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  • Le 16 juin 1815 - La bataille de Ligny et le combat des Quatre-Bras dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-quatre-bras-150x150

    La bataille de Ligny et le combat des Quatre-Bras

    D’après « Histoire d’Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’année 1838 »
    Heinrich Friedrich Theodor Kohlrausch – 1841

     

    Blucher résolut de livrer bataille aux cent mille hommes de Napoléon avec ses trois corps d’armée qui faisaient environ quatre-vingt mille hommes, parce qu’il comptait que Bulow arriverait sur le champ de bataille avant la fin dela journée, et que Wellington lui-même enverrait des secours de son côté.

    L’armée prussienne occupait les hauteurs qui bordaient la rivière de Ligny, avec trois villages dans ses lignes : Saint-Amand où était l’aile droite, Ligny où était le centre de la bataille, et Sombref qui avait l’aile gauche. Napoléon avait l’intention de porter toutes ses forces sur l’aile droite, afin de la rompre et de la couper entièrement d’avec les Anglais, et il fit attaquer le village de Saint-Amand à trois heures après midi. C’était Ziethen qui s’y trouvait avec ces mêmes troupes qui s’étaient trouvées engagées la veille. Cependant elles tinrent ferme contre l’attaque, quelque opiniâtre qu’elle fût, jusqu’à ce que les ennemis ayant trouvé un chemin détourné à travers une cour arrivèrent de tous côtés dans le village. Alors les combattants qui comptaient parmi eux un grand nombre de nouvelles levées, abandonnèrent cette partie du village, appelée grand Saint-Amand et se retirèrent derrière la rivière de Ligny. L’autre partie, le petit Saint-Amand, fut perdue à une deuxième attaque des Français.

    Aussitôt Napoléon dirigea ses coups sur le centre de bataille et fit attaquer le village de Ligny avec la plus grande opiniâtreté. Ce fut un des combats les plus acharnés dont parle l’histoire, dit le rapport même du général prussien. Ligny est considérable, bâti en pierres et s’étend tout le long de la rivière. Chaque maison, chaque jardin, chaque rue devint le théâtre d’une lutte acharnée. Cependant le village fut pris et repris plusieurs fois ; on y combattit cinq heures, tour à tour avançant et reculant. Et toujours de nouvelles troupes se succédaient des deux côtés sur le champ de bataille. En outre, plus de deux cents bouches d’artillerie écrasaient le village de leurs boulets de dessus les hauteurs ; de sorte qu’il fut bientôt en feu sur plusieurs points, et les toits, les solives et leurs murailles s’affaissaient, s’écroulaient avec un fracas horrible.

    Tandis que la bataille sévissait avec le plus de fureur et que Napoléon avait dégarni son aile gauche pour attaquer Ligny avec d’autant plus de vigueur, le feld-maréchal se mit lui-même à la tête de ses troupes et vint conduire l’attaque du village de Saint-Amand qu’il avait déjà perdu. Une portion du village fut emportée, et si Wellington ou Bulow avait été en état de l’aider dans ce moment, le feld-marechal faisant une vive attaque sur l’aile gauche des Français aurait pu décider la victoire.

    Mais la division anglaise qui devait arriver avait été si vigoureusement reçue par le maréchal Ney, aux Quatre-Bras, qu’à peine même put-elle se maintenir en présence, et Bulow avait été retardé dans sa marche par plusieurs accidents. De sorte que Blucher n’avait plus à compter que sur son propre courage.

    Déjà le jour tombait, et la bataille durait encore autour de Ligny, toujours aussi sanglante et toujours indécise. Tous les différents corps d’armée étaient aux prises, ou avaient déjà combattu ; il n’y avait plus de réserve. Tout à coup, un grand corps d’infanterie, la garde elle-même, qui avait tourné le village à la faveur de l’obscurité, vint tomber sur les Prussiens ; tandis que, d’un autre côté, les cuirassiers et les grenadiers de la garde attaquaient en même temps sur un autre point. C’était un moment critique. Alors le vieux général, sans songer à sa propre conservation, se mit à la tête des escadrons qui se trouvaient auprès de lui, et les conduisit lui-même à la rencontre des Français. Mais sa cavalerie, trop faible et trop légère pour percer à travers les escadrons français tout bardés de fer, fut culbutée, et le feld-maréchal lui-même eut son cheval percé d’une balle. Le coup, loin d’arrêter sa course, le jeta dans des mouvements convulsifs, et l’emporta avec d’autant plus de fureur, jusqu’à ce qu’il tomba tout d’un coup roide mort. Blucher se trouva lui-même étourdi par sa chute, et engagé sous son cheval.

