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    Le combat de Roqueluche

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français »
    Charles Théodore Beauvais de Préau – 1854

     

    Depuis le glorieux combat du camp des Sans-Culottes, l’armée des Pyrénées-Occidentales était restée dans un repos que les Espagnols n’avaient point osé troubler. La succession rapide des généraux envoyés pour la commander avait peut-être contribué, plus que toute autre cause, à l’inaction de cette armée.

    Le général Fregeville avait été remplacé par Dubouquet, qui le fut bientôt lui-même par un autre général, auquel succéda presque aussitôt le général Manco, récemment promu au grade de divisionnaire. L’armée ne s’élevait point, à cette époque, au-delà de 12 à 15 000 hommes.

    Une division occupait, aux environs de Saint-Jean-Pied-de-Port, les postes de Blanc-Pignon, d’Arneguy et d’Iramenaca. Les Espagnols, supérieurs en nombre, après avoir, à différentes reprises, harcelé les Français pour les attirer dans la plaine et les engager à un combat décisif, se déterminèrent à les attaquer dans leurs positions.

    Le poste d’Arneguy, assailli le premier, n’était défendu que par deux compagnies de chasseurs basques. Trop faibles pour résister à un ennemi nombreux, les Basques se replient sur le rocher d’Arola. Favorisés par l’avantage du terrain, ils soutiennent, dans ce nouveau poste, le choc des Espagnols avec leur valeur accoutumée ; cependant la crainte d’être tourné engage le commandant des deux compagnies à se retirer encore sur le poste de Roque-Luche.

    Une autre colonne ennemie, forte de 4 000 hommes d’infanterie et de 150 chevaux, avec une pièce de six et un obusier, se présente à la descente de Blanc-Pignon, et se met en bataille sur la crête des hauteurs de Roque-Luche. Après une fusillade assez vive, les Français sortent de leurs retranchements, et marchent sur les Espagnols, au pas de charge et la baïonnette en avant. Les Espagnols, étonnés de ce mouvement offensif, se défendent en hésitant. Ils sont bientôt repoussés et mis en déroute. Manco, qui se trouvait au poste de Blanc-Pignon, fait poursuivre l’ennemi avec vigueur, et lui tue beaucoup de traineurs.

    Une troisième colonne espagnole, dans les rangs de laquelle on comptait un grand nombre d’émigrés basques et autres, descendue des Aldudes, vient attaquer le poste d’Iramenaca, où les Français se défendent avec courage ; mais bientôt, ils sont forcés d’évacuer ce poste pour se replier sur ce même rocher d’Arola, où les Basques venaient de donner des preuves de leur valeur.

    Cette position eût peut-être encore été forcée par les Espagnols, si l’adjudant général Harispe ne fût accouru à la tête de 400 hommes. Prenant les Espagnols à dos, Harispe les obligea à une retraite précipitée, et à laisser sur le terrain un grand nombre de morts et de blessés. On compta quatre-vingts émigrés tués dans cette dernière affaire ; dix-sept furent faits prisonniers, et, d’après les ordres sévères de la Convention, ces malheureux Français portèrent, le lendemain, leur tête sur l’échafaud. Les républicains restèrent ainsi maîtres de leurs positions, après avoir donné, dans ces différentes affaires, de nouvelles preuves de leur intrépidité.

    Huit tirailleurs basques osèrent affronter, sur une hauteur, une colonne ennemie de 6 à 700 hommes, sans examiner s’ils étaient eux-mêmes soutenus, et l’empêchèrent de déboucher sur le point qu’elle voulait attaquer. Un vieillard basque, qui avait perdu ses armes dans le combat, aperçoit un Espagnol qui allait s’élancer sur lui ; il le terrasse d’un coup de pierre, s’empare de son fusil et de son sabre, et le tue. Le même soldat avait fait, dans une action précédente, deux prisonniers de sa main.

     

     

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