• Le 10 mai 1940 - La bataille de France dans EPHEMERIDE MILITAIRE Forces-en-précence-au-10-mai-1940-150x150

    La bataille de France

    D’après l’encyclopédie « La France contemporaine » – 1971

     

    10 mai – 18 juin 1940… Entre ces deux dates, six semaines se sont écoulées, six semaines qui ont laissé dans la mémoire des Français tout un cortège d’images héroïques et de visions de cauchemar.

    Six semaines pendant lesquelles ils ont connu la peur, la honte, le désespoir. Six semaines qui se sont achevées par la défaite de nos armes, l’écrasement du pays sous la botte nazie, mais aussi sur un cri d’espoir lancé depuis Londres.

    A l’aube du 10 mai, le fracas des bombes allemandes réveille l’armée française engourdie par de longs mois de la « drôle de guerre ». Soudain, la France se trouve plongée dans un vrai conflit, un conflit moderne où blindés et parachutiste allemands forcent les défenses d’un élan fulgurant et pulvérisent toute résistance.

     

    Le 10 mai 1940, à Vincennes, sur le coup de sept heures du matin, le général Gamelin se montre de joyeuse humeur. Du fond de sa « thébaïde », le généralissime a, selon toute apparence, loisir d’être satisfait.

    Le fracas des chenilles des Panzer sur les pavés des routes belges, luxembourgeoises et hollandaises montre que les Allemands, par manque d’imagination, se contentent de rééditer le plan Schlieffen de 1914. Avec la manœuvre Dyle-Breda, amoureusement fignolée pendant l’hiver, ils vont se heurter à une réplique appropriée…

    Le simple énoncé du rapport des forces semble encore justifier l’optimisme de Gamelin. Sur le seul théâtre d’opérations du nord-est, le généralissime dispose de 114 divisions dont 6 de réserve. En cas de nécessité, rien ne l’empêche d’effectuer des prélèvements sur les 16 grandes unités stationnées sur les Alpes ou en Afrique du Nord. Enfin, l’attaque allemande aux Pays-Bas et en Belgique nous assure le contact immédiat d’une vingtaine de divisions belges et d’une douzaine de grandes formations hollandaises. Au total, pour répondre au premier choc, les Alliés alignent 146 divisions alors que les Allemands n’en disposent que de 105, dont 16 en deuxième échelon.

    En ce qui concerne le matériel, l’optimisme parait également de rigueur. L’armée française a hérité de la guerre 1914-1918 une artillerie abondante, nettement supérieure à celle de l’adversaire. Dans le domaine des blindés, les Alliés peuvent jeter dans la bataille plus de 2700 chars modernes, sans compter plusieurs centaines d’engins anciens, alors que les Allemands ne disposent que de 2683 chars.

    D’ailleurs, Gamelin estime que le rôle de l’aviation sera un « feu de paille ». Français et Britanniques mettent en ligne plus de 1100 chasseurs contre 1375 pour l’adversaire et ils disposent les uns comme les autres de puissantes réserves.

    Dans le domaine de la reconnaissance et de l’observation, les Alliés disposent même d’une marge de supériorité confortable. Le seul point faible est l’aviation de bombardement : 500 appareils contre 1350 allemands…

    Malgré tout, la belle humeur de Gamelin s’assombrirait si le général connaissait la nature exacte du dispositif allemand. Le carrousel mené en Belgique et en Hollande par les stukas, les Panzer et les parachutistes relève de « l’intoxication » et dissimule un plan qui n’a rien à voir avec celui du grand ancêtre de 1914. Le groupe d’armées B de von Bock engagé au nord de Liège ne dispose que de 23 divisions d’infanterie, appuyées par 3 Panzer et une division motorisée. En face, il va rencontrer 32 divisions belges et hollandaises et le fer de lance des forces franco-britanniques avec 26 divisions et 3 D.L.M. (Divisions Légères Mécaniques).

    Quant au groupe d’armée A de von Runstedt massé le long de la frontière belge jusqu’au Luxembourg, il n’aligne pas moins de 50 divisions d’infanterie, 7 Panzer et 3 divisions motorisées. Cette masse imposante ne doit rencontrer que 11 divisions d’infanterie et 4 divisions légères de cavalerie. Enfin, du Luxembourg à la frontière suisse, le groupe d’armée C de von Leeb a la tâche délicate de fixer avec 20 divisions les 40 grandes unités du groupe d’armée Pretelat qui s’affirment sur la ligne Maginot.

    Ainsi le dispositif français recèle une inquiétante faiblesse au centre, à l’endroit où l’ennemi a massé plus de la moitié de son infanterie et les trois quarts de ses moyens blindés.

    Par ailleurs, une armée est un organisme vivant ; à la structure, à l’anatomie répondent le fonctionnement, la physiologie.

    C’est ainsi que les chars français, lents et au rayon d’action limité, sont dispersés en une trentaine de bataillons au profit des corps d’armée et que les trois D.L.M et les trois divisions cuirassées ne soutiennent pas la comparaison avec les divisions blindées allemandes.

    Les Panzer intègrent la totalité des chars. Avec leurs régiments d’infanterie montés sur véhicules tout terrain, leur D.C.A., leur artillerie, les éléments de génie et les services, elles constituent de petites armées indépendantes capables de se déplacer dans toutes les directions.

    Dans le domaine aérien, la dispersion domine encore, alors que les appareils allemands sont groupés en deux puissantes flottes aériennes capables d’impressionnantes concentrations sur des secteurs déterminés.

    Ainsi nulle part, les forces alliées, uniquement préparées à une bataille défensive rigide, ne sont capables de faire masse et de foncer. C’est le triomphe de l’éparpillement et de la dilution. Bien d’autres lacunes insurmontables vont encore se révéler au cours de l’action : absence de D.C.A. légère, insuffisance des transports, transmissions à peine améliorées depuis 1918.

    L’euphorie du général Gamelin sera de courte durée. En moins de trois jours, deux surprises de taille vont s’abattre sur l’armée française. Surprise stratégique d’abord, avec la manœuvre de l’Ardenne. Surprise tactique enfin, avec la révélation des possibilités matérielles et psychologiques du tandem char-avion.

     

     

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