Restez à jour: Articles | Commentaires

  • Le 7 mars 1814 - La bataille de Craonne dans EPHEMERIDE MILITAIRE LEmpereur-à-la-bataille-de-Craonne-150x150

    L’Empereur à la bataille de Craonne

     

     

    La bataille de Craonne

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – Charles-Nicolas Beauvais – 1821

     

    Napoléon voulant profiter de l’occupation de Reims, qui rouvrait la communication avec une partie des places de la frontière des Ardennes, envoya au général Janssens l’ordre de rejoindre au plus tôt par Rhetel, avec les troupes disponibles de la 2e division militaire, tandis que lui tournerait l’ennemi par sa gauche, et le préviendrait à Laon.

    A cet effet, il fit partir de Fismes le comte Nansouty avec la brigade polonaise Pacz et la division Excelmans, pour se rendre maître de Béry-au-Bac, où se trouve le pont le plus proche sur l’Aisne. Même ordre fut expédié aux ducs de Raguse et de Trévise. Le comte Nansouty chassa les grand-gardes d’une brigade de cavalerie russe, qui gardait la tête du défilé sur la route de Reims, culbuta tout ce qu‘il rencontra dans Béry. Et passant le pont avec l’ennemi, il le conduisit battant jusqu’au delà de la Ville-aux-Bois, après luiavoir enlevé deux pièces de canon et 200 cavaliers. Ce mouvement fut appuyé par les divisions Friant et Meunier, qui filèrent le long de la rive gauche de l’Aisne et vinrent s’étabir sur les hauteurs entre Béry-au-Bac et Corbeny.

    L’empereur, après avoir rallié la division Laferrière, rappelée de Reims, se mit en marche sur Corbeny avec le reste des troupes. Il y était établi, lorsque les alliés parurent sur le petit plateau de Craone. Le capitaine d’ordonnance Caraman fut aussitôt chargé de pousser une reconnaissance dans cette direction avec un bataillon de vieillegarde. Mais il fut si chaudement accueilli, que l’empereur fut forcé de le faire appuyer par une brigade, et d’ordonner au prince de la Moskowa d’opérer une diversion sur la droite, à travers le bois de Corbeny.

    La ferme d’Heurtebise, prise et perdue alternativement par la division Meunier et une brigade russe, fut, à sept heures du soir, au pouvoir de cette dernière. L’empereur ayant fait cesser le combat, la vieille garde retourna dans ses bivouacs en avant de Corbeny. La division Meunier s’établir entre Heurtebise et Vaucler, et la division Boyer au moulin de Bonconville, à droite du chemin de la ferme de la Bove.

    Le lendemain, 7 mars, l’empereur reconnut la position de l’ennemi. La droite et la gauche étaient appuyées sur deux ravins, et un troisième couvrait son front. L’infanterie de Winzingerode était sur trois lignes en colonnes serrées par bataillons ; celle de Sacken entre Bray et l’Ange-Gardien ; et les corps de Langeron, Kleist et Yorck, manœuvraient entre la Cette et le chemin de Bruyères pour protéger et suivre le mouvement de 10 000 chevaux et de 60 pièces d’artillerie légère, pour se jeter par la droite des Français et sur leur ligne de communication, vers la route de Corbeny à Laon, et tomber sur leurs derrières.

    Le corps de Bulow était en marche pour occuper la position de Laon, qui assurait, en cas de revers, une retraite au feld-maréchal, dont toutes les forces, qui n’étaient pas réunies sur le même point, s’élevaient au moins à 100 000 hommes.

    Napoléon en avait à peine 35 000, dont les deux tiers étaient des soldats de nouvelles levées, malingres et sans instruction. Le prince de la Mosksowa, réunissant à son corps d’armée l’infanterie du duc de Bellune et les dragons du général Roussel, fut chargé de l’attaque principale, sur la droite. Là se trouvait le comte Woronzow avec l’infanterie du général Winzingerode, protégée par 36 pièces de canon sur son front, et par une batterie de 12 sur chacun des ravins de Vaucler et d’Ouche, seuls débouchés praticables pour arriver à lui.

