• 8 janvier 2012 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     Le 8 janvier 1558 - La reprise de Calais dans EPHEMERIDE MILITAIRE Henri-de-Lorraine-Duc-de-Guise-150x150

    La reprise de Calais

    D’après « Histoire de France depuis les origines » – 1866

     

    Calais était pour la France ce que Grenade avait été longtemps pour l’Espagne, la dernière forteresse qui perpétuat le souvenir de la domination étrangère sur le continent. Les Anglais en étaient maîtres depuis Edouard III, c’est-à-dire depuis deux cent dix ans, et ni en France ni en Angleterre on ne croyait aisé de le leur enlever.

    En France, pour désigner un mauvais général, on disait : « Ce ne sera pas lui qui chassera de Calais les Anglais ».
    Un proverbe, que les Anglais avaient eux-mêmes accrédité, disait : « Il sera vraisemblable que Calais on assiège, quand le fer et le plomb nageront comme liège ».

    Guise forma le projet d’enlever Calais.

    On savait la place un peu abandonnée, tant les Anglais comptaient sur sa force naturelle. Entourée de larges fossés dans lesquels on avait détourné une rivière, et protégée par des marais qui s’étendaient à une distance considérable, elle semblait à l’abri d’une attaque, surtout l’hiver. Le gouvernement anglais profitait de cette fausse sécurité pour diminuer la garnison pendant les mauvais mois de l’année, par mesure d’économie. Lord Grey, gouverneur de la place, se montrait moins rassuré, mais on avait refusé d’écouter ses représentations.

    Strozzi, l’ingénieur qui avait présidé à la défense de Metz, s’introduisit à Calais sous un déguisement, accompagné des deux capitaines Senarpont et Dalbene, et prit une connaissance exacte des fortifications.

    Guise parcourut la frontière, fit réunir des bateaux dans la Manche pour avoir une flottille qui l’appuyât, et se procura beaucoup d’argent, car avec la grande proportion d’étrangers auxiliaires servant dans les troupes françaises, la moindre irrégularité de solde pouvait tout mettre en péril.

    Quand les préparatifs furent achevés, il commença par une fausse attaque du côté de Saint-Quentin pour donner le change à l’ennemi, puis il partit de Doullens, rallia les garnisons des petites villes de la Picardie et du Boulonnais, et arriva devant Calais le 31 décembre. Le 1er janvier 1558, il ouvrit le feu contre les forts de Sainte-Agathe et de Nieullay, placés en tête de la jetée par laquelle la ville communiquait avec la terre ferme.

    Sainte-Agathe fut enlevé le jour même. Il franchit alors la rivière, s’avança sur les dunes, s’y établit solidement, et le troisième jour enleva le Risbank, c’est-à-dire le fort qui dominait le port. Celui de Nieullay, que les Anglais appelaient Newnham bridge, tombait dans le même moment en son pouvoir.

    Maître de la rivière et du port, il entreprit alors de battre le château. Il établit pour cela douze canons sur les dunes en profitant de la marée basse, et tira sans autre interruption que celle qui était causée par l’état de la mer. A la première brèche, l’assaut fut donné, et le duc d’Aumale qui le conduisait se logea dans le château, malgré la résistance énergique de la garnison anglaise, qui ne se rendit qu’à la dernière extrémité.

    Dès que les Français furent entrés dans le château, la ville céda. La garnison, qui n’était que de cinq cents hommes, se rendit le 8 janvier.

    On garda le gouverneur, lord Grey, avec une cinquantaine d’hommes d’armes, et on leur imposa d’énormes rançons. On permit aux autres de sortir de la place, un bâton blanc à la main.

    La ville avait un arsenal considérable, trois cents pièces d’artillerie, et de vastes entrepôts de commerce anglais. Tout fut la proie des vainqueurs.

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso