• 11 avril 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 8 avril 1799 - Le combat de Nazareth ou de Loubi dans EPHEMERIDE MILITAIRE Le-combat-de-Nazareth-150x150

     

    Le combat de Nazareth ou de Loubi

    D’après « La France militaire » – Abel Hugo – 1838

    Murat s’était trop hâté de s’éloigner du lac de Tibériade. Il existait en effet un fort rassemblement vers le point qu’il avait été chargé d’explorer, et on ne tarda pas à reconnaître le tort qu’il avait eu d’abandonner le pont de Jacoub. Le jour même où ce général rentrait au camp d’Acre, les troupes du pacha de Damas passèrent le Jourdain sur ce pont et sur celui d’El-Medjameh, et prirent position à Tabarich.

    Junot, d’après les ordres du général en chef, avait occupé Nazareth le 6 avril, et avait poussé sur la route de Damas une reconnaissance de 70 cavaliers druscs aux ordres d’Abbar-Daher. Arrivé dans la plaine qui sépare les moatagnes de Naplouse de celles de Nazareth, Daher aperçut une avant-garde turque, composée d’environ 500 chevaux. Trop faible pour l’attaquer, il se jeta dans les montagnes, et rendit compte à Junot de la rencontre qu’il avait faite et de la position qu’il avait prise.

    Junot reçut cette nouvelle le 8 avril. Il partit aussitôt de Nazareth avec 300 hommes d’infanterie (150 grenadiers de la 19e de ligne et 150 carabiniers de la 2e légère) commandés par le chef de brigade Desnoyers, et 100 dragons commandés par Duvivier, chef de brigade du 14e régiment. En route, il fut rejoint par Daher et par quelques cavaliers druses. A Cana, le Cheik du village l’engagea à ne pas avancer plus loin, parce que l’ennemi occupait la plaine au nombre de 2 ou 3000 chevaux. Cet avis ne changea pas la résolution de Junot.

    Avant de partir de Nazareth, il avait annoncé au général en chef la présence des troupes de Damas, et son dessein de marcher à leur rencontre en attendant l’arrivée des secours qu’il sollicitait.

    Arrivé au débouché de la vallée de Cana à Loubi, il vit en effet plusieurs milliers de cavaliers arabes, caracolant dans la plaine qui se trouve entre le village de Loubi et le Mont-Thabor. Après avoir reconnu l’ennemi, il plaça son infanterie en bataille sur quatre rangs, la cavalerie à gauche, faisant face au Mont Thabor, et se disposa à s’avancer dans cet ordre à travers la plaine, pour tourner la montagne, et pour s’assurer s’il n’existait point derrière le Mont-Thabor quelque réserve ennemie.

    Au moment où il allait commencer son mouvement, il aperçut derrière lui, débouchant du village de Loubi, un corps de cavalerie (Mamelucks, Turcs et Maugrabins) fort de 2000 hommes au moins, et marchant, contre la coutume des Orientaux, au petit pas et en bon ordre. Jugeant que l’attaque de ce corps pourrait seule être dangereuse, il fit quelques changements a ses premières dispositions. Sa cavalerie passa de la gauche à la droite, les trois derniers rangs de l’infanterie firent demi-tour. Le terrain que venait de quitter la cavalerie fut occupé par un détachement de grenadiers, placé en potence, de manière à flanquer le nouveau front présenté à l’ennemi.

    Le général recommanda à ses soldats un silence absolu, afin que pendant le combat tous les commandements fussent bien compris. La circonstance était critique. Néanmoins, la confiance et l’intrépidité se montraient sur tous les visages. Les ennemis s’approchaient, comptant n’éprouver qu’une faible résistance de la part de cette poignée d’hommes qu’ils supposaient immobiles de terreur. Mais arrivés jusqu’à portée de pistolet sans essuyer aucun feu, ils furent accueillis tout à coup par une décharge meurtrière qui leur tua 300 hommes. Les autres, déconcertés, se retirèrent à quelque distance.

    Junot profita de la surprise de ses nombreux adversaires pour faire recharger les armes, resserrer les rangs et reformer sa cavalerie, qui, ne pouvant opposer à l’ennemi un feu aussi redoutable que celui de l’infanterie, avait reçu le choc des cavaliers turcs. Revenus de leur étonnement et forts de leur supériorité, ceux-ci ne tardèrent pas à recommencer l’attaque. En les voyant s’ébranler, Junot rappela à ses grenadiers et à ses carabiniers que leur sang-froid venait de les sauver, et leur recommanda la même fermeté. L’exhortation était inutile ! Les Damasquins furent reçus avec une égale intrépidité et perdirent 200 hommes.

    Dans cette seconde charge, un sous-officier du 3e dragons attaqua un cavalier ennemi, qui portait un étendart et qui se défendit vaillamment. Les deux guerriers restèrent pendant plusieurs minutes luttant corps à corps, l’un pour enlever l’étendart, et l’autre pour le conserver. Pendant cette lutte, leurs chevaux s’abattirent, mais les cavaliers ne quittèrent pas leur selle. Enfin, plus leste et moins gêné dans ses vêtements, le Français dégagea sa main droite, passa son sabre au travers du corps du Mameluck, et lui arracha ainsi, à la fois, sa vie et son drapeau.

    Ensuite, et comme d’un commun accord, les deux partis se retirèrent chacun de leur côté. Seulement une centaine des plus hardis de la troupe ennemie ne suivit point le gros de leurs camarades, et revint escarmoucher, au moment où Junot commençait lui-même, dans l’ordre le plus parfait, son mouvement de retraite.

    Alors plusieurs carabiniers de la 2e légère s’élancèrent hors des rangs pour combattre corps à corps avec les cavaliers ennemis. Il y eut ainsi sept ou huit engagements partiels, dans lesquels les Turcs ou les Mamelucks furent toujours vaincus. Pendant ces divers combats, les autres restaient spectateurs.

    Junot s’était écarté de son infanterie, pour voir de plus près la lutte de ses intrépides carabiniers avec les cavaliers ennemis. Deux Turcs, reconnaissant le général à son panache et à ses marques dislinctives, se précipitèrent ensemble sur lui. Junot, d’un coup de pistolet, renvirsa le premier, et assénant un coup de sabre sur la tête du second, l’obligea à prendre la fuite.

    Le combat avait duré depuis neuf heures du matin jusqu’à deux heures. Junot n’opéra sa retraite qu’après avoir fait construire un brancard pour emporter un carabinier atteint d’un coup de feu à la cuisse. Les chefs de brigade, Duvivier et Desnoyers, se distinguèrent particulièrement dans cette brillante action. Les Français eurent 12 hommes tués et 48 blessés. Le nombre des morts des ennemis fut de 500.

     

     

  • One Response à “Le 8 avril 1799 – Le combat de Nazareth ou de Loubi”

    • pierre Lebon on 19 août 2019

      mon aïeul a été blessé à la jambe lors de
      ce combat peut être est ce lui qui fut emmené sur le brancard
      demandé par Junot ? si oui c’est grâce à Junot si j’e xiste et suis là pour
      lire le récit d Abel Hugo

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