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  • 25 décembre 2011 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    Le 20 décembre 1803 - Cession de la Louisiane dans EPHEMERIDE MILITAIRE Carte-de-La-Louisiane-en-1803-150x150

    Carte de La Louisiane en 1803

     

    Le drapeau français cesse de flotter sur le territoire de la Louisiane

    D’après « Histoire de la Louisiane et de la cession de cette colonie par la France aux États-Unis de l’Amérique septentrionale » – François Barbé de Marbois – 1829

     

    Le 20 décembre 1803, jour fixé pour la remise de la colonie aux États-Unis, le commissaire français Laussat se rendit à l’hôtel de ville avec un cortège nombreux. Au même instant et par son ordre, les troupes américaines furent introduites dans la capitale.

    Clayborne et Wilkinson, reçus en cérémonie dans la salle de l’hôtel de ville, se placèrent aux deux côtés du préfet. Le traité de cession, les pouvoirs respectifs et le procès-verbal d’échange des ratifications furent lus.

    Alors Laussat prononça ces paroles : « En conformité du traité, je mets les États-Unis en possession des pays, contrées et dépendances de la Louisiane. Les citoyens et habitants qui voudront y rester et obéir à leurs lois, sont dès ce moment relevés du serment de fidélité envers la République française ».

    M. Clayborne, gouverneur du territoire du Mississipi, exerçant les pouvoirs de gouverneur général et d’intendant de la province de la Louisiane, prononça un discours de félicitation adressé aux Louisianais. « La cession, disait-il, assure à vous-mêmes et à vos descendants l’héritage certain de la liberté, des lois perpétuelles et des magistrats que vous élirez vous-mêmes ». Ces formalités remplies, les commissaires des deux puissances, en se retirant, purent être témoins d’un incident produit par les dernières impressions que causait ce changement.

    A l’arrivée de M. Laussat, neuf mois avant son rappel, la colonie avait pu se croire de nouveau française, et peu de temps avait suffi pour ranimer dans les cœurs de quelques vieux habitants des sentiments qu’une aussi longue séparation n’avait pu entièrement éteindre. Ils les manifestèrent à l’occasion du changement de pavillon.

    Pendant les vingt jours que dura la domination française, celui de France avait flotté sur la maison de ville. Des soldats français, retirés depuis quelques années à la Louisiane, d’autres amenés de différents lieux au Mississipi par des destinées et des intérêts divers, s’étaient réunis à la vue des couleurs nationales. Au nombre de cinquante, ils s’étaient de leur propre mouvement constitués gardiens d’un drapeau illustré par tant de victoires, et ils veillaient à sa garde, comme si elle leur eût été consignée.

    Le changement des pavillons se fit par l’élévation de l’un et la descente de l’autre. Lorsqu’ils furent à demi-hauteur, on les y arrêta quelques instants, et l’artillerie et les fanfares célébrèrent cette union quand on vit celui des États-Unis s’élever au haut du mât et se déployer dans les airs, les Américains exprimèrent leur joie par les cris accoutumés. En même temps, les couleurs de la République française descendaient et furent reçues dans les bras des Français qui les avaient gardées. Leurs regrets éclatèrent, et pour rendre un dernier hommage à ce signe, qui n’était plus celui de la souveraineté du pays, le sergent major s’en enveloppa comme d’une écharpe et après avoir parcouru la ville, il s’achemina vers la maison du commissaire français.

    La petite troupe l’accompagnait. Elle fut saluée en passant devant les lignes des Américains qui lui présentaient les armes, battant aux champs, drapeaux déployés. Les officiers des milices, la plupart français de naissance ou d’origine, suivaient en corps. Laussat les reçut, et ils lui dirent : « Nous avons voulu rendre à la France un dernier témoignage de l’affection que nous lui conserverons toujours. C’est dans vos mains que nous déposons ce symbole du lien qui nous avait rattachés passagèrement à elle ». Laussat répondit « Que la prospérité de la Louisiane soit éternelle ».

     

    Pour en savoir plus sur la vente de la Louisiane française 

  • One Response à “Le 20 décembre 1803 – Cession de la Louisiane”

    • Christian Bensimon on 1 janvier 2014

      c’est émouvant de lire ces lignes d’histoire en sachant que Louis Napoléon Bonaparte l’a céder pour huit millions de dollars de l’époque.
      Lorsque vu de France, nous regardons les trébuchements des gouvernements successifs depuis Louis XIV et l’empressement pour d’autres contrées, ce fut une des fausses routes de la France, dans sa logique.
      Notre pays aurait pu tirer de grandes noblesses de ce cheminement qui n’a malheureusement pas été pris en véritable engagement.
      Depuis 1734, les rideaux étaient pourtant aux couleurs des fleurs de lys des Rois de France.
      Ils avaient les cheveux longs, mais les idées courtes.

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