• 15 juillet 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    D’après « Histoire des armées françaises de terre et de mer »
    Abel Hugo – 1835

     

    Après la prise de Rastadt, Latour profita de la nuit pour se retirer sur Ettlingen. Malheureusement après cette affaire, et au lieu de poursuivre vivement l’ennemi, Moreau séjourna trois jours dans ses positions, laissant à l’ennemi tout le temps de se rallier à l’Archiduc et de se poster avantageusement entre Muhlberg et Ettlingen.

    L’Archiduc avait arrêté pour le 10 tous les dispositifs nécessaires pour livrer une bataille décisive. Moreau le prévint en l’attaquant le 9. Des combinaisons plus hardies et plus savantes que celles qu’il avait jusqu’alors mises à exécution décidèrent ce général à refuser entièrement sa gauche pour faire attaquer par sa droite renforcée. La gauche de l’ennemi, la garde des passages de la Pfederbach, en arrière du village d’Ettingheim, fut confiée à deux régiments aux ordres de Delmas, et ce général eut ordre de ne pas franchir le ruisseau ni engager d’affaire sérieuse.

    Saint-Cyr, laissant à Freudenstadt et au Kniebis les postes rigoureusement nécessaires, dut avec le reste de ses troupes rejoindre la seconde division postée depuis la veille dans la vallée de Murg. Il avait ordre, avec ces forces réunies, de déborder la gauche de l’ennemi, et de l’attaquer dans toutes ses positions sur les montagnes, jusqu’aux sources de l’Alb.

    Desaix devait marcher avec l’aile gauche dans la direction de Malsch, au pied des hauteurs, et afin de contenir ce qui se trouverait entre les montagnes et le Rhin. La réserve de cavalerie fut postée entre Muckensturm et Ettingheim, pour observer celle de l’ennemi et protéger l’attaque de Malsch. Le corps de Saint-Cyr, chargé de la première attaque, fut renforcé par l’infanterie de la réserve.

    Taponier avec six bataillons et 150 hussards dut gagner la vallée de l’Enz à travers les montagnes et s’avancer sur Wildbad pour déborder le flanc gauche de l’ennemi.

    L’adjudant général Houel, après avoir enlevé les couvents retranchés d’Herrenalb et de Frauenalb devait menacer la droite de la position de Rosentohl, que Saint-Cyr se proposait d’attaquer de front.

    Le plateau de Rosentohl, un des plus hauts et des plus escarpés des montagnes noires, est couvert de bois touffus qui en rendent l’accès difficile. Deux mauvais chemins partant du fond de la vallée de l’Alb y conduisent seuls. Keim avec six bataillons, quatre escadrons et une nombreuse artillerie était chargé de leur défense. En outre, trois bataillons occupaient Frauenalb avec une avant-garde à Loffenau.

    Saint-Cyr, convaincu qu’une attaque de vive force coûterait la vie à trop de braves, résolut d’agir de ruse pour engager l’ennemi à quitter cette redoutable position. Ses troupes, fatiguées par une marche pénible et par l’attaque des postes intermédiaires, furent masquées en grande partie derrière les bois. Une partie de la 106e et de la 84e demi-brigades opérèrent des attaques simu- lées sur le front et la droite de la position. Cette manœuvre fut inutilement recommencée quatre fois et les tirailleurs français, dans toutes leurs attaques, furent repoussés jusqu’au pied de la montagne.

    Une cinquième tentative formée par la 106e demi-brigade irrita les Autrichiens, impatientés de ces manœuvres et enhardis par la fuite simulée des Républicains. Des masses s’ébranlèrent pour charger la téméraire demi-brigade et cherchèrent à l’envelopper. Elle précipita sa retraite dans le but de hâter la marche de l’ennemi. En effet, il descendit rapidement la montagne, comme craignant de voir s’échapper un ennemi vaincu. Déjà une partie de ses tirailleurs avait dépassé les flancs de de la réserve que Saint-Cyr tenait masquée en colonne serrée en arrière du couvent d’Herrenalb, quand Lecourbe reçut l’ordre de faire charger la 109e demi-brigade et la 106e qui s’était reformée en arrière d’une ligne de grenadiers.

    Les Autrichiens, reconnaissant le piège où ils étaient tombés, essayèrent vainement de regagner en bon ordre leur position. Ils y furent ramenés la baïonnette aux reins ; on ne leur donna pas le temps de se reformer sur le plateau. Ils en furent chassés en désordre et le laissant chargé de cadavres. Keim se replia en hâte sur Neuenbourg, abandonnant plus de 1000 prisonniers. Le général Lindt, qui marchait sur Wildbad avec la division saxonne, informé de l’echec de Keim, au lieu de voler au secours de ce général, retourna à Pforzheim.

    Pendant ce combat, l’attaque de Malsch avait eu lieu. Decaen en avait d’abord delogé les avant-postes ennemis mais bientôt assaillis par les colonnes de Latour et de Starray, les Français furent contraints d’évacuer le village et de se retirer sur une hauteur isolée à droite. Malsch fut repris ensuite par deux demi-brigades de Desaix, qui en furent encore repoussées. Ce poste, disputé jusqu’à dix heures du soir avec un incroyable acharnement, fut pris et repris plusieurs fois. Les bois et les hauteurs furent emportés par les Français. Le village resta aux Autrichiens.

    Pendant ces diverses attaques, les escadrons impériaux se déployèrent dans la plaine entre la colonne de Starray et celle de Latour qui s’était portée sur Dumersheim. Desaix avait fait avancer la cavalerie de réserve afin de soutenir l’attaque de Malsch, et l’avait placée à l’abri d’un rideau dans une position très serrée pour que l’infanterie la protégeât au besoin.

    Quelques escadrons de chasseurs et de hussards républicains ayant fait un faux mouvement vers Muckensturm et prêté le flanc à l’ennemi, on vit les escadrons autrichiens s’ébranler pour les charger ; mais la réserve se déploya si promptement et fut si bien soutenue par la cavalerie légère, que les Impériaux n’osèrent pas avancer. Latour réussit seulement à chasser les Français de Bietiggheim. Ainsi, rien de décisif n’avait eu lieu entre le Rhin et les montagnes, et les deux partis à l’entrée de la nuit conservaient leur champ de bataille.

    En apprenant le succès des Français à Rosentohl, la retraite du général Keim et celle de Lindt, commandant le contingent saxon, l’Archiduc se retira lui-même le 10 au matin par une marche forcée sur Durlach et Carlsruhe, puis sur Pforzheim. Cette résolution était étrange après une affaire où le succès était à peu près partagé et lorsque, en attirant à lui la colonne de Latour, il lui restait assez de forces pour espérer de culbuter Desaix à Malsch, et pour compromettre ainsi la position de Saint-Cyr aventuré au milieu des montagnes. Celui-ci descendit le 10 le long de l’Enz jusqu’à Neuenbourg, et le même jour, l’avant-garde de Desaix occupa Ettlingen. Des ordres furent donnés pour relever les forts de Kehl et mettre les ponts à l’abri de toute insulte, puis l’armée se disposa à marcher vers le Necker.

     

     

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