le 27 mars 1928 des suites d’une appendicite mal soignée.
      Cette recherche sur ce magnifique site lui est évidemment dédiée.
      Les indications que je donne ont été relevées sur son dossier militaire.

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