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    Le 2 juin 1916 - La résistance héroïque du fort de Vaux dans EPHEMERIDE MILITAIRE Plaque-commémorative-150x150

    La résistance héroïque du fort de Vaux

    D’après « Guide illustré Michelin des champs de bataille » – 1921

     

    Au début de juin, les Allemands vont précipiter leurs attaques contre le fort de Vaux. Occupant le village, ils tiennent la tête du ravin du Bazil. Le plan va être de déborder le fort à la fois à l’ouest par les ravins et le bois Fumin et du sud-est par le ravin de la Horgne.

    Le 1er juin, devant Damloup, l’attaque échoue, mais au centre, le bombardement a broyé et enseveli en partie la 6e division française qui barre le ravin du Bazil. Déferlant dans le ravin, l’ennemi progresse dans le bois Fumin.

    Le 2 juin, Damloup perdu, l’ennemi s’infiltre par le ravin de la Horgne. Le fort, pilonné sous un déluge de 210, de 380, de 420, est menacé de 3 côtés à la fois. L’investissement se resserre, les survivants des tranchées voisines se réfugient dans le fort. Dans le retranchement à l’ouest du fort, une poignée de fantassins du 101e résistent jusqu’à la mort.

    Les Allemands s’organisent sur les flancs de la croupe et repoussent toutes les contre-attaques.

    Le 3 juin à l’aube, des pionniers allemands bondissent dans la brume et dans la fumée sans éveiller la vigilance des guetteurs du fort, s’emparent des coffres qui battent le fossé nord, descendent dans ce fossé à demi comblé, se glissent par les entonnoirs sur la super-structure du fort, y placent leurs mitrailleuses en batterie.

    Depuis le mois de mars, le fort et ses abords n’avaient pas reçu moins de 8 000 obus de gros calibre par jour. Le commandant Raynal, qui commande le fort, est enfermé sous terre avec ses hommes. La garnison, régulièrement composée de la 6e compagnie, d’une compagnie de mitrailleuse du 142e et d’une quarantaine d’artilleurs et sapeurs, s’est augmentée de deux compagnies du 142e, d’une compagnie du 101e et d’une compagnie de mitrailleuses du 53e qui s’y sont réfugiées.

    Pour économiser les vivres et l’eau, le commandant Raynal ordonne aux contingents en excédent de sortir du fort. Dans la nuit du 4 au 5, un premier détachement du 142e s’évade sous la direction de l’aspirant Buffet, qui reviendra au fort, le 5 au soir, pour y porter des ordres. Dans la nuit du 5 au 6, une centaine d’hommes encore peuvent s’échapper. Bientôt le fort ne peut communiquer avec les lignes que par pigeons et signaux optiques.

    Le 4 après-midi, le dernier pigeon est lâché. Le 5 au matin, grâce au dévouement de deux signaleurs, les communications se maintiennent encore.

    Le 5 au soir, le commandant Raynal envoie le dernier message qu’on ait pu comprendre entièrement, et dont la fin disait : « Nous arrivons aux bornes, gradés et soldats ont fait leur devoir. Vive la France ! ». Le fort résiste toujours et refuse de se rendre.

    Dans la nuit du 6 au 7, des renforts essayent de le dégager, parviennent au fossé, mais se replient après avoir perdu la plupart de leurs cadres.

    Les Allemands, qui ont pris pied dans les ruines de l’étage supérieur, ne peuvent chasser les Français des coffres à canons et à mitrailleuses, qu’en y faisant descendre à bout de cordes des paniers de grenades à fusée retardée, qu’en y lançant des jets de flammes et des fumées asphyxiantes.

    Refoulés dans les couloirs souterrains, les défenseurs se battent encore à la grenade ou à la baïonnette. Des explosions déchirantes font sauter les barrages de sacs de terre qui obstruent les couloirs. L’assaillant butte à chaque tournant sur des mitrailleuses ou des grenadiers.

    Le capitaine Tabourot, qui défendait la porte nord-est, agonise. Le poste de secours est une géhenne où cent blessés brûlent de soif dans les puantes ténèbres de quintets au pétrole. L’eau manque. L’infection augmente, l’atmosphère de fumée et de gaz devient irrespirable. Le 7, à 3h50, le fort parle encore, on déchiffre seulement les mots : « … à toute extrémité… Vive la France ! ».

    Le 8 au matin, le 2e régiment de zouaves et le régiment colonial du Maroc font un dernier effort pour secourir les assiégés ; ils parviennent aux abords du fort, d’où d’épaisses fumées noires s’échappent à la suite d’une forte explosion dans une casemate. Soumis aux feux des mitrailleuses ennemies installées sur la super-structure du fort, attaqués par des renforts incessants, ils ne peuvent se maintenir.

    Le 8 à 16 heures, le radio allemand apprend que tout est fini, les défenseurs obstinés du fort ont été pris de vive force. Ceux d’entre eux qui n’étaient pas blessés n’avaient pas bu une goutte d’eau depuis deux jours.

    Forçant l’admiration de l’ennemi, le commandant Raynal garde son épée en captivité et ses héros bénéficient d’un traitement de faveur.

    Cinq mois plus tard, le 2 novembre, après la victoire de Douaumont, les Allemands évacuent précipitamment le fort.

     

     

     

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