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  • 31 décembre 2011 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 28 décembre 1794 - La prise du fort saint-André à l’île Bommel dans EPHEMERIDE MILITAIRE Plan-de-Bommel-150x150

    Plan de Bommel

    La prise du fort saint-André à l’île Bommel

    D’après « France militaire : histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837 »

    La conquête de la Belgique n’avait pas profité à l’armée du Nord. Les vêtements des troupes, usés par sept mois de fatigues et de marches continuelles, n’offraient plus que des lambeaux. L’armée manquait des plus indispensables effets d’équipement mais cette fâcheuse circonstance jointe au mauvais état des routes, les froids rigoureux d’un hiver précoce, le débordement des fleuves gonflés par des pluies abondantes, ne purent déterminer les représentants du Comité de salut public à permettre aux soldats de prendre des quartiers d’hiver. Il fallut se résigner à continuer la campagne et à passer le Wahal.

     

    Pour bien comprendre les opérations qui avaient lieu dans cette partie des Pays-Bas, il faut se rappeler que le Wahal est le grand bras du Rhin, qui se sépare du fleuve près de Tolhuys et reçoit la Meuse au-dessus du fort Saint-André. Cette rivière, après avoir coulé assez longtemps dans la même direction que le Wahal, et formé cette langue de terre nommée le Maas-Wahal (entre Meuse et Wahal), s’en écarte tout à coup et le rejoint définitivement au-dessus de Gorcum, laissant entre elle et le fleuve un espace très fertile nommé île Bommel, dont le fort Saint-André est la clef.

    Le Rhin, quittant le Wahal au fort de Schenk, continue à couler par Tolhuys et Arnheim, où il se divise de nouveau en deux grands bras. Celui de gauche prend le nom de Leck, il coule parallèlement au Wahal et tombe avec lui dans la mer près de Rotterdam. Le bras de droite se nomme Yssel, et coulant dans une direction perpendiculaire, du midi au nord, va se jeter dans le Zuyderzee.

    Trois attaques furent donc décidées ; les deux secondaires devaient être faites sur Kokerdun et le fort Saint-André et la principale sur Bommel.

    Le 12 décembre, au point du jour, les Républicains commencèrent dans des batelets leur périlleux passage. Quelques compagnies de grenadiers aux ordres de Vandamme, traversèrent assez heureusement le Wahal vers Kokerdun, enlevèrent quelques prisonniers et enclouèrent quatre canons. Mais l’arrivée de forces coalisées supérieures les contraignit à rétrograder.

    L’ennemi prévenu à Saint-André, se tenait sur ses gardes, tout prêt à faire feu. Une partie des bateaux français furent coulés bas, les autres furent pris et d’autres enfin revinrent sur la rive gauche. L’attaque de Bommel fut insignifiante. Les premiers bateaux furent reçus par un feu si formidable, qu’ils reculèrent. Leur exemple dégoûta les plus résolus, et Daendels, lui-même qui fit renoncer à l’entreprise, attendu que l’ennemi tirait trop d’avantage de sa position.

    L’armée dut ainsi à la force des circonstances quelques jours de repos, que l’humanité des représentants venait de lui refuser. Mais ce repos ne devait pas être de longue durée. Le duc d’York était parti pour l’Angleterre, laissant à Walmoden le commandement de l’armée anglo-hanovrienne.

    La rigueur de l’hiver menaçant de transformer toutes les plaines couvertes d’eau en champs de glace praticables pour les troupes, allait nécessairement soumettre les armées à des combinaisons et à des manœuvres nouvelles. Walmoden, voyant la Meuse déjà prise sur son front, pendant que le Rhin et le Wahal chariaient derrière lui, pensa que sa ligne était sur le point d’être découverte et sa retraite coupée, quand il apprit que l’ennemi commençait sur toute la ligne des mouvements inquiétants.

    La Meuse et le Wahal se trouvèrent complétement gelés dès le 23 décembre, et le thermomètre baissant chaque jour, était descendu à 17 degrés au-dessous de zéro.

    Le 28, Delmas franchit la Meuse avec les brigades Daendels et Osten. Sa principale attaque exécutée vers Crèvecœur, Empel et le fort Saint-André, eut un plein succès. Le centre des Hollandais prit la fuite et fut vivement poursuivi dans la direction de Bommel. Les bataillons d’Orange, de Frise, de Hohenlohe et de Debons furent presque tous pris. Les troupes qui étaient à la droite vers Heusden, se retirèrent sur Gorcum, où se tenait le gros de l’armée Hollandaise. Celles qui étaient vers le fort Saint-André se dirigèrent sur Thiel.

    Cette déroute des troupes de l’Ile Bommel fut partagée par les gardes suisses et par les autres corps hollandais cantonnés derrière le Wahal. Les Français purent passer ce fleuve sans combattre. Quelques fuyards ne se crurent en sûreté qu’à Utrecht. Les Républicains s’emparèrent de soixante pièces de canon, qui n’eurent pas le temps de tirer un seul coup, d’un parc de réserve, et firent 1 600 prisonniers.

    Tous les cantonnements de l’aile droite ennemie, entre le Wahal et le Leck, eussent été perdus si les Français eussent agi plus activement et plus en forces, car on ne pouvait ni passer en bateau ni établir un pont sur le Leck, qui charriait encore de grandes masses de glaçons.

    La ligne des alliés se trouvant ainsi enfoncée entre Thiel et Gorcum par suite de cette opération, si alors pénétrant par cette trouée, Pichegru, qui était revenu à l’armée, se fût vivement porté sur le flanc droit de Walmoden, il eût pu écraser le général anglais avant que celui-ci eût eu le temps de gagner le Rhin. La crainte de ne pouvoir traîner des canons sur le Wahal empécha Pichegru de suivre cette direction dangereuse.

    2 000 hommes furent laissés sur la rive droite à Thiel et à Wardenbourg, le reste fut rappelé dans l’île Bommel.

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