• 8 juillet 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 6 juillet 1809 - La bataille de Wagram dans EPHEMERIDE MILITAIRE LEmpereur-à-la-bataille-de-Wagram-150x150

    D’après « Victoires, conquêtes, revers et guerres civiles des francais » – 1820

     

    Napoléon avait employé une partie de la nuit à rassembler une forte masse vis-à-vis le centre de la ligne ennemie, à une portée de canon du village de Wagram. Le maréchal Masséna s’était avancé sur la gauche d’Alterklau, en laissant sur Gross-Aspern une seule division, qui eut ordre de se replier, au besoin, sur l’Ile de Lobau ; le maréchal Davoust dut dépasser le village de Gross-Hoffen pour se rapprocher du centre français. D’après les mouvements de la veille, l’archiduc avait au contraire dégarni son centre pour renforcer ses ailes, auxquelles il donnait encore une plus grande étendue. La droite de la ligne ennemie sur le front de laquelle on avait commencé à élever de nouvelles redoutes, appuyée au Danube, s’étendait de Stadlau à Gerasdorf, le centre à Wagram, et la gauche depuis ce dernier village jusqu’à celui de Markgrafen-Neusiedel.

    A la pointe du jour, l’armée française prit les armes et se rangea en bataille. Le prince de Ponte-Corvo et le maréchal Masséna, tenant la gauche ; le prince Eugène au centre avec les troupes de l’armée d’Italie, renforcées de la division Broussier, qui arrivait à l’instant de l’île de Lobau ; le corps de Dalmatie, commandé par le général Marmont ; celui de grenadiers et de voltigeurs réunis, sous les ordres du général Oudinot. Derrière ces corps, la garde impériale et les divisions de grosse cavalerie, disposées sur plusieurs lignes ; enfin, le corps du maréchal prince d’Eckmuhl formait la droite.

    Le terrain sur lequel les deux armées se trouvaient en présence avait deux lieues d’étendue. Les troupes les plus rapprochées du Danube n’étaient qu’à douze cents toises de la ville de Vienne. De sorte que la nombreuse population de cette capitale, couvrant les tours, les clochers, les toits des maisons les plus élevées, et dominant ainsi toute la plaine d’Enzersdorf, allait assister au spectacle imposant et terrible qui se préparait, et juger par ses propres yeux si les défenseurs de la monarchie autrichienne étaient dignes de la cause confiée à leur valeur.

    La canonnade s’engagea sur les deux lignes, au lever du soleil. A cinq heures, la gauche de l’armée autrichienne, sous les ordres du prince de Rosemberg, déboucha de Markgrafen-Neusiedel, pendant que la droite, composée des corps des généraux Bellegarde, Kollowrath, Lichstenstein et Hiller, s’avançait sur Stadlau, et que le prince de Hohenzollern, dont le corps formait seul le centre ennemi, restait dans sa position à Wagram.

    L’empereur s’apercevant que le prince de Rosemberg manœuvrait pour déborder le maréchal Davoust, se porta de sa personne à l’aile droite, qu’il renforça de la division de cuirassiers commandée par le général Arrighi, duc de Padoue (il avait remplacé le général Espagne), en faisant avancer sur le flanc des colonnes ennemies les douze pièces d’artillerie légère attachées à la division Nansouty. Au bout de deux heures d’un engagement opiniâtre, le maréchal Davoust réussit à repousser son adversaire jusque dans Neusiedel, après lui avoir fait éprouver une perte assez considérable par le feu de l’artillerie, qui perdit elle-même dans ce choc un de ses meilleurs officiers, le chef de bataillon Dardenne, emporté par un boulet.

    Pendant que la droite de l’armée française signalait ainsi le commencement de la journée par un premier succès, le combat s’était engagé sur tout le reste de la ligne. En portant de grandes masses sur sa droite, l’archiduc avait eu dessein de forcer la gauche des Français et d’isoler leur armée de ses ponts sur le Danube. Ainsi donc, au moment où une partie de ses colonnes attaquait vivement le prince de Ponte-Corvo et le maréchal Masséna, le généralissime ennemi dirigeait lui-même un corps de trente à trente-cinq mille hommes de ses meilleures troupes dans l’intervalle que Masséna avait laissé entre le gros de ses troupes et la division restée en position vers Gross-Aspern. Cette masse culbute sans peine les faibles postes qui se trouvaient devant elle, et menace bientôt les flancs de l’armée française. Les colonnes qui attaquaient l’aile gauche font, de leur côté, de grands progrès.

