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  • 12 janvier 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 9 janvier 1814 - Les combats d’Epinal – Rambervillers – Saint-Dié dans EPHEMERIDE MILITAIRE Cosaque-150x150

    Les combats d’Epinal – Rambervillers – Saint-Dié

    D’après « Mémoires pour servir à l’histoire de la campagne de 1814 » – F. Koch – 1819

     

    Les appellations d’autrefois ont été conservées.

     

    Le comte de Wrède avait investi Huningue et Béfort, aussitôt après avoir passé le Rhin. Il pressait avec beaucoup d’activité le siège de ces deux places, couvert par le corps du baron de Frimont, établi à Mulhausen. Mais le succès ne répondait pas à ses désirs. Les tentatives de surprise avaient échoué comme celles de séduction ; les garnisons faisaient de fréquentes sorties, et paraissaient disposées à se défendre avec opiniâtreté. Ce contre-temps était loin d’être balancé par la prise des petits forts de Blamont et de Landskroon, que le général Deroy en battant le pays vers Porentrui, prit et fit sauter le 25 décembre.

    Le comte de Wrède, se consumait donc en efforts impuissants devant Huningue et Belfort en attendant le passage du prince royal de Wurtemberg et du comte Barclay de Tolly. Pour élargir ses cantonnements, couvrir plus parfaitement les sièges et éclairer la route de Brisach, il résolut de faire avancer jusqu’à Colmar, le corps du baron de Frimont, qui formait sa droite.

    Ce mouvement donna lieu à la première rencontre des troupes de la grande armée avec les Français. Le comte Milhaud qui se trouvait à Colmar avec le 5e corps de cavalerie, ayant été prévenu qu’une avant-garde de mille chevaux, sous le colonel Scheibler, était établie à Sainte-Croix, se porta à sa rencontre le 24 décembre avec la division de dragons du général Collaërt. La brigade Montélégier attaqua de front Sainte-Croix, tandis que 2 escadrons tournèrent la position. Les 2e, 6e et 11e de dragons chargèrent avec impétuosité, culbutèrent l’ennemi et le poursuivirent l’épée dans les reins à un myriamètre de Sainte-Croix, lui causèrent une perte de 400 tués ou blessés, et de 150 prisonniers.

    Le baron de Frimont ne s’obstinant pas à pénétrer jusqu’à Colmar, établit ses avant-postes à Enzisheim, et son quartier-général à Rixheim. Les choses demeurèrent dans cet état jusqu’au passage du corps du prince royal de Wurtemberg, qui eût lieu sur un pont de bateaux à Markt, près Huningue, les 30 et 31 décembre. Il prit position entre Sainte-Colombe et Enzisheim, investit Brisach, et appuya sa gauche à l’Ill, pour se lier aux Bavarois.

    Dès que la communication fut établie, le comte de Wrède prit l’offensive. Le 3 janvier, après un court combat, il occupa Colmar, que l’arrière-garde du comte Milhaud lui céda pour se retirer sur Sainte-Marie-aux-Mines. De là, les Bavarois continuèrent leur mouvement par les deux rives de l’Ill sur Schlestadt, forcèrent la garnison qui courait la campagne, à se renfermer dans la place, qu’ils investirent aussitôt.

    Cependant le comte de Wittgenstein qui avait relevé le prince royal de Wurtemberg, au blocus de Kehl, observait le cours du Rhin, choisissant des positions, et se préparant des moyens de résistance et de retraite contre les opérations possibles, mais peu probables d’offensive, des garnisons de Kehl et de Strasbourg.

    Le prince de Schwarzenberg, qui savait n’avoir rien à redouter de ce côté, lui ordonna de franchir le fleuve au-dessous de Strasbourg, et d’établir un pont avec une tête sur la rive gauche. Il lui désigna comme favorables les environs de Selz, où le prince de Waldeck avait opéré son passage en 1793. Le pont une fois établi et mis hors d’insulte, une partie du corps devait investir Strasbourg sur la rive gauche, et le reste sous les ordres immédiats du comte de Wittgenstein, traverser les Vosges pour former l’extrême droite de la grande armée, et lui servir d’intermédiaire avec celle de Silésie.

    En vertu de ces ordres, le comte de Wittgenstein, jeta sur la rive gauche le général Seslavin avec 2 escadrons de hussards et un pulk de cosaques pour avoir des nouvelles de l’ennemi et faire des courses sur ses derrières. Il s’occupa ensuite du passage de son corps ; mais au lieu d’y mettre l’activité que lui permettait l’absence de l’ennemi, il procéda à cette opération si simple, avec la méthode et la circonspection des guerres du 17e siècle.

    Il choisit pour point de passage, l’île de Fort-Vauban, qui lui offrait de grands avantages, parce qu’en s’emparant de cette place et du fort d’Alsace, situé sur la gauche du Rhin rouge, sa tête de pont se trouvait toute faite. Les fortifications de ces deux postes avaient à la vérité été détruites en 1794, mais on pouvait les relever sans grand travail, et la difficulté de les enlever devait être légère, car leur garnison ne consistait qu’en 200 hommes et 50 chevaux.

    Les deux divisions d’infanterie du prince Gortschakow, et quelque cavalerie restèrent devant Kehl, le corps du prince Eugène de Wurtemberg, et le surplus de la cavalerie aux ordres du comte Pahlen, se rassemblèrent le 1er janvier entre Stolhofen et Spielfeld.

    Tous les pontons étaient réunis pour opérer le passage jusqu’à l’île dans la nuit du 1er. Mais vers deux heures du matin, qu’ils se mirent en mouvement, le courant les emporta et la plupart dérivèrent sur la droite, dans la journée du 2, la nuit suivante, et la matinée du 3, les troupes parvinrent à s’établir à Fort-Vauban et au fort d’Alsace. Le pont achevé, la cavalerie du comte de Pahlen se porta sur Haguenau, le prince Eugène de Wurtemberg avec la division Pitchnitzky cantonna aux environs de Reschwoog. La division Schachafskoy, resta sur la rive droite aux environs de Stolhofen, pour appuyer au besoin le prince Gorlschakow.

    Pressé de tous côtés par tant d’ennemis, le duc de Bellune, n’était pas assez fort pour leur faire face, quoiqu’il eût recu, vers la fin de décembre, 17 à 18 mille conscrits ou gardes nationaux, parce qu’il avait fallu, sinon compléter, du moins renforcer les garnisons de Landaw, Strasbourg, Huningue, Brisach, Schlestadt et Béfort. En sorte que le 2e corps se trouvait toujours au même effectif, c’est-à-dire de 8 à 9 mille combattants.

    Dans cette situation pénible, le maréchal inquiet de la responsabilité qui pesait sur lui, ne cessait de demander des renforts et des instructions ; mais il était aussi difficile de lui tracer un plan de conduite, que de lui envoyer des troupes. Le prince de Neuchâtel se borna à lui recommander en général de défendre les gorges des Vosges, et à l’informer que 2 légions de gardes nationales des départements de la Meurthe et des Vosges, recevaient l’ordre du duc deValmy de venir occuper les quatre débouchés entre Béfort et Phalsbourg.

    Ces légions n’arrivant point, et le duc de Bellune se voyant contraint de se retirer de peur d’être rejeté dans Strasbourg, ordonna au comte Milhaud et à l’infanterie qu’il avait dans la vallée de Colmar de se replier par Molsheim sur Saverne, où son intention était de se concentrer et tenir ferme, afin de donner au duc de Raguse le temps de venir à lui. Mais il se trouvait déjà séparé de son collègue par l’armée de Silésie qui, dès le 7 janvier, était arrivée sur la Sarre.

    Dans cette situation, le mouvement du comte de Wrède forca le général Milhaud à se retirer par la vallée de Sainte-Marie-aux Mines, et par suite, obligea le maréchal à prendre un point de concentration plus éloigné. Laissant donc à Saverne le comte de Ségur avec les 3e et 4e régiments de gardes d’honneur pour observer le comte de Wittgenstein, et achever l’approvisionnement de Phalsbourg, le maréchal se dirigea, le 5 janvier, par Mutzig et Framont sur Baccarat, où il devait se réunir au comte Milhaud.

    Une partie de l’infanterie et les dragons du 5e corps s’y établirent. La division Duhesme forte de 5 bataillons, la cavalerie légère et une batterie à cheval furent poussées en première ligne à Raon-l’Etape.

    Cette retraite dérangea le grand plan de défense de l’Empereur, qui en conçut de l’humeur, et en fit des reproches très vifs au maréchal. Les alliés maîtres des débouchés de Colmar sur Nancy, pouvaient arriver sans obstacle dans le bassin de la Moselle et enlever aux Français l’avantage des deux saillans que la chaîne des Vosges et le Hundsruck forment vers Béfort et Landaw. Le théâtre du premier commandement envahi, celui du deuxième sérieusement menacé, il fallut reculer le centre de celui-ci à Nancy, avant même qu’on fût en état d’y avoir un noyau d’armée.

    Le duc de Valmy reçut l’ordre d’y diriger en toute hâte la 2e division de voltigeurs qui était en formation à Sarrelouis ; et cette division qui comptait à peine 5200 hommes armés depuis quinze jours, à laquelle se joignirent 400 chevaux du dépôt général des remontes, et deux batteries, forma le corps d’armée avec lequel le prince de la Moskowa fut chargé d’arrêter les progrès de l’ennemi dans cette direction.

    Cependant le comte de Wrède reçut ordre de s’approcher de la grande armée par Saint-Dié sur Langres, et le prince royal de Wurtemberg de celle de Silésie par Remiremont et Epinal. Le blocus des places de Schlestadt, Brisach, et Hunin gue fut confié au lieutenant-général Beckers, et les deux corps se disposèrent à exécuter leur mouvement.

    Le prince royal de Wurtemberg se mit en marche par Remiremont sur Epinal, où il rencontra la brigade Rousseau, soutenue par 300 chevaux aux ordres du général Duvigneau, que le prince de la Moskowa avait envoyés de Nancy pour en chasser le parti de cosaques qui l’occupait. Cette faible troupe, hors d’état de se mesurer avec un corps d’armée, commenca sa retraite par Thaon, où elle parvint sans accident.

    Mais là, l’avant-garde qui la poursuivait reçut un renfort inattendu. C’étaient les cosaques du général Grekow, formant l’avant-garde de l’hetman Platow, qui ayant été détachés des réserves du comte Barclay de Tolly devaient entrer en ligne le 9 à Epinal. Les Wurtembergeois, enhardis par l’arrivée de cette cavalerie, redoublèrent d’ardeur dans la poursuite, et rejetèrent les Français dans Charmes après un engagement vigoureux.

    Cependant le duc de Bellune voulant faire un dernier effort pour éloigner l’ennemi et assurer sa position, autant que le permettait sa faiblesse, avait résolu de faire avancer de Raon sur Saint-Dié la division Duhesme, soutenue par les dragons du général l’Héritier, tandis que ceux du général Briche chasseraient de Rambervillers un parti ennemi, et que le général Cassagne avec une colonne d’infanterie et 300 chevaux, se porterait sur Epinal, qu’on ne croyait occupé que par des troupes légères.

    Le général Cassagne, trompé comme le maréchal sur la force de l’ennemi qu’il avait en tête, donna sur le gros des Wurtembergeois. Son infanterie écrasée par le nombre se retira avec peine ; la presque totalité de sa cavalerie fut enlevée.

    Alors le prince royal de Wurtemberg, s’avança d’Epinal par Bourbonne, dans la direction de Langres, vers les sources de la Meuse, où il prit son rang dans la ligne de la grande armée, à droite du corps de Giulay.

    La division Briche plus heureuse que la colonne Cassagne, tomba à l’improviste dans le Vallon, entre Saint-Dié et Rambervillers, sur un parti de 200 cosaques que le général Montélégier culbuta à la tête du 6e de dragons, et poursuivit au-delà de ce bourg, où le général Briche s’établit.

    L’expédition du cénéral Duhesme rencontra de plus redoutables ennemis. Le corps du comte de Wrède, ayant en tête de colonne la 3e division bavaroise, et à l’avant-garde la brigade Deroy, s’avançait sur Saint-Dié, qui n’avait été jusqu’alors occupé que par des partis.

    A peine les avant-postes s’étaient-ils établis de l’autre côté de la ville, qu’ils furent attaqués vers onze heures, par les dragons du général l’Héritier, qui les repoussèrent jusqu’à Sainte-Marguerite, dont ils s’emparèrent. Bientôt le général Duhesme déboucha de ce village à la tête de son infanterie, et trouva la brigade Deroy, en bataille et prête à le recevoir. Le choc fut rude et tourna à l’avantage des Bavarois, dont le général tomba blessé grièvement au moment où ses troupes enlevaient Sainte-Marguerite.

    Le colonel Treuberg qui le remplaça poursuivit ses avantages et continua à pousser les Francais jusqu’au pont de la Meurthe, derrière lequel ils se reformèrent entre Sainte-Marguerite et Saint-Dié. L’infanterie bavaroise les ayant bientôt atteints, le combat recommença. Les nombreuses coupures du terrain, rendaient nulle l’action de la cavalerie, l’infanterie même ne pouvait se mouvoir qu’avec lenteur. Mais l’artillerie jouant avec avantage obligea le général Duhesme à continuer son mouvement rétrograde sur Saint-Dié.

    Le colonel Treuberg combinant des mouvements de flanc avec son attaque de front, enleva la ville de vive force, et porta ses avant-postes sur les routes de Raon et de Bruyères. Le général Duhesme se retira avec sa poignée d’hommes par Saint-Michel sur Rambervillers.

    Ainsi repoussé sur son front, le duc de Bellune était menacé plus sérieusement encore par le prince royal de Wurtemberg, dont le mouvement sur la Haute-Marne compromettait son flanc droit. Malgré le danger de sa situation, sentant toute l’importance de la possession des Vosges, il balançait encore à les abandonner, lorsque le maréchal prince de la Moskowa, lui manda de Nancy que la gauche de l’armée de Silésie s’avançant à grands pas par Château-Salins, allait lui couper la retraite pour peu qu’il tardât à l’effectuer.

    Il n’y avait pas un moment à perdre : les troupes se mirent en mouvement des points où elles se trouvaient, et après s’être réunies à Saint-Nicolas, gagnèrent Nancy, ou s’opéra la jonction avec le prince de la Moskowa. Ce maréchal etait en communication par sa gauche avec le duc de Raguse qui se trouvait sur la sur la Moselle, et dès lors, les 3 corps opérèrent ensemble devant l’armée de Silésie.

    Débarrassée par cette brusque retraite du seul ennemi qui lui disputait le terrain, l’avant-garde bavaroise, s’avanca sans résistance jusqu’à Lunéville. Ses coureurs poussés le 15 janvier sur Nancy, lui apprirent l’occupation de cette ville par l’aile gauche de l’armée de Silésie.

    Le comte de Wrède qui, avec le gros de ses forces, se trouvait à Saint-Dié, voyant dès lors son front dégagé et sa droite assurée, reprit son mouvement le 16 janvier, et se porta en quatre marches sur Neufchâteau et Châtenoy. C’est là qu’il entra dans la ligne de la grande armée, dont il forma l’extrême droite et ouvrit la communication avec celle de Silésie.

     

     

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