    Les cuirassiers français étaient acharnés à la poursuite, et déjà les derniers cavaliers prussiens étaient loin derrière le feld-maréchal. Il n’avait auprès de lui que son fidèle aide de camp, le comte Nostitz qui, fidèle aux principes des anciens Germains, ne voulait pas survivre à son général. Il mit pied à terre, et chassa bien loin son cheval d’un grand coup, de crainte qu’il ne les fît découvrir. En effet, les ennemis, animés par la fureur, passèrent au galop et ne les aperçurent pas. Et quand, après cette charge, ils revinrent chassés à leur tour par les Prussiens, leurs escadrons vinrent encore caracoler autour d’eux ; mais alors enfin on retira à grand’peine le feld-maréchal de dessous son cheval.

    Il monta aussitôt sur un cheval de dragon, et revint en toute hâte avec les siens. L’infanterie prussienne signala son courage : quoique entourée de tous côtés, malgré l’obscurité qui toujours grossit le danger aux yeux des hommes, elle repoussa avec sang-froid toutes les attaques de la cavalerie toutes les fois qu’elle vint se jeter sur ses carrés, se retira lentement et les rangs serrés sur Tilly. L’armée s’arrêta à une demi-lieue du champ de bataille, et ne perdit que quinze pièces d’artillerie, engagées dans les mauvais pas à cause de l’obscurité.

    La bataille était perdue, mais elle n’était pas moins honorable ; car ce n’était pas l’armée entière qui avait combattu contre Napoléon, et la victoire fut si vivement disputée que le vainqueur se crut obligé de rappeler dix mille hommes de réserve qu’il avait d’abord voulu opposer à Wellington.

    Napoléon avait envoyé le maréchal Ney et son frère Jérôme vers Quatre-Bras, pour chasser l’ennemi de ce côté et couper tout à fait les deux armées l’une de l’autre. Wellington, dont toutes les troupes étaient dispersées, ne pouvait faire arriver ses bataillons que les uns après les autres sur les points menacés. Mais elles n’en combattaient pas moins avec courage : c’était le prince d’Orange avec ses Néerlandais, le prince Bernard de Weimar avec les Nassois, le général Picton avec les Anglais, et le général Alten avec les Hanovriens. Ils retardaient, à la vérité, la fureur des Français qui se précipitaient comme un torrent, mais ils ne pouvaient cependant les comprimer entièrement.

    Enfin arriva aussi le vaillant duc de Brunswick en présence de cet ennemi, qui déjà une fois lui avait ravi son héritage et comptait peut-être l’en dépouiller encore dans cette campagne. Le duc, à la tête de ses hussards noirs, se précipita sur les assaillants pour arrêter leurs progrès, et comme il ne voulait pas céder, il fit aussi avancer son infanterie contre eux. Mais c’est alors qu’il reçut une balle qui lui traversa la poitrine et le renversa de dessus son cheval. C’était un prince animé du plus pur amour de la patrie, qui ne tira jamais l’épée pour la France. L’honneur est attaché à son nom.

    Le combat continuait toujours avec la même fureur ; les Brunswickois cherchaient à venger le sang de leur duc dans celui des Français. Le prince d’Orange, qui se jeta témérairement à la tête d’un escadron néerlandais au milieu des rangs ennemis, fut emporté trop loin et entouré, mais le septième bataillon marcha vers lui et l’arracha du milieu des ennemis. Le prince, enthousiasmé, arracha la croix qu’il portait sur sa poitrine, et la jetant au milieu de ses fidèles guerriers : « Enfants, cria-t-il, vous l’avez tous méritée ! » Ils ramassèrent cette croix et l’attachèrent à leur drapeau.

    Tant de courage et un si grand mépris pour la mort ne devaient pas rester sans fruit : les Français se trouvèrent eux-mêmes pressés à leur tour, et alors Ney voulut faire avancer sa réserve de dix mille hommes. Mais ils n’étaient plus à sa disposition : Napoléon les avait fait venir sur Ligny, et le maréchal se vit forcé d’abandonner ses avantages et de se replier sur Frasne. Trois ou quatre mille hommes à peu près avaient été tués de chaque côté et du côté où combattit Napoléon, il y en avait bien douze à quinze mille. Et cependant tant de sang n’avait encore rien décidé !

     

     

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