    Le village de Gross-Aspern est emporté par l’ennemi, malgré la vive résistance des troupes qui le défendent. Le corps du prince de Ponte-Corvo, composé des troupes saxonnes et d’une division bavaroise, est culbuté et mis en déroute.

    Un jeune colonel saxon, dont nous regrettons de ne pouvoir consigner ici le nom, voyant que ses prières, ses menaces, tous ses efforts enfin, étaient inutiles pour rallier sa troupe débandée, arrache le drapeau du régiment des mains de celui qui le portait, s’avance vers un régiment de la garde impériale, et s’ecrie, en se jetant dans ses rangs : « Français ? Je vous confie ce drapeau, vous saurez le défendre ; mon régiment est partout où l’on fait face à l’ennemi ». Ce beau mouvement arrêta les Saxons ; ils se rallièrent, et retournèrent bientôt au combat avec une grande résolution.

    L’aile gauche française, ainsi forcée, vient se placer en équerre, un côté faisant face au Danube. L’archiduc poursuivant ce premier succès, précipite sa marche, et, débordant le flanc des Français de plus d’une demi-lieue, il pousse des partis jusqu’auprès des ponts. L’épouvante se répand sur les derrières de l’armée française, la bataille paraît perdue à cette foule de non combattants qui suivent et embarrassent les grandes armées : ils fuient en toute hâte jusque dans l’île de Lobau où déjà leur imagination, troublée et exaltée par la peur, annonce les plus grands désastres. Cependant cet avantage, qui faisait pousser aux troupes autrichiennes des cris de victoire, était encore loin d’amener le résultat décisif que l’archiduc s’était promis.

    Il était neuf heures du matin, lorsque plusieurs officiera d’état-major vinrent annoncer à l’empereur, qui se trouvait alors à la droite, que l’ennemi attaquait avec fureur le maréchal Masséna et le prince de Ponte-Corvo ; que déjà même l’aile gauche française était débordée de près de trois mille toises, et que l’ennemi déployait des troupes nombreuses et une artillerie formidable dans l’espace qui sépare le village de Gross-Aspern de celui de Wagram.

    Après avoir ordonné au maréchal Davoust de tourner la position de Neusiedel, de chasser l’ennemi de ce village, et de se diriger ensuite sur Wagram, Napoléon se porta en toute hâte vers la gauche afin de reconnaître par ses propres yeux la situation des affaires.

    Le maréchal prince d’Eckmuhl exécuta heureusement le mouvement qui lui avait été prescrit. Pendant que les deux divisions Gudin et Pulhod attaquaient le village de Markgrafen-Neusiedel par la droite, le général Morand se porta sur la gauche de l’ennemi, qu’il tourna et attaqua tout à la fois. Il était soutenu par le général Friant, qui disposa ses troupes en échelons par bataillon, ayant à sa gauche l’artillerie de la division, renforcée de sept pièces de 12 que l’empereur avait fait avancer sur ce point. Les forces supérieures de l’ennemi contraignirent d’abord la gauche de la division Morand à faire un mouvement rétrograde ; mais la division Friant s’étant avancée au pas de charge, repoussa les Autrichiens jusque sur leurs retranchements, les y força, et couronna, au bout de quelques minutes, les hauteurs qui se trouvent entre Wagram et Neusiedel. Ce dernier village était emporté au même moment par les divisions Gudin et Pulhod.

    L’aile gauche ennemie, entièrement culbutée, se rejeta vers le centre, et fut poursuivie par les quatre divisions du troisième corps (celui de Davoust).

    Lorsque l’empereur aperçut les troupes de son aile droite sur les hauteurs de Wagram, il fit dire au maréchal Masséna de tenir bon dans ses positions, et que la bataille était gagnée. Il ordonna aussitôt une attaque décisive sur le centre ennemi, par les trois divisions Seras, Broussier et Lamarque, sous les ordres du général Macdonald. Ce mouvement devait être appuyé par le corps du général Marmont, et par celui du genéral Oudinot, qui, plus rapproché de la droite, se liait avec les troupes du maréchal prince d’Eckmuhl, et marchait aussi vers les hauteurs à droite de Wagram.

