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  • Le 27 février 1814 - La bataille d’Orthez dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-dOrthez-150x150

    La bataille d’Orthez

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français » – Charles-Théodore Beauvais -

     

    Lord Wellington occupait depuis la mi-décembre une ligne dont la gauche appuyée à Bidart, sur la route de Saint-Jean-de-Luz à Bayonne, allait, passant par Villefranque, se terminer à Urcuray, sur celle de Saint-Jean-Pied-de-Port. Il avait son quartier général à Saint-Jean-de-Luz, mais la majeure partie de sa cavalerie cantonnait, faute de fourrages, sur l’Ebre.

    Le duc de Dalmatie, dont l’armée était encore (à cette époque) forte de 60 000 hommes, voyait avec plaisir que la rigueur de la saison forçât son adversaire à l’inaction, et lui laissât le temps d’achever l’instruction des nombreuses recrues qu’il avait reçues. Sa droite, sous les ordres du comte Reille, occupait le camp retranché de Bayonne. Le centre, commandé par le comte d’Erlon, cantonnait sur la rive droite de l’Adour, entre Bayonne et Port-de-Lanne. Enfin, la gauche, sous le général Clausel, bordait la rive droite de la Bidouze, depuis son confluent jusqu’à Saint-Palais ; deux divisions de cavalerie en couvraient la gauche. Le général Harispe, rappelé de l’armée d’Aragon pour organiser la levée des Basques, au milieu desquels il est né, était avec une petite division à Saint-Jean-Pied-de-Port.

    Il n’y avait plus d’autres barrières à opposer aux alliés sur la route directe de l’Espagne à Bordeaux que Bayonne. Aussi cette place située avantageusement au confluent de la Nive et de l’Adour, avait-elle été mise en bon état de défense, non seulement par les réparations faites au corps de place, mais encore par l’extension que l’on avait donnée aux ouvrages extérieurs, ce qui en rendait la contrevallation très difficile sur la rive gauche de l’Adour.

    On avait en outre retranché Hastingues, sur la rive droite du Gave de Pau, et construit des têtes de pont sur la Bidouze à Guiche, à Bidache et à Came. Un grand nombre de redoutes battaient la rive gauche de l’Adour. On avait relevé les fortifications de Saint-Jean-Pied-de-Port, amélioré celles de Navarreins, et mis la ville de Dax, devenue l’entrepôt des approvisionnerons de l’armée, à l’abri d’un coup de main.

    Pour assurer une prompte communication entre toutes les parties de la ligne, des ponts de bateaux avaient été jetés sur la Nive dans le camp retranché de Bayonne, et sur l’Adour à Port-de-Lanne. Au commencement du mois de janvier, le duc de Dalmatie, dans l’intention de procurer des ressources à sa cavalerie, et de lier ses opérations avec le général Harispe dans la vallée d’Ossez, résolut de s’étendre vers sa gauche et de se rapprocher de Hellette, point dominant de la route de Saint-Jean Pied-de-Port à Bayonne.

    Ce mouvement fut exécuté du 3 au 6 janvier avec autant de succès que d’habileté, par le général Clausel, qui réussit, malgré l’opposition de lord Wellington ( dont les opérations furent contrariées par la rigueur de la saison et la difficulté des chemins ), à étendre la division Taupin du pont de Baidos à la Bastide, à placer la division Darricau sur le plateau d’Ayherre, et à faire occuper Hellette par les brigades Dauture et Paris, qui passèrent alors sous les ordres du général Harispe.

    Le mois de janvier s’écoula sans autres événements que quelques escarmouches. Le général Harispe, dans la vallée d’Ossez, prit de la supériorité sur le partisan Mina, et finit par le confiner entièrement dans la vallée de Bastan.

    Mais, tandis que l’armée anglaise se voyait renforcée de 6 000 hommes de pied et de 1 400 chevaux arrivés récemment d’Angleterre, et de sa grosse cavalerie restée d’abord sur l’Ebre, le duc de Dalmatie reçut l’ordre d’envoyer à la grande armée deux divisions d’infanterie, six régiments de dragons et près de 2 000 hommes d’élite pour renforcer la garde impériale, ce qui réduisit son effectif à 40 000 hommes et 300 chevaux. Et, comme si la victoire eût pu encore rester indécise, le cabinet de Saint-James, joignant aux moyens matériels ceux de son astucieuse politique, tira tout-à-coup le duc d’Angoulême de l’exil et de l’oubli, et le débarqua sur les côtes de France, dans l’espoir d’y réveiller l’énergie et d’encourager les tentatives des nombreux partisans de la maison de Bourbon dans le midi.

    Cette attente ne fut point trompée, la proclamation que le prince adressa aux Français en arrivant à Saint-Jean-de-Luz, se répandit avec rapidité. Le parti royaliste sortit de son engourdissement. A Bordeaux et à Toulouse se formèrent des associations secrètes, dont les machinations et les sourdes menées réussirent à augmenter le mécontement du peuple, et à entraver les mesures des agents de l’autorité impériale.

    Une forte gelée ayant rendu les communications praticables vers le milieu de février, lord Wellington résolut de prendre l’offensive et de passer l’Adour. L’entreprise était difficile, car il fallait absolument contraindre le duc de Dalmatie à abandonner la rive gauche de l’Adour et surtout le camp retranché, et il n’y avait pour cela d’autre moyen que de porter les premiers coups à la gauche de l’armée française. En conséquence, le duc Wellington ordonna au général Hill, qui commandait sa droite, de marcher, le 14, sur Hellette, et au général Mina de se porter de la vallée de Bastan sur Baigorry et Bidarray.

    Le général Harispe, après avoir livré Saint-Jean-Pied-de-Port à ses propres forces, campait à Hellette avec environ 4 000 conscrits, à l’arrivée du général Hill, et, comme il était trop faible pour lui résister, il se retira aussitôt par Saint Martin d’Arberou sur Garris. Mais la division Morillo, du corps de Mina, menaçant de se porter sur ses derrières par Saint-Palais, le général Paris se mit en marche pour le devancer et assurer le passage de la Bidouze et du Soison.

    Dès-lors, le général Harispe, resté avec sa seule division et le 21e de chasseurs à cheval, sans artillerie, fut obligé, après un combat très vif contre le corps du général Hill, de repasser la Bidouze, dont il détruisit les ponts, et d’aller rejoindre la brigade Paris à Arrivercitte, sur la rive France, droite du Gave de Mauléon.

    Cependant le centre de l’armée alliée, moins les divisions Clinton et Alten, restées entre la Nive et l’Adour, s’était porté sur les bords de la Joyeuse. Le général Clausel, qui avait reçu l’ordre du duc de Dalmatie d’éviter tout engagement, repassa cette rivière, puis successivement la Bidouze, le Soison et le Gave de Mauléon, derrière lequel il prit position, tenant ses avant-postes sur la ligne du Soison, au pont d’Arrivercitte, et aux bacs d’Hauteville et d’Osserin.

    L’aile gauche de l’armée française était ainsi disposée derrière le Gave de Mauléon : la division Villatte à Sauveterre, se liant à gauche à la division Harispe, et à droite avec la division Taupin, qui se rattachait à la division Foy, de la lieutenance du comte d’Erlon, établi sur la rive gauche de l’Adour. Enfin, pour mieux déjouer toute tentative de passage au-dessus de Bayonne, deux divisions du camp retranché avaient remonté le fleuve.

    Le général Hill se présenta, le 16, devant le pont d’Arrivercitte, qu’un bataillon lui disputa vivement. Mais le général Paris, menacé d’être tourné par le 92e régiment anglais qui avait trouvé un gué, fit sauter le pont et se reploya sur la division Harispe, qui se dirigea alors sur Sauveterre.

    La droite des alliés, qui parut dès le 18, devant cette position, resta pendant quelques jours sans rien entreprendre. Cette inaction provenait des préparatifs que faisait lord Wellington pour exécuter le passage de l’Adour au-dessous de Bayonne, entreprise qui lui paraissait praticable, maintenant que le départ de trois divisions pour la grande armée avait forcé le duc de Dalmatie de porter la majeure partie de ses forces sur le Gave de Pau, et de ne laisser pour garder la place et le camp retranché que douce mille hommes, dont trois cinquièmes étaient des conscrits.

    L’intention du général en chef ennemi était de profiter de la faiblesse de son adversaire sur ce point, pour s’ouvrir la granderoute de Bordeaux, et manœuvrer sur la droite de l’armée française. Mais des vents contraires ayant empêché la flottille de l’amiral Peurose de protéger la construction d’un pont de bateaux à l’embouchure de l’Adour, il fut contraint d’en revenir à son premier projet, et il fit tous ses efforts pour obtenir un avantage décisif sur la gauche de l’armée française. Toutefois, jugeant que la position de Sauveterre serait dificile à enlever s’il ne réussissait pas à partager l’attention du duc de Dalmatie, il ordonna un mouvement général sur toute la ligne.

    En conséquence, les divisions qui formaient le blocus de Bayonne eurent ordre de se tenir prêtes à passer l’Adour au-dessous de cette place, si la flottille arrivait, ou d’exécuter tout autre mouvement au-dessus de la place. Le maréchal Béresford fut chargé d’attaquer les postes d’Hastingues et d’Oeyer-Gave, afin de rejeter les Français sur Peyrehorade. La division Picton, de la droite, dut faire une fausse attaque de front sur Sauveterre, tandis que le général Hill passerait le Gave de Mauléon à Villenave et tournerait la position.

    Ces opérations furent couronnées d’un heureux succès. Le maréchal Béresford poussa, le 23 février, les postes français jusque dans la tête de pont de Peyrehorade. Et, le 24, le général Hill ayant passé le Gave à Villenave, le général Clausel qui avait reçu l’ordre de ne point s’engager, fit sauter le pont de Sauveterre et se retira.

    Le duc de Dalmatie ne pouvant espérer, vu l’infériorité de ses forces, de se maintenir sur le Gave d’Oleron, s’échelonna, dès le 22, sur Orthez, où l’armée prit position le 26.

    Les alliés se dirigèrent sur Orthez le 26 février. Le maréchal Beresford, avec le centre, devenu la gauche des corps agissants, passa les Gaves d’Oleron et de Pau à leur confluent au-dessus de Peyrehorade, et marcha, sur la grande route, vers Orthez. Le général Stappleton Cotton franchit, avec sa cavalerie, le Gave de Pau aux gués de Cauneille et de la Hontan, et la tête de colonne du général Hill, suivant la route qu’avait terme le général Clausel, vint prendre poste sur les hauteurs de Magret et de Départ, canonner Orthez, et engager une vive fusillade au pont.

    Rien n’était plus vicieux que cette division des forces alliées en trois colonnes. Aussi le duc de Dalmatie, qui l’avait prévue, en aurait-il profité pour tomber, le 26, avec toutes ses troupes réunies sur celles qui avaient passé le Gave de Pau, si le colonel du 15e de chasseurs qui était chargé d’en garder le passage, l’en avait prévenu à temps. Mais cet officier, qui s’absenta sans motifs, n’avertit le duc de Dalmatie de la présence de l’ennemi sur le Gave, qu’au moment où, déja formé sur le plateau de Baigts, il n’était plus temps de s’opposer à ses progrès.

    Le duc de Dalmatie, se voyant donc forcé de renoncer à l’offensive, disposa ses troupes dans la nuit du 26 au 27, de la manière suivante :
    A l’aile droite, la première brigade de la division Taupin au village de Saint-Boés, échelonnée par la deuxième, formant potence avec la division Maransin, qui s’étendait parallèlement à la route de Dax, ayant pour réserve la brigade Paris.
    Au centre, les divisions Foy et Darmagnac avaient été placées à cheval sur la route de Bayonne, à la naissance des collines qui s’elèvent en avant d’Orthez.
    Enfin, à l’aile gauche, la division Harispe, chargée de défendre cette ville, s’échelonnait à la division Darricau, aux Trinitaires, vers les hauteurs de Rontun, où le général Villatte et la cavalerie du général Soult formaient la réserve.

    Le général Berton, avec deux régiments de cavalerie, un d’infanterie légère et deux pièces de canon, fut détaché à Lacq sur la route de Pau, pour garder le Gave jusqu’au pont de Lescar, avec l’instruction de ne se retirer par Arthes sur Sault-de-Navailles, que lorsqu’il y serait forcé par des masses. Le général Danicau tenait Dax avec quelques centaines d’hommes détachés de sa division.

    Le maréchal suspendit de ses fonctions le colonel du 15e, baron Faverot, et fit examiner sa conduite par un conseil d’enquête, dont le rapport ne fut point favorable à cet officier.

    Ces dispositions étaient sans doute excellentes, mais elles ne remédiaient qu’imparfaitement aux graves inconvénients de la position d’Orthez. Cette position n’avait pour toute retraite que la route d’Orthez à Saint-Sever, percée dans un terrain montueux, difficile et coupé de marais. La droite à Saint-Boés, était en l’air et pouvait être facilement abordée par l’ennemi qui se fût trouvé, s’il l’eût culbutée, aussi près du seul point de retraite que le général Harispe à Orthez. Dans ce dernier cas, en s’emparant par un mouvement rapide du pont sur le Luy-de-Bearn, à Sault-de-Navailles, les alliés auraient mis l’armée française dans une situation désespérée.

    Lord Wellington reconnut, le 27 au matin, la position de son adversaire, et résolut de l’attaquer sur toute son étendue, en se déployant assez pour en déborder les ailes. Le maréchal Béresford eut ordre d’aborder la droite de front et de la faire tourner par deux de ses divisions, le général Picton d’attaquer le centre et la gauche avec sa division et celle du général Clinton, appuyée de la brigade de cavalerie légère de lord Sommeiset, pendant que le général Hill passerait le Gave au-dessous d’Orthez, et prendrait la gauche à revers. La division légère du général Alten formait réserve sur la rive droite.

    L’action commença à neuf heures par l’attaque du village de Saint-Boés, et devint bientôt générale. Le maréchal Beresford parvint à s’emparer de ce village après de grands efforts, mais il ne put en déboucher, le peu de terrain battu par l’artillerie française, ne lui permettant pas de déployer ses masses. Dès que lord Wellington fut informé de cette circonstance, il comprit qu’il fallait changer de plan, et laissant le lieutenant-général Stappleton-Cotton avec la cavalerie de lord Sommerset, devant la division Darmagnac, il porta la division Alten contre le général Maransin ; celles des généraux Picton et Clinton contre le général Foy, en même temps qu’une brigade du général Cole, soutenue du corps du maréchal Beresford, attaquait la division Taupin.

    Les Français opposèrent à cette double attaque la plus vive résistance. Le général Béchaud perdit la vie à Saint-Boés, qui resta aux Anglais. Au centre, le général Foy ayant été blessé, sa division commença à plier, et détermina le même mouvement dans les divisions Taupin et Maransin, qui, toutefois, ne tardèrent pas à se rallier sous la protection de la brigade Paris, laquelle formée en carré, arrêta quelque temps l’ennemi. Enfin, à la gauche, le général Hill força le gué de Biron, défendu seulement par deux faibles bataillons dela brigade Baurot. Le général Villate n’ayant pas songé à retarder sa marche pour laisser le temps au général Berton d’amener ses détachements et de tomber sur le flanc de cette colonne, le duc de Dalmatie, accouru de la droite, où il venait de rétablir le combat, vit qu’il était trop tard pour s’opposer à ses progrès, et n’hésita pas à ordonner la retraite.

    Les généraux d’Erlon et Reille reçurent l’ordre de se replier promptement sur Sault-de-Navailles, le général Harispe de se porter sur Rontun, et le général Berton de marcher sur Arthes, parallèlement à l’armée, jusqu’à hauteur d’Hagetmau, afin d’arriver sur le flanc de l’ennemi, si le canon se faisait entendre dans cette direction.

    La retraite s’effectua avec ordre et le plus grand sangfroid. Les divisions passèrent successivement le défilé, sans confusion et sans autre perte que celle d’un escadron du 21e chasseurs, et de trois cents hommes environ d’infanterie, qui furent coupés de l’armée et pris par la cavalerie anglaise.

    La perte des deux armées fut à peu près balancée, car les Français eurent 2 500 hommes tués, blessés ou prisonniers, et les alliés 2 300 hors de combat. Mais ils prirent deux pièces de canon, et en recueillirent deux autres et un obusier, que, faute de chevaux, on ne put emmener.

     

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