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  • 16 avril 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 12 avril 1782 - Le combat de la Dominique dans EPHEMERIDE MILITAIRE Le-combat-de-la-Dominique-150x150

    Le combat de la Dominique

    D’après « Revue de Bretagne et de Vendée » – 1864

     

    Dans les premiers jours d’avril 1782, deux flottes formidables sillonnaient la mer des grandes Antilles.

    L’une, sous les ordres de l’amiral Rodney, comptait au moins trente-sept vaisseaux de guerre. La flotte française, sous les ordres du comte de Grasse, ne présentait que trente vaisseaux, divisés en trois escadres : la première commandée par l’amiral ; la deuxième par le marquis de Vaudreuil, dite escadre blanche ; la troisième, dite escadre bleue, commandée par M. de Bougainville.

    Le 12 avril 1782, au lever du soleil, les deux flottes se trouvèrent en vue, près la Dominique, entre la Martinique et la Guadeloupe ; la flotte anglaise formait une masse compacte. Ses vaisseaux, également doublés de cuivre, marchaient ensemble. Les vaisseaux français, partie doublés de cuivre et partie doublés de bois sur vieilles carènes, étaient d’une vitesse inégale. Ils marchaient en désordre et à grandes distances, vent arrière.

    Le vaisseau le Zélé, capitaine de Préville, ne pouvant suivre, était remorqué par la frégate l’Astrée. L’amiral de Grasse, soit qu’il ne voulût pas faire le sacrifice du Zélé, soit qu’il n’espérât pas éviter le combat même en prenant de la voile, donna le signal pour rallier sa flotte.

    Mais Rodney, qui s’était vanté de battre les Français à la première rencontre, ne lui en laissa pas le temps. Il fit immédiatement avancer ses vaisseaux sur deux lignes, parallèles à l’arrière-garde de la flotte française, et la mit ainsi entre deux feux. Pendant que l’avant-garde, contrariée par le vent, opérait difficilement son mouvement de retour, le vaisseau amiral, la Ville de Paris, devint le centre du combat le plus acharné.

    Il y eut entre ces citadelles flottantes un tel assaut d’habiles manœuvres et de bravoure, que la canonnade ne dura pas moins de onze heures, pendant lesquelles les trois escadres prirent part au combat. On distingua la Bourgogne, capitaine de Charette, pour sa vigoureuse résistance. Enfin, la Ville de Paris, démâtée, sans manœuvres, sans voiles, désespérant de se dégager malgré ses nombreuses embardées, fut réduite à amener son pavillon au fier Rodney.

    Alors Vaudreuil, ne jugeant pas à propos de continuer une lutte si funeste, hissa le pavillon d’amiral, fit force de voiles et ramena à Saint-Domingue le reste de la flotte, pour y réparer ses avaries. Sept vaisseaux de l’escadre de l’amiral qui, toute la journée, avaient tenu au périlleux honneur de combattre dans les eaux de la Ville de Paris et de la défendre, tombèrent tout fracassés au pouvoir du vainqueur. Parmi ces vaillants capitaines, qui avaient poussé le devoir jusqu’à l’héroïsme, se trouvait le chevalier des Touches.

    Les Anglais avaient eu dans cette affaire la supériorité du nombre, l’avantage de la qualité des vaisseaux et d’armes dégréantes, d’invention inconnue aux Français. Malgré cela, ils furent eux-mêmes si maltraités qu’ils ne songèrent qu’à rentrer dans leurs ports et ne tirèrent pas le moindre bénéfice de leur victoire.

    Ce revers inattendu fit éclater en France une vive douleur et un généreux élan de patriotisme. Les grands corps de l’Etat et les particuliers offrirent à l’envi des contributions volontaires pour réparer le désastre, délivrer nos marins et prendre une revanche. Mais la tendance des esprits était à la paix.

    Après une alternative de succès et de revers partiels, un traité fut signé en janvier 1783. La guerre avait atteint son but ; la souveraineté et l’indépendance des Etats-Unis de l’Amérique furent officiellement reconnues par les parties belligérantes.

    Dès le mois de juin 1782, les prisonniers du combat de la Dominique étaient rentrés dans leur patrie. Les vainqueurs avaient rendu justice à la bravoure des vaincus ; en France il n’en fut pas ainsi.

    Le général comte de Grasse, accusé dans le public d’avoir perdu la bataille par sa faute, sollicita et obtint un conseil de guerre extraordinaire à Lorient, pour y faire juger sa conduite par un tribunal compétent.

    Des mémoires contradictoires furent produits par le comte de Grasse et par le marquis de Vaudreuil. Le comte de Grasse, pour se justifier, accusait tous les officiers de la flotte, et en particulier Vaudreuil, de l’avoir abandonné. Le conseil de guerre acquitta le comte de Grasse, sans infliger de blâme à Vaudreuil.

    Après la rentrée des flottes dans les ports français, Louis XVI décerna à sa vaillante marine les récompenses qu’elle avait si bien méritées. Le marquis de Vaudreuil fut élevé au grade de lieutenant général des armées navales du roi ; le comte de Grasse eut l’honneur de recevoir de la main du roi le cordon rouge de grand’ croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et le grade officiel de chef d’escadre.

     

     

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