    Le maréchal Bessières reçut également l’ordre de s’ébranler, avec la cavalerie de la garde et celle de réserve, pour charger en flanc les redoutables colonnes que dirigeait l’archiduc Charles, tandis que le général Lauriston, à la tête d’une batterie de cent pièces, tant de la garde que de la réserve, s’avançait, au trot et sans tirer, jusqu’à demi-portée de ces mêmes colonnes ennemies. Le général Macdonald, en déployant huit bataillons des divisions Broussier et Lamarque sur deux lignes, avait formé le reste de ces mêmes troupes en colonnes serrées sur ses ailes, et placé la division Seras en réserve à quelque distance ; quatre escadrons de cuirassiers flanquaient la droite.

    C’est dans cet ordre qu’il s’avança sur le centre ennemi, qui présentait neuf grandes masses d’infanterie et de cavalerie, protégées par une artillerie considérable. La cavalerie autrichienne chargea d’abord les divisions françaises ; mais celles-ci, se formant en carrés, repoussèrent ce choc avec vigueur. Le général Reille, à la tête des fusiliers et des tirailleurs de la garde, vint alors soutenir le général Macdonald. Le prince Eugène, suivant le mouvement des trois divisions Broussier, Lamarque et Seras, venait d’ordonner au général Durutte de se porter rapidement sur la gauche pour arrêter la marche d’une colonne qui paraissait menacer le flanc du général Macdonald, et au général Pulhod, d’occuper les hauteurs de Baumersdorf que l’ennemi évacuait en ce moment pour éviter d’être tourné par les troupes du maréchal prince d’Eckmuhl.

    Pendant ce temps, les cent pièces dirigées par le général Lauriston sur une partie de la droite de l’ennemi, semaient la mort dans ses rangs, et réduisaient son artillerie au silence.

    L’aile gauche autrichienne, vivement poursuivie par le troisième corps, se retirait en toute hâte sur Wagram, où elle espérait pouvoir se rallier ; mais les attaques réunies des divisions du prince d’Eckmuhl et de celles du géneral Oudinot ne lui en donnèrent pas le temps.

    Wagram fut enlevé à la baïonnette par la division Puthod, tandis que les corps du prince d’Eckmuhl et du général Oudinot chassaient l’ennemi des positions à droite et au-dessus de ce village, et lui faisaient un grand nombre de prisonniers.

    Pour rendre plus décisive l’attaque du général Macdonald sur le centre de l’ennemi, l’empereur l’avait fait soutenir par la division bavaroise du général de Wrede, une batterie de trente bouches à feu, par la division de cavalerie légère du général Sahuc (que commandait alors le général de brigade F.-J. Gerard), par les chasseurs à cheval de la garde et par les chevau-légers polonais. Ainsi renforcé, et flanqué d’ailleurs par les divisions Durutte et Puthod, le général Macdonald se porta sur le village de Sussenbrunn, où l’ennemi paraissait vouloir tenir. Le général Gerard eut ordre de tourner la droite de ce village, tandis que les trois divisions Broussier, Seras et Lamarque attaqueraient de front ; mais les Autrichiens n’attendirent point le choc des colonnes françaises, et se replièrent sur Gerasdorf, qui, comme point intermédiaire du centre et de l’aile droite de la ligue ennemie, était retranché et herissé d’artillerie. Ce village se trouvait en outre protégé par les hauteurs dites du rendez-vous, que l’ennemi occupait en force avec de l’artillerie de position.

    Gerasdorf fut attaqué et défendu avec une égale résolution pendant plus d’une heure. L’avantage resta indécis ; mais une dernière charge des Français triompha de la longue et opiniâtre résistance de leurs adversaires : les bataillons ennemis, ébranlés mais non entièrement rompus, cédèrent, et le village fut occupé par les vainqueurs. Les chevau-légers polonais et les chasseurs de la garde s’élancèrent à la poursuite de l’infanterie autrichienne, et essayèrent, mais en vain, d’en disperser la masse. Trois fois ces intrépides escadrons chargèrent les carrés ennemis, et trois fois ils furent ramenés sur l’infanterie française. Les Autrichiens se retiraient, mais avec gloire et d’une manière digne des vaillantes troupes qui les contraignaient à ce mouvement.

