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    Le combat de Sabugal

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – 1820

     

    Le 29 mars, toute l’armée française était portée sur la rive droite de la rivière Coa : le deuxième corps, qui formait l’aile gauche de l’armée, était à Sabugal ; le sixième, formant l’aile droite, s’étendait jusqu’à la Nava et à deux lieues d’Almeida, suivant toujours les bords de la Coa ; le huitième corps était à Alfayates.

    Les Français occupaient ces positions depuis trois jours, lorsque l’ennemi fit paraître quelques bataillons sur la rive opposée. Lord Wellington, à la tête d’une forte colonne, se dirigea sur Sabugal par Pega et Velmorisco ; une autre colonne se plaça en observation devant le sixième corps français.

    L’ennemi consacra deux jours à reconnaître les positions et à faire ses dispositions d’attaque. Le général Reynier prévit qu’il allait avoir affaire à forte partie, et crut devoir avertir le prince d’Essling que toute l’armée anglo-portugaise était en mouvement pour tourner son corps d’armée. Sur de nouveaux ordres du maréchal de rester dans ses positions et de tenir ferme s’il était attaqué, le général Reynier se disposa, à opposer aux Anglo-Portugais une résistance digne de lui.

    Dans la journée du 3 avril, il fut attaqué de front et sur la gauche par des forces triples des siennes. Tandis qu’une colonne formidable, après s’être emparée des hauteurs en face de Sabugal, brusquait le passage du pont sous un grand feu de mitraille, une autre, non moins considérable, qui avait passé la Coa à gué, attaquait de flanc le corps du général Reynier, qui était bien loin d’être assez nombreux pour faire face partout.

    Lord Wellington avait enyoyé cette dernière colonne de troupes légères traverser la Coa à un gué à deux ou trois milles au-dessus de la ville pour manoeuvrer sur les derrières du général français, tandis que les autres colonnes l’attaquaient de front.

    Les troupes légères anglaises exécutèrent mal leur déploiement : leur mouvemen ne fut point assez large, en sorte qu’elles se trouvèrent engagées avec le flanc des Français, qu’elles devaient prendre en queue avant que les masses anglo-portugaises, attaquant en front, fussent assez avancées pour les soutenir. Un régiment portugais fut d’abord engagé, la cavalerie française le chargea et le tailla en pièces.

    Ce premier succès n’apportait néanmoins aucun changement dans la position du général Reynier : cet habile capitaine fit faire alors un changement de front, l’aile gauche en arrière, afin d’arrêter les efforts de l’ennemi, qui ne cherchait rien moins qu’à l’envelopper entièrement et à l’acculer sur la Coa, entre deux feux. A cet instant, la mêlée devint extrêmement meurtrière : l’ennemi était animé par l’espoir d’un succès certain que lui promettait l’isolement de ses adversaires. Les Français excités par les vives exhortations et par la présence du digne chef qui les commandait, opposaient au nombre la plus valeureuse résistance.

    Le combat se soutint longtemps de part et d’autre avec le plus vif acharnement ; les débris du 1er de hussards et du 15e de chasseurs fournirent plusieurs charges avec la plus rare intrépidité. L’infanterie chargea à la baïonnette ; un obusier que l’ennemi avait démonté fut pris et repris plusieurs fois avant d’être abandonné sur le champ de bataille. Le jeune et brave capitaine Lamorinière, qui commandait la batterie, se fit tuer en s’efforçant de reprendre sa pièce. Enfin, après plusieurs heures d’une mêlée sanglante, le général Reynier ne recevant point de secours, et voyant que sa retraite sur Alfayates pouvait, d’un instant à l’autre, être coupée, l’ordonna et l’exécuta dans le meilleur ordre, en présence de l’ennemi, qui s’était déjà formé sur les routes par lesquelles le deuxième corps devait se retirer.

    Cette affaire, extrêmement honorable pour le général Reynier et pour les troupes qu’il commandait, coûta quatorze cents hommes aux Français, les alliés n’en perdirent que huit cents. Ce dernier événement détermina le prince d’Essling à retirer toute son armée, le 4 avril, sous les murs d’Almeida et de Ciudad-Rodrigo.

     

     

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