    La brigade du général de division Pierre Boyer formant colonne de droite, côtoya la lisière du bois, et se présenta devant Ailles, tandis que les divisions Meunier et Curial se portèrent par la Clairière sur le plateau, à gauche en avant de ce village. Les colonnes françaises étaient sur le point de couronner le plateau, lorsqu’elles furent arrêtées par le feu très vif de l’artillerie et de la mousqueterie ennemies. Mais le général Woronzow ayant un peu refusé son aile gauche par suite de l’attaque que fit la division Boyer de Rebeval (jeune garde), qui déboucha de l’abbaye de Vaucler avec de l’artillerie, par le défilé qui conduit à Heurtebise, le maréchal prince de la Moskowa profita de ce mouvement pour pousser les divisions Meunier et Curial sur le plateau.

    A l’approche de la division Boyer de Rebeval, conduite par le duc de Bellune en personne, les troupes légères russes qui occupaient la ferme d’Heurtebise, y avaient mis le feu et s’étaient retirées sur leur première ligne. Le maréchal, franchissant le ravin défendu par 60 pièces de canon, se reforma aussitôt sur la hauteur ; mais il fut frappé d’une balle qui le mit hors de combat. Dans le même moment, et d’après les ordres de l’empereur, le comte Nansouty abordait l’extrême droite de la ligne ennemie avec la division Excelmans et la brigade Pacz. Mais tout ce qu’il put faire fut de se maintenir, parce que son artillerie n’avait pu suivre, à cause de la difficulté des chemins.

    Le corps du prince de la Moskowa, réduit par les pertes énormes qu’il avait faites, à environ 3 000 hommes , ne pouvait enlever le village d’Ailles, et la division Boyer de Rebeval aurait été écrasée par le général Swawikin, si le général Drouot ne l’avait garantie de ce choc, en plaçant sur son flanc gauche deux batteries de la garde qui prirent les Russes d’écharpe.

    L’attaque principale n’avait fait aucun progrès, lorsque le comte Grouchy, à la tête de la brigade Roussel, traversa le ravin de Vaucler, et vint se former en bataille à l’angle du petit bois de Saint-Martin. Il allait charger sur le flanc droitdes hussards ennemis, mais il fut grièvement blessé d’uncoup de feu à la cuisse, et obligé de se retirer du champ de bataille. Par une autre fatalité, personne ne prit le commandement de ces escadrons, qui restèrent exposés à la mitraille sans recevoir d’ordres.

    Cette charge ayant manqué, et le prince de la Moskowa, ainsi que le général Boyer de Bebeval, demandant sans cesse des renforts, l’empereur ordonna au général Laferrière de passer le ravin de Vaucler, pour appuyer la divion Boyer de Rebeval. Mais celle-ci venait d’être culbutée dans les bois, ainsi que les divisions Meunier et Curial. C’est en vain que le général Laferrière se précipite sur les Russes, il tombe blessé grièvement, et sa cavalerie rejetée dans le ravin, va se rallier derrière l’infanterie.

    Cependant Blucher ordonnait aux corps de Sacken et de Woronzow, qu’il ne voulait pas laisser seuls aux prises, de se replier au plus vite. Des difficultés inattendues, telles que l’escarpement des lieux, s’étaient opposées aux progrès du général Winzingerode, qui s’était avancé seulement jusqu’à Presle, sans pouvoir atteindre le flanc de l’armée impériale, que les cosaques seuls inquiétèrent. L’infanterie du général Kleist, qui avait pris une autre direction, s’étant égarée, n’arriva qu’à la nuit à Fétieux.

    Le général Sacken se retira sur la route de Laon, laissant sa cavalerie au comte de Woronzow pour couvrir la retraite. Toutefois ce mouvement ne put avoir lieu sans quelque désordre, et l’empereur en profita pour presser de nouveau l’arrivée des troupes du duc de Trévise, et ordonner au général Colbert de déboucher sur le grand plateau de Craone, par le sentier escarpé qui conduit de Craonelle à la ferme des Roches. Ce qui fut exécuté, malgré les feux d’artillerie et de mousqueterie de l’ennemi. En même temps, il confia l’infanterie du duc de Bellune au général Charpentier, qui venait d’arriver avec sa division, retardée à Craone par l’artillerie de la garde qu’il avait fallu laisser passer.

    Sur les ordres de l’empereur, ce général passa en colonne serrée le ravin de Vaucler, et, après avoir cotoyé le pied du plateau en suivant la lisière du bois, afin de se garantir de l’artillerie ennemie. Il gravit sa contrepente à gauche du village d’Ailles. A peine paraissait-il sur le plateau, que le général Woronzow ordonna au général Sanders de se porter sur la gauche des Français avec sa brigade de réserve et une autre de chasseurs. Mais peu d’instans après, le général Charpentier se trouvant appuyé par une batterie d’artillerie de la garde et par la division Friant, et le général Pierre Boyer, soutenu par les divisions Meunier et Curial, ayant enlevé le village d’Ailles aux chasseurs russes, Woronzow dut commencer son mouvement de retraite.

    Aussitôt l’armée française s’étendit par sa gauche et occupa toute la largeur du plateau. Le duc de Trévise fut établi en seconde ligne, les six batteries de réserve de la garde furent placées sur le front de l’armée.

    L’empereur donna le commandement de toute la cavalerie au comte Belliard et lui ordonna d’appuyer le prince de la Moskowa, et de se lier avec le comte Nansouty, pour déborder le flanc droit de l’ennemi.

    Le général Belliard, se prolongeant vers la gauche avec les divisions Colbert et Roussel, prit bientôt la tête de colonne. Le général Colbert chargea plusieurs fois la droite de l’ennemi qui se retirait en toute hâte sur le chemin de Craone à l’Ange-Gardien. Le désordre commençait à s’y introduire, mais pour l’entamer et contenir la cavalerie du corps de Woronzow et de Sacken, le général Belliard aurait eu besoin de toute la cavalerie qui était à la droite avec le comte Nansouty, et l’occasion fut perdue.

    A la hauteur d’Ouarmont, le prince de la Moskowa pressa vivement la gauche de l’ennemi qui se jeta dans le chemin de Chevrigny pour être à l’abri de toute poursuite sur la rive droite de la Lette. Le général Charpentier dirigea sur ce chemin rapide et étroit, quatre pièces de canon, qui l’enfilèrent et y causèrent un grand ravage.

    Telle fut la bataille de Craone dont les Russes et les Français revendiquèrent également l’honneur.

    Les derniers restèrent à la vérité maîtres du champ de bataille, mais ils achetèrent cet avantage par des sacrifices énormes. Ils perdirent dans cette journée plus de huit mille hommes, parmi lesquels un très grand nombre d’officiers, et surtout d’officiers d’infanterie, qui, devenus trop nombreux en proportion des soldats, ne dédaignaient pas de prendre un fusil et de combattre comme eux. En outre des officiers déjà cités, les généraux Pierre Boyer, Bigarré et Lecapitaine, furent blessés.

    Les Russes eurent près de cinq mille hommes hors de combat. Les généraux Landskoy et Orschakow furent tués ; les généraux Schowanski, Laptiew, Maslow et Swarikin étaient au nombre des blessés.

    L’artillerie joua de part et d’autre d’une manière terrible. On ne fit aucun prisonnier, et il ne fut pris ni canons ni voitures. Ainsi cet engagement sanglant, mais partiel, fut sans résultat.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso