Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 21 janvier 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 18 janvier 1871 - La proclamation de l’Empire d’Allemagne au château de Versailles dans EPHEMERIDE MILITAIRE Bismark-150x150

    La proclamation de l’Empire d’Allemagne au château de Versailles

    D’après « Histoire de la révolution de 1870-71 et des origines de la troisième République » – Paul Bondois – 1888

     

    L’unité de l’Allemagne avait jusqu’au dernier moment rencontré de véritables difficultés. L’un des collaborateurs les plus utiles de M. de Bismarck, M. Delbrück président de la chancellerie fédérale, avait dû parcourir l’Allemagne du Sud pendant tout le mois de novembre pour vaincre les idées particularistes surtout en Wurtemberg, en Bavière, et dans la Hesse-Darmstadt. Seul, le grand-duc de Bade tenait à singulier honneur de s’inféoder à la Prusse.

    M. de Bismarck, réussit cependant à vaincre cette opposition par des prières et des menaces ; les dernières résistances furent anéanties après les traités du 25 novembre et dans les séances du Parlement allemand, le 5 et le 7 décembre, l’empire d’Allemagne fut rétabli au profit de la maison de Hohenzollern.

    Le roi Louis II de Bavière, par une lettre du 6 décembre, engagea le roi Guillaume à accepter le nouveau titre et les nouvelles institutions.

    La proclamation solennelle de l’Empire eut lieu le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces de Versailles, jour anniversaire du couronnement du premier roi de Prusse, Frédéric, en 1701.

    Sur l’estrade élevée au fond de la galerie, en face d’un autel dressé pour la cérémonie religieuse, se trouvait le roi, entouré de son fils, le prince Frédéric, de son frère aîné, le prince Charles, père du général Frédéric-Charles, de son cousin germain, le prince Adalbert, du grand-duc de Saxe-Weimar, du grand-duc d’Oldenbourg, du grand-duc de Bade, du grand-duc de Cobourg, des grands-ducs de Saxe-Meiningen et de Saxe-Altenbourg, des princes bavarois Luitpold et Otton, des princes Guillaume et Eugène de Wurtemberg, du prince Léopold de Hohenzollern.

    Parmi les principaux acteurs du drame qui se jouait alors, on voyait aussi auprès du roi, MM. de Bismarck, de Moltke et Delbruck.

    Le roi s’exprima ainsi :
    « Illustres princes et alliés. D’accord avec tous les princes allemands et les villes libres, vous vous êtes associés à la demande qui m’a été adressée par Sa Majesté le roi de Bavière de rattacher à la couronne de Prusse, en rétablissant l’Empire d’Allemagne, la dignité impériale allemande pour moi et mes successeurs.
    Je vous ai déjà, illustres princes, ainsi qu’à mes nobles alliés, exprimé par écrit mes remerciements pour la confiance que vous m’avez manifestée et je vous ai fait part de la résolution que j’ai prise de me rendre à votre demande.
    J’ai pris cette décision dans l’espoir, qu’avec l’aide de Dieu je réussirai à rétablir le bonheur de l’Allemagne et à accomplir les devoirs attachés à la dignité impériale. Je fais part de ma résolution au peuple allemand par une proclamation, en date d’aujourd’hui, que j’ordonne à mon chancelier de lire ».

    De cette proclamation, qui fut lue par M. de Bismarck, nous devons surtout retenir ce passage, qui prouve une fois de plus que l’unité de l’Allemagne a été faite contre la France. « Nous acceptons la dignité impériale avec la conscience que nous accomplirons notre devoir, en protégeant, avec la bonne foi allemande, les droits de l’Empire et de ses membres, en sauvegardant la paix, en défendant l’indépendance de l’Allemagne, fondée désormais sur la concentration des forces du peuple allemand. Nous l’acceptons dans l’espoir qu’il sera permis à l’Allemagne de jouir de la récompense de ses luttes ardentes et héroïques, au sein d’une paix durable. Nous la conserverons, grâce à des frontières capables d’assurer à notre patrie des garanties contre de nouvelles agressions de la France, garanties dont elle a été privée depuis des siècles ».

    Rien ne peut paraître plus amer à un Français que ces acclamations qui saluèrent à Versailles, au milieu de nos ruines et de nos désastres, la proclamation de l’Empire d’Allemagne, dont la création était considérée hautement comme devant entraîner l’anéantissement de notre patrie. Mais alors, l’Europe tout entière applaudissait à cette fortune inouïe, et toutes les grandes puissances se réjouissaient, avec la Prusse, de la grandeur allemande et de notre décadence.

    La joie du vainqueur, le triomphe de M. de Bismarck, qui éclataient sans pitié sous nos yeux, ont creusé dans nos coeurs une plaie que rien ne pourra fermer.

    Et cependant, une fortune plus grande encore était réservée aux Allemands. Ils avaient à peine goûté cette immense satisfaction de proclamer l’Empire d’Allemagne, au centre même du pays qu’ils foulaient en conquérants, de faire servir les monuments témoins de notre magnificence passée, à la glorification de leurs victoires, et déjà la ville (Paris) dont la résistance retardait encore le démembrement de la nation si profondément haïe, en était réduite à demander à négocier faute de vivres.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso