Restez à jour: Articles | Commentaires

  • 25 décembre 2011 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Le 22 décembre 1793 - Le combat de Freschweiller dans EPHEMERIDE MILITAIRE Scène-en-Alsace-150x150

    Scène en Alsace

    Le combat de Freschweiller (Froeschwiller)

    D’après « Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français, de 1792 à 1815 »

    Le général Hoche avait conçu un plan pour essayer de réparer l’échec de Kayserslautern, en se rapprochant de l’armée du Rhin pour opérer, de concert avec elle, le déblocus de Landau.

    La saison était devenue plus rigoureuse, et en attendant que ses nouvelles mesures fussent prises, Hoche voulut faire baraquer les troupes, et donna ses ordres à cet effet. Le soldat, déjà très fatigué de la campagne, espérait entrer en quartiers d’hiver, et se refusa à la construction des baraques.

    Le parti que le général prit en cette circonstance pour arrêter les progrès de la mutinerie ne pouvait manquer de réussir avec des Français. Il fit mettre à l’ordre « que le régiment qui avait exprimé le premier son mécontentement n’aurait pas l’honneur de marcher au premier combat ».

    Les soldats, sensibles à une punition qu’ils regardaient comme infamante, viennent les larmes aux yeux supplier leur général de révoquer son ordre, et de leur accorder comme grâce de marcher à l’avant-garde. Hoche y consent, et bientôt ces braves justifient l’indulgence de leur général par des prodiges de valeur.

    Le corps d’armée du général prussien Hotze était retranché sur les hauteurs de Freschweiller et de Werdt. Ces positions couvraient les lignes autrichiennes, établies en devant de la Moder. Hoche, malgré l’infériorité de ses forces, résolut, d’attaquer les Prussiens.

    Il arrive le 21 décembre au soir en présence des premiers retranchements de l’ennemi. Toute la valeur française était nécessaire pour les emporter. Les redoutes étaient disposées en échelons et garnies d’une nombreuse et formidable artillerie.

    Le général français fait marcher en colonnes séparées les trois divisions qui composent son armée. Deux devaient attaquer de front, la troisième, filant à travers les bois, était destinée à prendre les Prussiens en flanc.

    Le 22, l’attaque commence sur le front des retranchements. A la vue des obstacles qu’il faut franchir, et surtout du triple rang de batteries qu’il faut emporter, les bataillons républicains témoignent quelque hésitation. Le général en chef les ranime par une de ces saillies heureuses qui lui étaient familières, et qui sont presque toujours d’un grand effet sur un champ de bataille, surtout avec des Français qui portent l’enjouement de leur caractère jusqu’au milieu de la mêlée la plus sanglante.

    « Camarades, s’écrie Hoche en parcourant les rangs, à six cents livres pièce les canons prussiens ». « Adjugé », répondent avec gaieté les soldats français, en se précipitant la baïonnette en avant sur l’ennemi.

    Celui-ci oppose la plus vigoureuse résistance. Son artillerie fait un feu terrible qui emporte des rangs entiers. Mais les assaillants n’en sont point ébranlés, la première ligne des redoutes est forcée. Le général Dubois qui combattait à la tête de l’avant-garde est dangereusement blessé. Cet accident ne ralentit point l’ardeur de ses soldats, et bientôt, ils s’emparent des seconds retranchements à travers les boulets, les obus et les balles des Prussiens qui résistent dans les redoutes, en opposant la baïonnette à la baïonnette.

    Sur ces entrefaites, la colonne qui devait passer par les bois pour attaquer un des flancs de l’ennemi venait d’achever son mouvement, elle paraît tout-à-coup sur la gauche de l’armée, et gravit les hauteurs.

    A sa vue, les deux autres colonnes poussent des cris de victoire. Les Prussiens, effrayés, sont obligés de dégarnir leur front de bataille, afin de s’opposer au mouvement de la nouvelle attaque. Hoche profite de cette circonstance pour imprimer un nouvel élan à ses troupes, et pour les conduire aux derniers retranchements sur le sommet des hauteurs. En un moment, ces obstacles sont attaqués, franchis et emportés.

    Obligés de céder à l’impétuosité française, les Prussiens abandonnent dix-huit canons, vingt-quatre caissons et un champ de bataille couvert de leurs morts et de leurs blessés. Les canons traînés devant le général Hoche par les soldats qui s’en étaient emparés, furent payés au prix de l’estimation fixée au commencement de l’action.

    Le 2e régiment des carabiniers et le 3e de hussards furent envoyés à la poursuite des Prussiens. Ceux-ci, parvenus au-delà de Werdts, se rallient sous la protection de quelques corps qui n’avaient point donné et opposèrent une résistance qui aurait pu devenir fatale à la cavalerie française, si le 14e régiment de dragons ne fut arrivé au secours des carabiniers et des hussards.

    Les trois régiments réunis, chargèrent l’infanterie prussienne qui s’était postée sur une hauteur. Cette charge, bien menée, culbuta les Prussiens, qui se rompirent en laissant au pouvoir des Français douze cents prisonniers, et six pièces d’artillerie. Ce dernier mouvement de cavalerie fut d’autant plus heureux qu’il dégagea un bataillon qui, s’étant imprudemment fourvoyé au milieu des Prussiens, allait être fait prisonnier par eux.

    Le principal avantage que les Français retirèrent de ces combats, fut de prendre à revers les lignes autrichiennes établies sur la Moder, et de forcer les troupes alliées à se retirer en arrière de la Lauter. L’armée du Rhin, qui commençait à agir de concert avec celle de la Moselle, s’empara de Lembach, Druzenheim, Guntershoffen, Bischweiller et Haguenau.

  • Laisser un commentaire


18 jule Blog Kasel-Golzig b... |
18 jule Blog Leoben in Karn... |
18 jule Blog Schweich by acao |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | 21 jule Blog Hartberg Umgeb...
| 21 jule Blog Desaulniers by...
| 21 jule Blog Bad Laer by caso