Restez à jour: Articles | Commentaires

  • Le 29 mai 1692 - La bataille de la Hougue dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-la-Hougue-150x150

    La bataille de la Hougue

    D’après « Histoire générale de la France » – Abel Hugo -1843

     

    Le roi de France Louis XIV, malgré la lutte qu’il soutenait alors contre toute l’Europe, persista dans le dessein de replacer le roi d’Angleterre sur son trône. Un corps de débarquement de 20 000 hommes fut réuni entre Cherbourg et La Hogue, afin d’appuyer les efforts des partisans de Jacques II. Ce corps, transporté par trois cents navires de charge, devait être protégé, lorsque toutes les réunions des escadres françaises seraient effectuées, par une flotte de soixante-cinq vaisseaux de guerre.

    Une partie de ces vaisseaux était dans la Méditerranée. Les vents et les tempêtes l’empêchèrent de joindre à temps, et la protection que l’on s’était promis de donner aux troupes irlandaises, rassemblées dans le Cotentin, se réduisit à quarante-quatre vaisseaux, commandés, à la vérité, par le vice-amiral Tourville.

    Jacques II avait ou croyait avoir sur la flotte anglaise, aux ordres de l’amiral Russell, des intelligences qui lui conseillaient de la faire attaquer avant sa jonction avec les Hollandais. Ce fut le motif qui fit donner par Louis XIV à Tourville l’ordre de sortir en hâte de Brest et d’aborder l’ennemi, quelle que fût sa force. On n’avait pas prévu le cas de la réunion effectuée des deux flottes ennemies. Aussitôt que le roi en eut connaissance, et dès qu’il sut que la force de la flotte combinée était double de celle de Tourville, il lui envoya un contre-ordre, qui malheureusement n’arriva pas à temps.

    La flotte française rencontra, le 29 mai 1692, la flotte anglo-hollandaise sur les côtes de la Normandie, près du cap de la Hougue, et à quelques lieues des rochers du Calvados.

    Tourville, qui avait l’ordre de combattre, attaqua le premier. Peu de mois auparavant, le ministre Seignelay lui avait reproché de n’avoir pas osé (en 1690) aller brûler les vaisseaux anglais dans leurs ports, après la défaite de leur flotte. Tourville avait paru regarder ce reproche comme un soupçon desa bravoure. « Vous ne m’avez pas entendu, répliqua Seignelay, il y a des hommes qui sont braves de cœur et poltrons de tête. Néanmoins, Tourville voulut prouver qu’il était brave de tête et de cœur, et crut en trouver l’occasion à La Hogue.

    Quoiqu’au service de Guillaume, lord Russell, comme la plupart des seigneurs anglais de ce temps, entretenait une correspondance secrète avec Jacques II. Il avait, dit-on, avec Marlborough et plusieurs chefs du parti populaire, formé le projet de rétablir Jacques sur le trône d’Angleterre, en lui imposant des conditions encore plus dures que celles qu’ils avaient forcé le prince d’Orange à accepter. Il avait écrit à Jacques « de remettre le débarquement projeté a l’hiver suivant, et surtout d’éviter que la flotte française attaquât la flotte réunie sous ses ordres, car, dans ce cas, il lui serait impossible de sacrifier à aucun intérêt quel qu’il fût l’honneur du pavillon a britannique ». Jacques, qui avait d’autres intelligences dans la flotte, ne fut pas arrêté par ces conseils de l’amiral anglais.

    Des historiens ont prétendu que Russell, voyant qu’on le forçait à combattre, déconcerta ces intelligences, en changeant les capitaines suspects, la veille de l’action. Dalrymple, dans ses Mémoires de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, rapporte, au contraire, que ce conseil fut donné au prince d’Orange, mais que ce prince habile rit écrire par la reine à lord Russell « qu’on avait cherché à lui donner des soupçons sur la fidélité de plusieurs officiers de sa flotte, et proposé de les changer, mais qu’elle ne ferait aucun changement, regardant ces imputations comme une calomnie de ses ennemis et des leurs ». Russell lut publiquement cette lettre à ses capitaines réunis, et tous jurèrent de mourir pour leur reine et pour leur patrie.

    Tourville, entraîné par ses instructions, qu’il croyait absolues, se détermina, malgré le désavantage du nombre et du vent, au combat le plus inégal. Il commença et soutint son attaque avec une résolution qui étonna l’ennemi. Le premier, il lâcha sa bordée à l’amiral anglais, et l’action, ainsi engagée à dix heures du matin, ne cessa entièrement qu’à dix heures du soir. Malgré la longueur du combat et une supériorité de nombre qui permit aux Anglais de doubler la ligne des vaisseaux français, aucun de ces vaisseaux n’amena son pavillon, aucun ne fut mis hors de combat. Plusieurs eurent à lutter pendant longtemps contre trois à quatre vaisseaux ennemis à la fois.

    Le Soleil Royal, où se trouvait Tourville, se distingua par son opiniâtre résistance, et les Anglais, dans l’impossibilité de le réduire, dirigèrent contre lui six brûlots, qu’il eut le bonheur d’éviter ou d’écarter successivement. Après ces efforts inutiles, les vaisseaux anglais, qui avaient doublé la ligne française, rejoignirent leur flotte en passant dans les intervalles de nos vaisseaux, dont ils essuyèrent toute la bordée. Cet acte audacieux fut le dernier de ce combat naval, glorieux pour la France, en ce qu’il parut indécis jusqu’au moment de la retraite.

    Cette retraite seule décela l’avantage réel obtenu par les Anglais. Les vaisseaux français, inégalement maltraités, se dispersèrent pour gagner isolément divers ports de la Normandie et de la Bretagne. Treize de ces vaisseaux, au nombre desquels se trouvait celui de Tourviile et dont la marche était ralentie par de nombreuses avaries, pressés par l’ennemi, se virent contraints de relâcher dans les ports sans défense de La Hogue et de Cherbourg, où les Anglais, victorieux, les brûlèrent à la vue du camp des troupes irlandaises, et sous les yeux du roi Jacques lui-même, qui, du sommet des hauteurs de La Hogue, avait été témoin du combat.

    Jacques II avait demandé à combattre sur un des vaisseaux de la flotte française. Cependant plusieurs auteurs ont répété que, n’écoutant que l’amour propre national, et oubliant ses intérêts personnels, il s’était écrié, en voyant combattre ces mêmes marins avec lesquels il avait, lorsqu’il n’était encore que duc d’York, livré de glorieux combats : « Bravo ! mes braves Anglais ».

    Quel qu’ait pu être dans cette longue lutte le courage des Anglais, il semble que Jacques eût dû être plus surpris encore de la bravoure des Français, qui combattaient contre des forces doubles.

    Mais un fait beaucoup plus avéré que ce propos douteux est la lettre que l’ex-roi d’Angleterre écrivit à Louis XIV aussitôt après ce désastre : « Ma mauvaise étoile, lui dit-il, fait sentir son influence sur les armes de Votre Majesté, toujours victorieuses jusqu’à ce qu’elles aient combattu pour moi ; je vous supplie donc de ne plus prendre aucun intérêt à un prince aussi malheureux, mais de me permettre de me retirer avec ma famille dans quelque coin du monde, où je ne puisse plus être un obstacle au cours ordinaire des prospérités et des conquêtes de Votre Majesté ».

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso