• 31 juillet 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     Le 12 juillet 1801 - Le combat naval d’Algésiras dans EPHEMERIDE MILITAIRE Le-combat-naval-d’Algésiras-150x150

     

    D’après « Beautés de la marine, ou Recueil des traits les plus curieux concernant les marins voyageurs et les marins militaires des temps modernes »  Antoine Caillot – 1823

     

    L’amiral Gantheaume, dans sa dernière course vers l’Egypte, avait été obligé de renvoyer de Livourne à Toulon les vaisseaux l’Indomptable, le Formidable et le Desaix, et une frégate, faute d’un nombre suffisant de matelots.

    Après que ces bâtiments eurent été réparés, le contre-amiral Linois en prit le commandement, pour aller se réunir dans le port de Cadix à un certain nombre de vaisseaux espagnols que l’Espagne avait mis sous les ordres du contre-amiral Dumanoir. Linois sortit de Toulon le 13 juin, et fit voile vers Cadix. Il avait doublé le cap Gata, et se disposait à embouquer le détroit de Gibraltar, lorsqu’il apprit que le port de Cadix était étroitement bloqué par l’escadre de sir James Saumarez, et que d’un autre côté, il était suivi par des vaisseaux de l’escadre de Warren auxquels il avait donné la chasse dans le golfe de Lyon. Dans cette extrémité, il n’avait pas d’autre parti à prendre que de se jeter dans la baie de Gibraltar : ce qu’il fit en mouillant à la rade d’Algésiras.

    Averti par les vigies de Gibraltar de l’arrivée de la division française, l’amiral anglais quitta aussitôt sa station pour se porter à la rencontre de l’ennemi, passa le détroit dans la nuit du 5 au 6 juillet, et se trouva le matin devant la pointe del Carnéro, à l’entrée de la baie de Gibraltar.

    Au moment où l’escadre anglaise doublait le cap et formait sa ligne en ordre de bataille, la division française, mouillée par dix à douze brasses, devant Algésiras, était en mouvement pour prendre sa ligne d’embossage, qui devait être soutenue à sa droite par une batterie de sept pièces de dix-huit à vingt-quatre, établie sur un écueil, appelé l’Ile-Verte, et à la gauche par une batterie de la côte, armée de cinq pièces de dix-huit. Au reste, les deux batteries étaient faibles et en mauvais état. Le vaisseau le Formidable était le plus au nord ; il avait à sa droite le Desaix, l’Indomptable et la frégate la Muiron.

    L’amiral anglais, voyant les vaisseaux français mouillés assez loin de la côte, et leur ligne imparfaitement flanquée, voulut imiter la manoeuvre de Nelson à la bataille d’Aboukir. Il fit prendre la tête de sa ligne au vaisseau le Vénérable, dont le capitaine connaissait parfaitement l’ancrage de la baie ; et tenant le vent, il fit gouverner sur le Formidable, dans le dessein de doubler ce vaisseau, de passer entre la terre et la ligne d’embossage, et par conséquent, de mettre la ligne française entre deux feux.

    À huit heures du matin, l’escadre ennemie se trouvant à portée de l’Ile-Verte, la batterie espagnole tira sur elle, et le combat de la droite à la gauche s’engagea à mesure que cette escadre prolongeait sa ligne. Linois, qui avait arboré son pavillon sur le Formidable, jugeant du dessein de l’ennemi par la manœuvre du vaisseau de la tête et des deux autres qui le suivaient, n’hésita point de donner le signal de couper les cables pour se faire échouer. Mais comme la brise avait molli, et qu’elle variait, le mouvement d’abattée fut long et inégal. Le Desaix souffrit des enfilades des vaisseaux qui le canonnaient ; l’Indomptable, se trouva, en touchant, dans une position critique, mais il ne ralentit pas son feu ; le Formidable présenta le travers au large, et l’avant au chef de file de la ligne ennemie, lequel toucha aussi en avant du vaisseau français. Deux autres vaisseaux anglais s’embossèrent à portée de fusil.

    Après ce premier engagement, qui dura deux heures, les manœuvres se trouvèrent endommagées de part et d’autre.

    Les Anglais, n’ayant pu doubler la ligne française, essayèrent de s’emparer de l’Ile-Verte, dont la batterie, mal servie par les artilleurs espagnols, avait cessé de tirer. Le capitaine de la frégate la Muiron, qui vit leurs embarcations se diriger sur ce point, y détacha la garnison de son bâtiment, au nombre de cent-trente hommes, sous le commandement d’un capitaine d’infanterie. Cet officier arriva assez à temps pour empêcher les Anglais d’aborder. Un de leurs canots fut coulé bas et un autre pris.

    Ce renfort dans l’Ile-Verte, changea la face des choses : la batterie, servie par les canonniers français, recommença à tirer avec vivacité. Un des vaisseaux ennemis, le Pompée, qui toucha sur le bas-fond, situé vis-à-vis cette batterie, essuya le feu de l’Indomptable et amena son pavillon. Mais remorqué par des chaloupes, et entraîné par le courant, il ne put pas être pris.

    Après l’échouage des vaisseaux français, sept chaloupes canonnières espagnoles, sorties du port d’Algésiras, étaient venues former la gauche de la ligne, sous la protection de la batterie Saint-Jacques. Elles prirent une part si vive à l’action, que cinq d’entre elles furent coulées bas, ou mises hors de combat.

    La batterie de Saint-Jacques avait aussi ralenti son feu. Mais le général de brigade Devaux, à la tête d’un détachement de troupes qu’il prit à bord du Desaix, s’y porta rapidement, et fit servir les pièces avec plus d’activité et dans une meilleure direction.

    Le combat s’était renouvelé avec la plus grande vivacité. Mais les Anglais ne purent résister longtemps au feu terrible des vaisseaux français et des batteries espagnoles, que servaient des soldats intrépides. Trois d’entre eux furent démâtés de leurs mâts de hune, et tous étaient avariés dans leur voilure. Ceux qui étaient mouillés coupèrent leurs câbles : l’Annibal, échoué près du Formidable, essuyant le feu de ce vaisseau et celui de la batterie Saint-Jacques, amena son pavillon à deux heures après midi. L’amiral Saumarez, qui l’avait abandonné, fit cesser le combat, qui avait duré six heures, et se retira sous Gibraltar avec les quatre vaisseaux qui lui restaient.

    Les Anglais, dans ce combat opiniâtre et meurtrier, perdirent beaucoup plus de monde que les Français. Les capitaines Lalonde et Moncousu, le premier, commandant du Formidable, et l’autre de l’Indomptable, furent tués sur leur banc de quart. L’amiral Linois se fit un honneur infini par la résolution qu’il prit de se faire échouer, et par sa belle défense.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso