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  • 16 janvier 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     Le 14 janvier 1797 - La bataille de Rivoli dans EPHEMERIDE MILITAIRE La-bataille-de-Rivoli-150x150

     

    La bataille de Rivoli

    D’après « La France guerrière : récits historiques d’après les chroniques et les mémoires de chaque siècle »
    Charles d’Héricault et Louis Moland

     

    Le général Bonaparte était au cœur de l’Italie, bloquant le vieux Wurmser dans Mantoue. Pour délivrer cette ville, l’armée autrichienne fut reportée à 60 000 hommes. 40 000 sous Alvinzi devaient de Trente, descendre l’Adige jusqu’à Rivoli, pendant que 20 000 sous Provera, attaqueraient Vérone et Legnano en même temps.

    Wurmser devait, à la tête de la garnison de Mantoue, franchir la ligne du blocus, rallier à lui l’armée du pape, se réunir à Provera et attaquer les derrières des Français, occupés en avant par Alvinzi.

    L’armée républicaine avait été partagée en quatre divisions de 10 000 hommes chacune : Serrurier était devant Mantoue, Augereau à Legnano, Masséna à Vérone, Joubert à la Corona. En outre, Rey, avec une réserve de 4 000 hommes, se tenait à Castelnovo.

    Joubert, assailli par des forces supérieures, fut chassé des hauteurs de la Corona et essaya de tenir sur le plateau de Rivoli. Ce plateau plonge à l’est sur l’Adige. Il est dominé à l’ouest par le Montebaldo, qui n’est lui-même ouvert que par des sentiers impraticables pour les chevaux. Enfin, il n’est abordable au nord que par la route qui vient de Trente en longeant l’Adige, mais qui, arrivée à Incanale, grimpe sur le plateau en escalier tournant.

    Alvinzi résolut d’attaquer cette position par tous les côtés :
    - à droite, par 16 000 hommes d’infanterie qui franchiraient les sentiers du Montebaldo ;
    - de front, par l’artillerie, la cavalerie, 6 000 hommes d’infanterie et les bagages qui suivraient l’escalier d’Incanale ;
    - à gauche, par 6 000 hommes, placés sur la rive gauche de l’Adige, qui balayeraient le plateau de leurs boulets ;
    - enfin, sur les derrières des Français, par 6 000 hommes qui fileraient entre le Montebaldo et le lac de Garda, et qui étaient commandés par l’émigré Lusignan.

    Le 13 janvier 1797, les troupes françaises furent prévenues d’être prêtes à faire une marche de nuit. Il pleuvait à grands flots. A dix heures, les troupes étaient sous les armes mais le général en chef Bonaparte n’était pas encore décidé de quel côté il les dirigerait. Descendraient-elles ou remonteraient-elles les rives de l’Adige ? A dix heures du soir, les rapports de Montebaldo et du bas Adige arrivèrent.

    Joubert mandait que, le 13 à neuf heures du matin, l’ennemi avait déployé de grandes forces ; qu’il s’était battu toute la journée ; que sa position était très-resserrée ; qu’il avait eu le bonheur de se maintenir ; mais que, à deux heures après midi, il s’était aperçu qu’il était débordé à sa gauche par la marche d’une division autrichienne qui longeait le lac de Garda et menaçait de se placer entre Peschiera et lui, et à sa droite par une autre division ennemie qui avait longé la rive gauche de l’Adige, jeté un pont près Dolce à une lieue de Rivoli, passé ce fleuve, et filait par la rive droite, longeant le pied du Monte-Magnone, pour enlever le plateau de Rivoli. Il avait alors jugé indispensable d’envoyer une brigade pour s’assurer de ce plateau important, la clef de toute la position et que, sur les quatre heures, il avait jugé de même nécessaire de suivre ce mouvement de retraite, afin d’arriver de jour sur le plateau de Rivoli, qu’il serait obligé d’évacuer dans la nuit s’il ne recevait des ordres contraires.

    Sur le bas Adige, Provera avait bordé la rive gauche. Les tirailleurs se fusillaient des deux côtés. Le projet de l’ennemi se trouva dès lors démasqué. Il fut évident qu’il opérait avec deux corps, le principal sur Montebaldo et un plus petit sur le bas Adige. La division Augereau parut suffisante pour disputer et défendre le passage de la rivière à Provera, mais le danger était imminent du côté de Montebaldo.

    Il n’y avait pas un moment à perdre, puisque l’ennemi allait faire sa jonction avec son artillerie et sa cavalerie en s’emparant du plateau de Rivoli, et que, si on pouvait l’attaquer avant qu’il se fût saisi de ce point important, il serait obligé de combattre sans artillerie et sans cavalerie.

    Toutes les troupes se mirent donc en marche pour être à la pointe du jour à Rivoli. Le général en chef s’y rendit lui-même, il y arriva à deux heures du matin.

    Le temps s’était, éclairci, le clair de lune était superbe. Bonaparte monta sur différentes hauteurs et observa les lignes des feux ennemis. Elles remplissaient le pays entre l’Adige et le lac de Garda, l’atmosphère en était embrasée. Il distingua fort bien cinq camps, chacun composé d’une colonne, qui avaient déjà commencé leurs mouvements dès la veille. Les feux des bivouacs annonçaient 40 à 45 000 hommes. Les Français ne pouvaient opérer sur ce champ de bataille qu’avec 22 000 hommes. C’était une très grande disproportion, mais ils avaient sur l’ennemi l’avantage de soixante pièces de canon et de plusieurs régiments de cavalerie.

    Il parut évident, par la position des cinq bivouacs ennemis, qu’Alvinzi ne voulait pas attaquer avant dix heures du matin. La première colonne, celle de Lusignan, à la droite, était, fort éloignée. Elle paraissait avoir pour but de cerner le plateau de Rivoli par derrière ; elle ne pouvait être arrivée avant dix heures.

    La deuxième colonne, celle de Liptay semblait vouloir attaquer la position de gauche du plateau. La troisième colonne, celle de Koblos, rasait le pied du Monte-Magnone. La quatrième colonne, commandée par Ocskay, était sur la crête du Monte-Magnone, se dirigeant sur la chapelle San-Marco.

    La cinquième colonne se composait de quatorze bataillons, de l’artillerie, de la cavalerie et des bagages de l’armée. Elle avait passé l’Adige à Dolce, avait descendu la rive droite au pied du Monte-Magnone. Elle se trouvait vis-à-vis l’Osteria della Dogana, en échelons près le hameau d’Incanale, au pied du plateau de Rivoli. Elle devait déboucher par cette chaussée. Alors Alvinzi aurait eu son infanterie, son artillerie et sa cavalerie.

    La sixième colonne, sous Wukassowich, était sur la rive gauche de l’Adige, vis-à-vis de la Chiusa vénitienne.

    Sur cet aperçu, Bonaparte établit son plan. Il ordonna à Joubert, qui avait évacué la chapelle

    San-Marco sur Monte-Magnone, et qui n’occupait plus le plateau de Rivoli que par une arrière-garde, de prendre de suite l’offensive, de se réemparer de la chapelle sans attendre le jour, de pousser la quatrième colonne d’Ocskay aussi loin que possible.

    Dix Croates, instruits par un prisonnier de l’évacuation de San-Marco, venaient d’y entrer, lorsque Joubert fit remonter à la chapelle le général Vial, à quatre heures du matin, et la reprit. La fusillade s’engagea avec un régiment de Croates et successivement avec toute la colonne d’Ocskay.Mais au jour elle était déjà repoussée sur le milieu de la crète de Monte-Magnone.

    La troisième colonne autrichienne, celle de Koblos, pressa alors sa marche, et, un peu avant neuf heures, elle arriva sur les hauteurs de gauche du plateau de Rivoli, mais sans artillerie.

    Les 14e et 85e demi-brigades françaises, qui étaient en bataille sur cette position, avaient chacune une batterie. La 14e occupait la droite, elle repoussa les attaques de l’ennemi. La 85e fut débordée et rompue.

    Le général en chef courut à la division Masséna qui, ayant marché toute la nuit prenait un peu de repos au village de Rivoli, la mena à l’ennemi, et en moins d’une demi-heure cette colonne autrichienne fut battue et mise en déroute. La colonne Liptay accourut au secours de Koblos ; il était dix heures et demie.

    Quasdanowich qui était au fond de la vallée, s’aperçut que Joubert n’avait laissé personne à la chapelle San-Marco, qu’il s’était porté en avant à la suite d’Ocskay, et que le feu s’approchait du plateau de Rivoli. Il crut le moment propice pour déboucher, il détacha trois bataillons, un pour gravir sur la chapelle, deux pour favoriser le passage de sa cavalerie et de son artillerie.

    Du succès de cette entreprise, dépendait le gain de la bataille, mais l’exécution était difficile. C’était une véritable escalade. Joubert fit rétrograder, au pas de course, trois bataillons qui arrivèrent à la chapelle avant ceux de l’ennemi et les rejetèrent au fond de la vallée.

    La batterie française de quinze pièces, placée au plateau de Rivoli, mitrailla tout ce qui se présenta pour déboucher. Le colonel Leclerc chargea par peloton avec trois cents chevaux. Le chef d’escadron Lasalle chargea plus loin avec deux cents hussards.

    L’intrépidité de ces charges décida du succès : l’ennemi fut culbuté dans le ravin. Tout ce qui avait débouché, infanterie, cavalerie, artillerie, fut pris ; la moitié de l’armée, formée des colonnes de Quasdanowich et de Wukassowich, n’ayant pu déboucher, devint inutile et ne fut d’aucun secours.

    Pendant ce temps, la première colonne, celle de Lusignan, arrivait à la position qui lui était, indiquée. Elle avait rencontré la réserve française de Desenzano, composée de la 57e et de la 58e, en position à Orza. Elle laissa une de ses brigades pour la tenir en échec. L’autre brigade, forte de cinq mille hommes, se déploya sur les hauteurs de Pipolo, à cheval sur le chemin de Vérone, derrière le plateau de Rivoli, appuyant sa droite à l’Adige. Elle n’avait point d’artillerie. Elle croyait avoir tourné l’armée française, mais il était trop tard. À peine fut-elle arrivée sur la hauteur qu’elle put voir la déroute d’Ocskay, Koblos, Liptay. Elle pressentit le sort qui l’attendait ; elle était sans ressources. Elle fut d’abord canonnée par quinze pièces de 12 de la réserve, pendant un quart d’heure, et aussitôt après, abordée et entièrement prise.

    La deuxième brigade, qu’elle avait laissée en arrière contre la réserve de Desenzano, se mit alors en retraite. Elle fut suivie, dispersée, en grande partie tuée ou prise. Il était deux heures après midi, l’ennemi était partout battu et vivement harcelé. Joubert avança avec tant de rapidité, qu’un moment on crut toute l’armée d’Alvinzi prise.

    La Scala de Brentino était la seule retraite de l’ennemi. Mais son général, sentant le danger où il était, fit volte-face avec une réserve, contint Joubert et même lui fit perdre un peu de terrain.

    La bataille était gagnée. Les Français avaient pris les douze pièces de canon débouchées par Incanale, des drapeaux, et fait sept mille prisonniers.

     

     

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