    Le village de Gerasdorf étant enlevé, le centre ennemi ne dut plus songer qu’à assurer sa retraite. Déjà son aile gauche s’était entièrement repliée devant les corps du maréchal prince d’Eckmuhl et du général Marmont. Et l’aile droite, après s’être longtemps maintenue contre le maréchal Masséna, qui, dès onze heures, avait repris le village de Gross-Aspern, et contre le prince de Ponte-Corvo, qui avait rallié et reformé les Saxons ; l’aile droite, disons-nous, n’étant plus appuyée par le centre et se trouvant en l’air, s’était repliée dans la direction de Jedlersdorf et de Strebersdorf. Ainsi la bataille était complètement gagnée.

    L’empereur, témoin des derniers et incroyables efforts des troupes de l’armée d’Italie, si bien dirigées par le général Macdonald, en fut tellement satisfait, qu’il crut devoir, sur le champ de bataille même, récompenser tous ces braves en la personne de leur digne chef. Le lendemain de la victoire, et avant que l’armée se mît en mouvement pour suivre les vaincus, Napoléon embrassa le général Macdonald et le nomma maréchal de l’empire, avec une grâce et une bienveillance qui mettaient encore plus de prix à cet acte rémunératif. Pénétré de tous les sentiments que devait exciter dans son âme une pareille situation, attendri jusqu’aux larmes, Macdonald saisit la main que lui tendait affectueusement l’empereur des Français, la serra avec transport, et s’écria avec un accent tout chevaleresque : « Ah, sire ! désormais entre nous, c’est à la vie et à la mort ».

    L’armée autrichienne se retira dans la nuit du 6 au 7, sur Kornneuburg et Wolkersdorf, où l’empereur François s’était tenu pendant toute la bataille. Elle gagnait en toute hâte la Moravie, abandonnant, pour trophées de sa défaite, dix drapeaux, quarante pièces de canon, près de dix-huit mille prisonniers, neuf mille blessés, et un grand nombre d’équipages.

    Sa perte en tués s’élevait à quatre mille hommes environ : parmi ces derniers se trouvaient les feld-maréchaux lieutenants Nordmann, d’Aspre, Wukassowich, et le général-major P. Weczai. Le feld-maréchal Nordmann, que sa bravoure et ses talents signalaient dans l’armée autrichienne, était né en Alsace, et avait été jusqu’en 1792 au service de France.

    L’archiduc Charles, les Feld-maréehaux Rouvroy et Nostiz ; les généraux-majors, prince de Hesse Hombourg, Mayer, Vacquant, Matzen, Stutterheim, Honneberg, Merville et Rothkirch, avaient été blessés.

    La perte des Français, bien moins considérable que celle de l’ennemi, était de six mille blessés et de deux mille six cents tués. Parmi les premiers, on remarquait le maréchal Bessières, dont le cheval avait été emporté par un boulet au moment de la grande charge de la cavalerie ; les généraux Grenier, Seras, Vignolle, Sahuc, Frère, Defrance ; les majors Corbineau et Daumesnil ; les colonels Sainte-Croix et Aldobrandini-Borghèse.

    L’armée française eut à déplorer la mort du vaillant Lasalle, le premier de ses généraux de cavalerie légère. Le colonel Oudet, du neuvième de ligne, nommé général la veille de la bataille, frappé à mort, dans une embuscade où périrent vingt-deux officiers de son régiment, ne survécut que trois jours.

    Toutes les armes avaient rivalisé d’intrépidité et de gloire dans cette mémorable journée. Napoléon lui-même s’était plusieurs fois exposé au milieu du feu le plus terrible. Dès le matin, il avait parcouru les différentes lignes, encourageant les troupes par sa présence et son éloquence incitante. Les boulets tuèrent ou blessèrent plusieurs personnes autour de lui. On s’aperçut même que l’ennemi dirigeait principalement son feu sur le groupe qui environnait l’empereur, ce qui l’obligea, dit-on, à changer trois fois de surtout. Le major-général prince de Neuchâtel ordonna aux aides-de-camp et aux officiers d’état-major de se tenir à quelque distance, et fit défendre aux régiments de saluer l’empereur par leurs acclamations au moment de son passage.

