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  • 27 décembre 2011 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

    Le 25 décembre 1800 La bataille de Pozzolo et le passage du Mincio dans EPHEMERIDE MILITAIRE général-Dupont-150x150

    Le général Dupont

     

    La bataille de Pozzolo et le passage du Mincio

    D’après « Ephémérides militaires »

     

    Les négociations entamées à Lunéville entre les plénipotentiaires de la république française et de l’Autriche, n’ayant pu amener un accommodement entre ces deux puissances, le premier consul Bonaparte dirigea deux armées principales contre les armées autrichiennes : celle d’Allemagne sous le général Moreau, et celle d’Italie sous le général Brune.

    La première, ayant battu les troupes ennemies qui lui étaient opposées, s’avança jusqu’aux portes de Vienne. Voici quelles furent les opérations de la seconde dans le nord de l’Italie.

    Quoique l’armistice eût été dénoncé en Italie vers la fin de novembre, ainsi qu’il l’avait été en Allemagne à la même époque, la reprise des hostilités n’y fut point aussi prompte. Les deux généraux ennemis attendaient respectivement que leurs flancs fussent mis à couvert par la marche des troupes qui, à cet effet, s’avançaient de part et d’autre vers l’intérieur du Tirol, et ce ne fut qu’au milieu de décembre que les deux armées s’ébranlèrent.

    L’armée autrichienne, commandée par le feld-maréchal comte de Bellegarde, occupait la ligne du Mincio sur la rive gauche de cette rivière. Elle avait fortifié les points principaux de cette position, naturellement très formidable. Un corps de vingt mille hommes était répandu sur la rive droite de Desenzano sur le lac de Garda, à Borgoforte, et tenait les meilleurs postes.

    L’armée française était en position sur la rive droite. Le général Moncey commandait l’aile gauche, le général Suchet le centre, et le général Dupont la droite ; l’avant-garde était aux ordres du général Delmas.

    Le 17 décembre, le général autrichien, pour persuader au général français qu’il voulait agir offensivement par son aile gauche, fit faire une forte reconnaissance sur toute la ligne, et déploya plusieurs bataillons, soutenus par un grand feu d’artillerie, à l’extrémité droite de sa ligne, et parut concentrer ses forces pour une attaque prochaine.

    Le général Brune, sans attendre le développement des projets de l’ennemi, résolut de le prévenir en se portant lui-même en avant et passant le Mincio par son aile gauche à Mozambano, vers le point où le comte de Bellegarde faisait ses démonstrations. Le 21, le général Delmas commença l’attaque sur Ponti et Peschiera, et l’action s’engagea de la gauche à la droite, depuis le lac de Garda jusqu’à Goïto, vers Mantoue. L’attaque eut un plein succès, et tous les avant-postes autrichiens furent repliés derrière le Mincio.

    Les mouvements et les attaques simultanées du centre et de l’aile droite jusqu’aux portes de Mantoue avaient divisé et même entraîné l’attention du général autrichien. Le général Brune en profita avec célérité pour rapprocher de sa gauche les corps du centre et de l’aile droite, et sut dérober son mouvement à l’ennemi par une marche de nuit.

    Le 24 au soir, le général Dupont quitta Goïto et porta à Volta tout son corps d’armée, destiné à exécuter une fausse attaque en jetant un pont à Molino della Volta, en face de Pozzolo, pendant que le grand passage s’exécuterait, le même jour 25 décembre, à Monzambano.

    Le général Suchet quitta Volta, remonta le fleuve et se réunit à l’aile gauche, à l’avantgarde et à la réserve, vis-à-vis Monzambano. Mais ce mouvement général ne put s’exécuter avec autant de précision qu’il eût été nécessaire dans cette importante occasion : les difficultés du terrain empêchèrent les troupes destinées au véritable passage de se trouver réunies et en mesure d’agir à l’heure indiquée, et le général Brune remit l’opération au lendemain 26. Mais il ne donna pas de contre-ordre pour la fausse attaque, parce qu’il jugea que la diversion qu’elle devait opérer serait plus forte et plus utile, étant exécutée la veille du grand passage, que si elle n’avait lieu que simultanément.

    Ainsi que le portaient ses instructions, le général Dupont se trouva le 25 décembre, à la pointe du jour, au bord du Mincio, vis-à-vis Pozzolo. Le chef de brigade Macon, sous la protection de quelques pièces d’artillerie, se jeta dans les premières barques lancées à l’eau, et avec les tirailleurs, prit pied sur la rive gauche. Malgré le feu de douze cents Autrichiens qui les attaquèrent vigoureusement, ils ne purent être dépostés. Le pont s’acheva rapidement, le général Musnier le franchit arec une demi – brigade, poussa l’ennemi jusqu’à Pozzolo. La division Watrin passa tout entière et gagna du terrain malgré les renforts dont à chaque instant se grossissaient les Autrichiens.

    Le général Dupont attendait, pour profiter de ce premier avantage, la seconde division commandée par le général Monnier, qui n’était pas encore arrivée, lorsqu’il reçut du général Brune l’ordre de ne point « engager d’action importante sur la rive gauche, et de se borner à protéger par le feu de ses batteries le pont qu’il avait fait jeter ».

    C’était trop tard : l’affaire était fortement engagée. Il fallait livrer ou recevoir la bataille, et la moindre hésitation entraînait la perte totale de tout ce qui avait passé le pont.

    Le général Bellegarde, incertain du point sur lequel les Français porteraient leurs plus fortes masses, avait réuni dans une position centrale, à deux heures de marche de Pozzolo, un corps de trente-cinq mille hommes. Informé de l’attaque sur ce village, il ne douta pas que le projet du général Brune ne fût pleinement démasqué, et marcha lui-même sur ce point avec toutes ses forces disponibles, dans l’espérance de jeter dans le Mincio ce corps d’avant -garde, d’interrompre le passage et de détruire le pont. De nombreuses et fortes colonnes débouchèrent donc sur Pozzolo.

    Le général Suchet arriva sur ces entrefaites, chargé d’arrêter le mouvement de l’aile droite. Mais, comme le général Dupont, il jugea de l’impossibilité d’exécuter littéralement les ordres du général en chef, et des conséquences funestes d’un mouvement rétrograde.

    Convaincu que le salut de l’aile droite exigeait qu’elle soutînt cette lutte, qui de moment en moment devenait plus inégale, il s’offrit généreusement d’y concourir de tous ses moyens. Le colonel Ricard, officier d’état-major, fut cependant dépêché au quartier-général pour rendre compte de ce qui se passait à Pozzolo et prendre de nouveaux ordres.

    Le général Dupont faisait observer au général Brune qu’il ne s’agissait plus d’une diversion sur ce point ; que puisque le gros de l’ennemi s’y trouvait, il fallait profiter d’un passage si heureusement exécuté, et regarder comme une forte tête de pont le village de Pozzolo, où il espérait se maintenir, et qu’alors le reste de l’armée pourrait y déboucher sur la rive gauche, et remporterait une victoire qui terminerait la campagne.

    Le général Dupont continua cependant de faire tête à l’ennemi. La division Monnier étant arrivée, passa le pont et occupa Pozzolo. La division Watrin s’appuya à gauche, le long de la digue, jusqu’aux moulins de la Volta. Le général Suchet, laissant la division Loison en observation devant Borghetto, porta celle du général Gazan et toute l’artillerie du corps du centre sur le plateau qui domine la rive gauche, pour imposer à l’ennemi, encourager les troupes du général Dupont, et protéger leur retraite si elle devenait indispensable. Bientôt après, les divisions engagées étant vivement pressées, cette division passa aussi le pont et alla soutenir la droite, presque accablée dans Pozzolo.

    Le général Bellegarde tenta d’abord de forcer la digue derrière laquelle était naturellement retranchée la division Watrin ; mais il ne put y réussir. Il concentra alors ses attaques sur Pozzolo, et parvint à s’en emparer. Le pont se trouva à découvert, et une colonne autrichienne, longeant le Mincio, n’en était pas éloignée de plus de cent toises.

    Dans cette situation presque désespérée, le général Dupont, ralliant la division Monnier, que celle de Gazan accourait soutenir, et saisissant un moment d’hésitation de l’ennemi, ordonna une charge générale sur toute la ligne. Elle fut exécutée avec tant d’ensemble et d’impétuosité, si bien secondée par le feu de l’artillerie de la rive droite, que les Autrichiens perdirent en un instant tout le terrain qu’ils avaient gagné. Le général Watrin leur enleva près de mille prisonniers, un drapeau et cinq pièces de canon. Le général Gazan attaqua et reprit à la baïonnette le village de Pozzolo.

    Les Autrichiens en désordre, poursuivis au loin dans la plaine, se rallient derrière de nouvelles masses de troupes fraîches. Le général Bellegarde les ramène en bon ordre, les fait soutenir par une réserve de six bataillons de grenadiers hongrois, et emporte de nouveau le village, malgré la résistance la plus opiniâtre. Le capitaine Mathieu, de la 8e légère, ne pouvant se résoudre à une seconde retraite, s’enferma avec trente hommes dans une maison, et s’y défendit obstinément.

    Le général Suchet, voyant que le général Dupont n’avait plus de réserve et que l’affaire était perdue si l’ennemi restait maître de Pozzolo, envoya encore les 43e et 106e demi-brigades de la division Loison, sous les ordres du genéral Colli, sur la rive gauche. Dans le même temps, le général Davout, commandant en chef la cavalerie de l’armée, accourut au bruit du canon avec quelques régiments de dragons, saisit le moment de prendre part à l’action, franchit le pont, et appuya la troisième et dernière attaque de Pozzolo.

    Le général Colli, avec sa brigade pleine d’ardeur et non encore fatiguée, contribua puissamment à décider cette lutte sanglante. Ayant formé ses deux régiments en deux colonnes d’attaque, il fondit sur les Autrichiens au débouché du village, les mit en désordre, les en chassa et dégagea l’intrépide capitaine Mathieu, qui se défendait encore dans la maison où il s’était barricadé.

    Une forte colonne de grenadiers hongrois résistait seule encore à ce dernier effort. Elle fut culbutée par les dragons, à la tête desquels le général Rivaud exécuta une charge vigoureuse. Les Autrichiens cédèrent enfin le champ de bataille, si disputé et si glorieusement conservé par les Français, malgré l’inégalité des forces.

    La nuit survint, et le combat paraissait terminé, lorsque les Autrichiens, avec un renfort de quelques bataillons, vinrent tout-à-coup fondre sur la division Watrin, mais ils furent si bien reçus qu’ils ne tentèrent point une seconde attaque. Vers huit heures, ils firent également une tentative sur Pozzolo avec aussi peu de succès, et le feu ne cessa totalement qu’à neuf heures.

    Les Autrichiens eurent dans cette journée plus de quatre mille hommes hors de combat, mille prisonniers et neuf pièces de canon tombèrent au pouvoir des Français, qui firent aussi des pertes très sensibles, quoique dans une moindre proportion, eu égard à leur infériorité numérique ; ils eurent de mille à douze cents blessés.

    Quel qu’eut été le succès du passage et de la journée de Pozzolo, le général Brune ne changea rien au plan qu’il avait adopté pour le passage de l’avant-garde, de l’aile gauche et du centre à Monzambano. En conséquence, il prescrivit au général Dupont de se tenir sur la défensive jusqu’au lendemain dix heures du matin, pour manœuvrer ensuite sur la rive gauche, selon le succès du passage et l’engagement de l’armée. Il ordonna en même temps au général Suchet de faire repasser le Mincio pendant la nuit à ses trois brigades qui avaient été engagées, et de se rapprocher de Monzambano.

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