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  • 21 février 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 20 février 1809 - La capitulation de la ville de Saragosse dans EPHEMERIDE MILITAIRE Le-siège-de-saragosse-150x150

     

    La capitulation de la ville de Saragosse

    D’après « La France militaire » – Abel Hugo – 1838

     

    Le 19 février, dans la soirée, le général Palafox envoya aux avant-postes français un de ses aides de camp en parlementaire. Mais les propositions qu’il était chargé de faire ne purent être accueillies.

    Le lendemain, les Français continuèrent leurs progrès. Les cinquante pièces qui avaient servi a l’attaque du faubourg, furent mises en batterie sur la rive gauche et dirigées contre les maisons du quai de la ville, les six galeries qui traversaient le Cosso à l’attaque du centre louchaient déjà aux maisons en face des assiégeants. On chargeait de trois milliers de poudre chacun des fourneaux qui devaient éclater ensemble le lendemain, ce qui eût produit la plus épouvantable explosion.

    Les Espagnols, voyant tous ces préparatifs, se décidèrent à entrer en arrangement. Le même jour, 20 février, vers quatre heures du soir, la junte de Saragosse envoya une députation au maréchal Lannes pour traiter de la capitulation, et le feu cessa aussitôt de part et d’autre. Le maréchal montra aux envoyés le plan du siège, leur prouva qu’une mine énorme était terminée jusqu’à la rue de la Cuchilléria, près l’angle de la porte de l’Èbre, pour faire sauter toute la ville, et exigea que l’on se rendit à discrétion.

    La junte refusa, par crainte des excès auxquels pourraient se porter les habitants. Lannes consentit alors à une capitulation dont les principaux articles portaient : « La garnison, prisonnière de guerre, mettra bas les armes à deux cents pas de la porte del Portillo ; les bourgeois livreront leurs armes, et les fonctionnaires prêteront serment au roi Joseph ».

    La junte traita de cette capitulation si secrètement, qu’elle ne fut connue que dans la nuit. A cette nouvelle, une troupe de furieux proféra des cris de mort contre ceux qui avaient traité. Ces hommes exaltés voulaient s’emparer de l’artillerie et recommencer le combat.

    Les chefs parvinrent à les calmer, et, le 21, au matin, les premiers Français montèrent par-dessus les décombres dans l’intérieur de la ville, où gisaient 5 000 cadavres sans sépulture. La garnison défila devant la place et mit bas les armes. On trouva dans la ville 113 bouches à feu.  Plus de 80 avaient été prises par les assiégeants dans le cours du siège. La poudre et les projectiles étaient en petite quantité. Mais il restait encore aux habitants du blé pour plus de six mois.

    L’aspect de Saragosse était affreux. Un grand nombre de maisons ouvertes à jour par les boulets ou écrasées par les bombes. Dans toutes les rues, encombrées par des ruines ou des traverses, des cadavres en putréfaction. Plus de 100 000 individus entassés dans une ville qui n’en contenait ordinairement que la moitié.

    Toutes ces causes, jointes aux privations de tout genre qu’avait entraînées la longueur du siège, firent naître une horrible épidémie qui acheva ce que la guerre avait commencé. Les hommes, chargés d’enterrer les morts, n’avaient pas la force d’accomplir cette tâche. La contagion les décimait eux-mêmes. Enfin, pour donner une idée de cet épouvantable siège, nous dirons que, d’après les recensements, les deux tiers de la garnison et la moitié des habitants et réfugiés, c’est-à-dire 50 000 individus de tout âge et de tout sexe, avaient péri dans le cours de cette lutte qui avait duré cinquante jours. 10 000 hommes à peine composaient la garnison qui défila devant les vainqueurs. Les Français ne perdirent pas plus de 3 000 hommes.

    Le 24 février, le maréchal Lannes et le maréchal Mortier firent, à la tête de leurs états-majors, leur entrée solennelle dans Saragosse. Ils furent reçus par le clergé de la ville sous la porte de Notre-Dame del Priar, ils prirent place dans l’église sur des fauteuils disposés en face du maître autel, et un Te Deum fut chanté en actions de grâces de la victoire remportée par l’armée française.

    Quelques jours après, le corps du maréchal Mortier se porta vers la Castille pour soutenir les opérations des autres corps d’armée dans le midi de l’Espagne et sur les frontières du Portugal. Junot fut remplacé dans le commandement du 3e corps par le général Suchet, qui resta en Aragon pour achever la soumission de cette province, et Lannes fut rappelé en France, pour prendre le commandement d’un corps d’armée dans l’expédition que l’Empereur préparait contre l’Autriche.

     

     

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