Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 16 janvier 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

     

    Le combat de Saint-Michel

    D’après « Bibliothèque historique et militaire, dédiée à l’armée et à la garde nationale de France »

     

    L’armée française avait été renforcée depuis Arcole de deux demi-brigades d’infanterie tirées des côtes de la Provence (la 57e en faisait partie), et d’un régiment de cavalerie, en tout, sept mille hommes, ce qui compensait les pertes d’Arcole et du blocus de Mantoue.

    Elle était formée en cinq divisions : Joubert en commandait une et occupait Monte-Baldo, Rivoli et Bussolingo ; Rey, avec une division moins forte, était en réserve à Dozenzano ; Masséna était à Vérone, ayant une avant-garde à Saint-Michel ; Augereau était à Legnago, son avantgarde à Bevilaqua ; Serrurier bloquait Mantoue.

    Ces cinq divisions comptaient sous les armes quarante-trois mille hommes, dont trente-et-un mille seulement à l’armée d’observation. Joubert avait couvert la Corona de retranchements. Vérone, Legnago, Peschiera Pizzighettone étaient en bon état. Les citadelles de Brescia, de Bergame, le fort de Fuentès, la citadelle de Ferrare et le fort d’Urbain, étaient également occupés par les Français, et des chaloupes canonnières les rendaient maîtres des quatre lacs de Garda, de Como, de Lugano et Majeur.

    Wurmser avait attaqué par trois débouchés, par la chaussée de la Chièse, par Monte-Baldo, par la vallée de l’Adige. Ses colonnes devaient se réunir sur Mantoue. Quelques mois après, Alvinzi était entré en Italie avec deux armées, l’une par le Tyrol, l’autre par la Piave, la Brenta et l’Adige ; elles devaient se réunir à Vérone.

    La cour de Vienne adopta cette fois un nouveau plan qui se liait avec les opérations de Rome. Elle ordonna de faire deux grandes attaques, la principale par Monte-Baldo ; la seconde sur le bas Adige par les plaines du Padouan. Elles devaient être indépendantes l’une de l’autre.

    Les deux corps d’armée se réuniraient devant Mantoue. Le principal devait déboucher par le Tyrol. S’il battait l’armée française, il arriverait sous les murs de Mantoue et y trouverait le corps qui s’y serait porté en traversant l’Adige. Si la principale attaque échouait et que la seconde réussît, le siège de Mantoue serait également levé et la place approvisionnée. Alors ce corps d’armée se jetterait dans le Serraglio et établirait ses communications avec Rome. Wurmser prendrait le commandement de l’armée qui se formait dans la Romagne, avec ses cinq mille hommes de cavalerie, son état-major et sa nombreuse artillerie de campagne.

    La grande quantité de généraux, d’officiers et de cavaliers démontés, qui se trouvaient dans Mantoue, serviraient à discipliner l’armée du pape et à former une diversion qui obligerait les Français à avoir aussi deux corps d’armée, l’un sur la rive droite, l’autre sur la rive gauche du Pô.

    Un agent secret fort intelligent, envoyé de Vienne à Mantoue, fut arrêté par une sentinelle, comme il franchissait le dernier poste de l’armée de blocus. On lui fit rendre sa dépêche qu’il avait avalée. Elle était renfermée dans une boule de cire à cacheter.

    C’était une petite lettre écrite en français en caractères très fins, signée de l’empereur François. Il annonçait à Wurmser qu’il serait incessamment dégagé. Dans tous les cas, il lui ordonnait de ne pas capituler, d’évacuer la place, de passer le Pô, de se rendre dans les états du pape, et de prendre le commandement de l’armée du saint-siège.

    En exécution du plan adopté par la cour de Vienne, Alvinzi commanda la principale attaque, composée de quarante-cinq mille hommes, et porta son quartier-général de Bassano à Roveredo. Le général Provera prit le commandement du corps d’armée destiné à agir sur le bas Adige : trois divisions, vingt mille hommes. Il établit son quartier-général à Padoue.

    Le 12 janvier, sa division de gauche, commandée par Bayalitsch, prit position à Caldiero, et Hohenzollern, avec l’avant-garde, à Montagnana. Hohenzollern marcha sur Bevilaqua, où était l’avant-garde française, commandée par le général Duphot, qui, après une légère résistance, se retira derrière l’Adige, en passant sur les ponts de Porto-Legnago.

    La division de Bayalitsch attaqua Saint-Michel : elle était de huit bataillons, six escadrons. Masséna marcha au secours de son avant-garde. Les Autrichiens rompus, furent poursuivis l’épée dans les reins jusqu’à Caldiero, laissant neuf cents prisonniers.

    Instruit à Bologne, par les agents de Venise, du mouvement de l’armée autrichienne sur Padoue, le général en chef avait fait camper les troupes italiennes sur les frontières de la Transpadane, pour tenir en échec l’armée du pape, et dirigé les trois mille Français de Bologne sur Ferrare, où ils avaient passé le Pô à Ponte-di-Lagoscuro.

    De sa personne, il avait traversé ce fleuve à Borgo-Forte et passé au quartier-général de Roverbella ; il arriva à Vérone pendant le combat de Saint-Michel. Il ordonna le soir à Masséna de reployer dans la nuit toute sa division derrière Vérone. L’ennemi était en opération ; il fallait tenir toutes les troupes au-delà du défilé, pour pouvoir se porter sans retard où serait la véritable attaque.

    Dans la nuit, il reçut de Legnago le rapport que l’armée autrichienne était en mouvement sur le bas Adige, que le grand état-major y était, que l’on avait vu deux équipages de pont. Le rapport du général Duphot ne laissait aucun doute sur les nombreuses forces déployées devant lui ; il avait vu plus de douze mille hommes, il supposait que ce n’était que la première ligne. Joubert, de la Corona, manda que pendant toute la journée du 12, il avait été attaqué, mais qu »il avait contenu et repoussé l’ennemi, ce qui paraissait confirmer l’opinion que la principale attaque était sur le bas Adige.

     

     

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso