• Le 9 mai 1800 - La bataille de Biberach dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-Biberach-150x150

     La bataille de Biberach

    D’après « Dictionnaire historique des batailles, siéges, et combats de terre et de mer
    qui ont eu lieu pendant la révolution française » – 1818

     

    Le cabinet de Vienne avait profité de l’absence de Buonaparte, qui était en Egypte, pour reprendre son ancienne domination en Italie et en Allemagne. Mais Buonaparte, à son retour d’Egypte, placé à la tête du gouvernement, en qualité de premier consul de la nation française, réorganise ses armées, qui s’étaient ressenties de son éloignement. Son imagination le reporte encore vers l’Italie ; il se repaît des souvenirs glorieux dont il pense à ramener les instants ; il en médite de nouveau la conquête d’un côté, tandis que d’un autre ses généraux entraient en Allemagne.

    Déjà les impériaux avaient été vaincus à Engen et à Moëskirk par l’armée du Rhin. Ces deux batailles sanglantes avaient donné l’idée que le général Kray se retirerait derrière l’Iller. Cependant, on le vit se porter, par des marches forcées, sur les hauteurs en avant de la Riss.

    Le lieutenant-géneral Lecourbe marcha sur l’Atrachi le 9 mai 1800. Il dirigea la droite à la hauteur de Lenkirk, le centre à Welishoffen et Arnach, et la gauche était portée à Wurtzach. La réserve se dirigeait sur Biberach, par la route de Pfullendorff, tandis que le lieutenant-général Saint-Cyr s’y rendait également en suivant la route de Buchau, avec les deux divisions Baraguay-d’Hilliers et Thurreau. La première division fut rencontrée par l’ennemi, on en vint aux mains. Mais ces combats légers ne retardèrent presque point sa marche.

    Les impériaux, forts de dix bataillons, virent arriver à eux, devant les hauteurs qu’ils occupaient, les deux divisions françaises. L’ennemi avait, sur cette position, quinze pièces d’artillerie, et un corps nombreux de cavalerie. Le général Kray avait placé le reste de son armée en arrière de Biberach ; le grand ravin, formé par la rivière de la Riss, couvrait le front de ses troupes.

    A peine arrivés en présence, les bataillons du général Saint-Cyr se précipitent avec une telle impétuosité sur les Autrichiens qui occupaient les hauteurs, que du premier choc, ceux-ci furent culbutés dans le ravin, et que, bien loin de chercher à se remettre dans leurs lignes pour résister, ils jetèrent en partie leurs armes.

    Le général Kray se hâta d’envoyer des secours assez puissans pour protéger la retraite ou plutôt la déroute des siens. Il fit aussi diriger son peu d’artillerie dans la même intention ; on aurait sans cela fait un grand nombre de prisonniers sur ce point. L’ennemi avait aussi été rencontré par le général Richepanse, dans la direction de Pleinhaiss, à un myriamètre de Biberach. Il s’était avancé en combattant toujours depuis Indelfingen, et à peine il arrivait sur les hauteurs en-deçà de Biberach, que le général Saint-Cyr, à la tête de ses troupes, pénétrait dans la ville.

    Bien que les impériaux occupassent un plateau en arrière de la ville, et eussent une artillerie considérable et un corps nombreux, le général Richepanse résolut de les attaquer. La situation des rives de la Riss est peu favorable aux marches : elle est encaissée dans un terrain bourbeux, et bordée par des marécages. Et c’est sur ce point que l’artillerie ennemie vomissait ses boulets et sa mitraille. Cette grêle n’effraya point les troupes françaises, et la Riss fut traversée par l’infanterie, ayant de l’eau jusqu’à la ceinture. Les hussards du 5e régiment la suivirent : ils eurent de la peine. Mais le terrain était devenu trop mou, et il fut ordonné à deux régimens de cavalerie d’aller au galop traverser la Riss à Biberach, et, comme il se portait directement sur Memmingen, Richepanse leur prescrivit de prendre ensuite le chemin de cette ville.

    D’après ces dispositions, dont l’exécution ne laissa rien à désirer, les hauteurs furent gravies la baïonnette en avant par les généraux Digonet et Durut. Au moment de leur arrivée, la cavalerie débouchait sur la route de Memmingen ; alors les Autrichiens furent chargés par la division entière qui les accabla, qui les battit avec cette impétuosité que les Français portent dans toutes les attaques. On vit les impériaux, loin de pouvoir résister, abandonner précipitamment le champ de bataille, couvert de morts et de blessés.

    Cependant un débris de l’armée était encore sur le prolongement du plateau qui se dirige vers Mitembach, et, tandis que Digonet et Durut venaient de battre les Autrichiens auprès de Biberach, le général Saint-Cyr ordonna d’attaquer ce reste sur le plateau, qui n’a qu’un seul débouché pour y arriver, ce qui rendait, au premier coup-d’œil, cette position inexpugnable.

    Mais l’intelligence du général Saint-Cyr, égale à sa valeur, vainquit bientôt ces difficultés locales. Les dispositions furent si bien prises, et l’attaque fut exécutée avec tant de vigueur, que les impériaux à peine se défendirent, et que la déroute fut bientôt dans leurs rangs ; ils finirent par laisser le champ de bataille aux Français.

    On vit, dans cette brillante journée, toutes les armes se distinguer. Elle coûta quatre mille hommes aux Autrichiens, dont deux mille prisonniers. On trouva aussi dans Biberach des magasins immenses. Ce jour fut marqué par une quantité d’actions d’éclat : l’ennemi fut repoussé avec une grande valeur par le général de Billi, qui eut un cheval tué sous lui ; il ne cessa point pour cela de combattre. On remarqua particulièrement le lieutenant de hussards Elbéniski, qui fut toujours dans le fort de la mêlée, reçut dix blessures, et eut trois chevaux tués sous lui.

     

     

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