• 31 juillet 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 11 juillet 1302 - La bataille de Courtrai ou la bataille des éperons d’or dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-Courtai-150x150

    D’après « Résumé des guerres et description des batailles dont les provinces actuelles de la Belgique ont été le théâtre » – Coussement – 1859

     

    L’armée de Robert d’Artois quitta Lille dans les premiers jours de juillet, et vint camper à deux lieues de Courtrai ; le meurtre et l’incendie signalèrent son passage. Gui, sire de Richebourg, un des fils du comte de Flandre, et Guillaume de Juliers attendaient l’ennemi dans la plaine de Groeninghe, avec les gens des métiers, décidés à mourir pour l’indépendance et pour la liberté de leur patrie.

    Ce fut le 11 juillet 1302 que les armées se rencontrèrent. Toutes les villes de la Flandre flamingante avaient envoyé leurs contingents à la solennelle réunion de Courtrai.

    Pierre de Coninck et, sous ses ordres, Jean Breydel guidaient les corporations de Bruges. Les milices de Fumes et de Furnes-Ambacht étaient conduites par Eustache Sporkin. Ypres avait donné 500 cavaliers habillés de rouge et 700 arbalétriers. Le vicomte d’Alost, commandait les hommes de sa châtellenie. Jean de Renesse était à la tête du contingent de la Flandre zélandaise. Ceux d’Audenarde marchaient sous l’etendard d’Arnold, fils de leur seigneur. 600 Namurois avaient été envoyés par le comte Jean. De Borlut amenait 5 000 Gantois. Ces divers corps présentaient un total de 25 000 combattants.

    Ce n’était pas une multitude indisciplinée et confuse. La plupart appartenaient aux corporations et aux anciennes confréries militaires : chacune d’elles avait son chef. Elles étaient armées de lances, de longues épées et de massues hérissées de pointes de fer.

    L’armée française se composait de 7 500 cavaliers, 10 000 archers et 30 000 hommes d’infanterie. Elle renfermait la fleur de la noblesse et de la chevalerie. Les chefs flamands, connaissant la valeur de la nombreuse cavalerie ennemie, cherchèrent à paralyser son action.

    Ils avaient choisi, pour champ de bataille, la plaine de Groeninghe. Derrière eux, coulait la Lys. Autour d’eux, s’étendaient des prairies marécageuses et basses ; à l’ouest, ils s’appuyaient à la ville par leur droite ; à gauche, ils étaient défendus, sur leur front, par le ruisseau de Groeninghe, qui allait se réunir à la Lys. Ce ruisseau avait alors treize pieds de large et sept de profondeur.

    Les archers et les frondeurs, placés en avant, étaient garantis par le ruisseau marécageux du Neerlander, assez considérable pour arrêter l’ennemi. Un corps de 1 200 hommes, composé des Yprois, fut placé aux portes de Courtrai pour contenir la garnison du château, occupé par les Français.

    Au moment de combattre, un prêtre, demandant à Dieu force et secours, montra le saint viatique à toute l’armée et donna la bénédiction générale. Pendant que leurs chefs communiaient, tous les Flamands s’agenouillèrent, prirent dans leurs mains un peu de terre et la portèrent pieusement à leurs lèvres pour témoigner leur dévouement à la défense sacrée du pays.

    L’ordre fut donné de ne faire ni butin, ni prisonniers. Les princes Gui et Guillaume firent chevaliers Jean Breydel, Pierre de Coninck et ses deux fils et plusieurs autres chefs. Puis ils descendirent tous de leurs chevaux et allèrent se placer dans les rangs de l’infanterie.

    Le connétable de Nesle, voyant la forte position qu’occupaient les Flamands, proposa de les attirer dans la plaine, de leur couper les vivres qu’ils devaient recevoir de Courtrai et de les forcer ainsi à lever leur camp sans exposer la cavalerie dans ces marais. Le comte Robert d’Artois méprisa ces sages avis. Il donna l’ordre de diviser son armée en dix corps qu’il plaça les uns derrière les autres.

    Vers sept heures du matin, les Français commencèrent l’attaque. Les premiers chevaliers qui, en arrivant de la plaine, voulurent franchir le ruisseau de Neerlander, s’enfoncèrent dans la boue et furent bientôt percés de traits. Après plusieurs tentatives également infructueuses, Robert rappela sa cavalerie pour lui faire reprendre ses rangs. Sur ces entrefaites, les arbalétriers français entrèrent en ligne et trouvèrent le moyen de passer ce premier ruisseau dans un autre endroit. Ils lancèrent alors sur les archers flamands une si grande quantité de flèches qu’ils les forcèrent à se replier sur leur corps de bataille. Se couvrant de leurs boucliers, ils les attaquèrent avec impétuosité, le coutelas au poing, et se disposèrent à les poursuivre même au delà du ruisseau de Groeninghe, qui formait le second et dernier retranchement de l’armée nationale. C’en était peut-être fait de l’indépendance de la Flandre, si ce succès remporté par l’infanterie n’eût inspiré quelque jalousie aux chevaliers qui voulaient avoir l’honneur de la journée.

    Le comte d’Artois lança les deux ailes de sa cavalerie avec tant d’ardeur qu’elle mit le désordre dans ses troupes à pied. Le centre de la cavalerie se tenait en réserve sous le commandement du comte de Saint-Pol.

    Arrivés près des Flamands, les cavaliers essayèrent d’abord vainement de franchir le second ruisseau : bon nombre d’entre eux s’abîmèrent dans la vase et servirent de ponts à leurs compagnons, qui s’élancèrent enfin à l’autre bord. Tout plia d’abord devant le choc impétueux de la noblesse française. Les milices de quelques villages durent être ramenées par les Yprois.

    Bientôt les rangs furent reformés. Les escadrons français, forcés de reculer, ne purent repasser le ruisseau qu’ils avaient franchi dans leur premier élan. La plupart des chevaux s’abattirent et toute cette brillante cavalerie, prise comme dans un piége, fut détruite en un moment. Ses principaux chefs, Raoul de Nesle, les comtes d’Eu, de Tancarville, tombèrent les uns après les autres. Rien ne pourrait donner une idée de cette effroyable mêlée.

    Robert d’Artois s’avança à la tête de sa réserve et vint assaillir la droite des Flamands. Il était alors neuf heures du matin. Le combat recommence avec une nouvelle fureur. Le comte d’Artois lance son cheval jusqu’auprès de l’étendard de Flandre ; il le saisit par la hampe, malgré les coups de massue et de hache qui pleuvent sur lui ; il en déchire un lambeau. Alors Guillaume Van Saeftingen, frère-lai de l’abbaye de Ter-Doest (au nord de Bruges), lui porte un coup violent qui le renverse. Assailli et couvert de blessures, le prince s’écrie qu’il est le comte d’Artois et demande s’il n’y a pas là un noble auquel il puisse rendre son épée. On lui répond en flamand qu’on ne le comprend pas et que l’on ne fait pas de prisonniers. Il fut achevé à ces mots. Au même moment, Jacques de Châtillon, Jean d’Oostrevant et près de cinquante autres seigneurs étaient renversés sur des monceaux de cadavres.

    Les Flamands entourèrent les débris de l’armée vaincue et poursuivirent les fuyards jusqu’aux portes de Lille et de Tournai. Un grand nombre de Français furent égorgés dans l’endroit qu’on appelle encore Prairie sanglante (Bloed-Meersch). Las de tuer, les Flamands se décidèrent à ne pas achever les blessés qu’on retrouvait au milieu des cadavres qui jonchaient le terrain, et de les garder pour les échanger contre Gui de Dampierre, Robert de Béthune et les chevaliers encore retenus par le roi de France. On attaqua le château de Courtrai qui restait au pouvoir de la garnison française.

    Cette garnison, pendant la bataille, avait été repoussée par les Yprois dans une sortie ; elle capitula et les chevaliers qui s’y trouvaient furent emmenés à Bruges.

    On ne peut évaluer exactement toutes les pertes de cette journée. Du côté des Flamands, elles furent peu considérables. On prétend que les Français perdirent vingt mille hommes d’infanterie et sept mille cavaliers, parmi lesquels se trouvaient 63 princes, ducs et comtes, 700 seigneurs bannerets et 1 100 gentilshommes.

    On suspendit à la voûte de l’église de Notre-Dame à Courtrai, 700 éperons dorés de chevaliers français, ce qui fait que cette bataille, la plus remarquable de l’histoire flamande, s’appelle aussi la journée des éperons d’or.

    Cette victoire jeta la France dans la consternation. Elle fut un signal de mort pour les Français et leurs partisans dans les villes qu’ils tenaient encore. Partout les armes de France furent brisées et foulées aux pieds, tandis qu’on relevait l’étendard du comte flamand. Jean de Namur arriva bientôt en Flandre et fut déclaré régent jusqu’au retour de son père ou de son frère aîné.

     

     

     

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