    L’empereur, en raison de la fatigue extraordinaire de ses troupes, qui venaient de combattre, presque sans interruption, pendant plus de quarante heures, avait ordonné de cesser toute poursuite, et l’armée entière établissait ses bivouacs dans la vaste plaine de Wagram, lorsque la sécurité générale fut troublée tout à coup par des cris d’alerte. Il était neuf heures du soir. La générale fut battue sur tous les points, en un moment les troupes furent sous les armes, l’infanterie se forma en bataillons carrés.

    Au milieu du désordre qu’entraînait un pareil mouvement, chacun s’en demandait la cause. L’empereur, lui-même, tout aussi surpris que les autres, s’élançait sur son cheval, lorsque le duc de Plaisance, l’un de ses aides-de-camp, accourut lui dire : « Ce n’est rien, sire : ce sont quelques maraudeurs… Qu’appelez-vous, rien, reprit vivement l’empereur ; sachez, monsieur, qu’il n’est point de petits événements à la guerre ; rien ne compromet une armée comme une imprudente sécurité. Retournez voir ce que cela peut être, et m’en rendez mieux compte ». Puis, ayant envoyé d’autres officiers en reconnaissance pendant qu’on se préparait au combat, il attendit leur retour.

    Sur les derrières de l’armée française, les équipages, les vivres et tous les autres attirails de guerre qui s’avançaient avec confiance en voyant la bataille gagnée, effrayés du tumulte du camp, rétrogradèrent en désordre, et présentèrent en un moment l’aspect d’une véritable déroute. Mais ce fut particulièrement à l’entrée des ponts que l’épouvante régna parmi les non combattans. Beaucoup de ceux-là mêmes qui avaient le Danube entre eux et l’ennemi, s’enfuirent en abandonnant leurs voitures et leurs bagages, et ne se crurent en sûreté que derrière les remparts de Vienne. Cependant, on vint rapporter à l’empereur que l’ennemi ne se présentait sur aucun point, et le calme se rétablit sans qu’on pût connaître d’abord ce qui l’avait si étrangement troublé. On apprit plus tard qu’un escadron ennemi dont la retraite se trouvait coupée sur la grande armée, cherchant à gagner la route de Presburg, avait traversé un village où des maraudeurs étaient allés sans armes. Ceux-ci, surpris et sabrés par les cavaliers autrichiens, revinrent en toute hâte, en jetant des cris d’alarme, qui se propagèrent, comme on l’a vu, avec une rapidité incroyable.

    Le lendemain (7 juillet), à la pointe du jour, l’empereur sortit de la tente qu’on lui avait dressée sur le champ de bataille, et se promenant autour des bivouacs du quartier-général, à pied, sans chapeau, sans épée, et les mains croisées derrière le dos, suivant son habitude ordinaire, il s’entretint familièrement avec les soldats de sa garde. Sa figure exprimait la satisfaction et la confiance. Peu de temps après, l’armée se remit en marche pour suivre l’ennemi vaincu. C’est avant ce mouvement que Napoléon donna au général Macdonald la belle et nationale récompense dont nous avons déjà parlé. Le général Oudinot reçut aussi, avec le bâton de maréchal, le titre de duc de Reggio, et beaucoup d’autres promotions eurent lieu dans le même moment.

    L’armée autrichienne faisait sa retraite par Gaunersdorf. Les Français atteignirent son arrière-garde au-delà de Wolkersdorf, où Napoléon établit son quartier-général dans la même maison que l’empereur d’Autriche avait occupée la veille. Dans cet engagement d’arrière-garde, les Autrichiens perdirent un certain nombre de prisonniers et des bagages considérables. Le maréchal prince d’Essling poursuivait une forte colonne qui se retirait par la route de Stockereau à Hollabrunn ; et le général Marmont, duc de Raguse, après avoir suivi quelque temps la route de Brunn, se rabattit sur celle de Znaim, par où s’était dirigé l’empereur François, l’impératrice, l’archiduc Antoine, et une suite de plus de deux cents voitures de la cour.

     

     

     

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