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  • 5 décembre 2011 - Par Au fil des mots et de l'histoire

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    Joseph Paradis : Soldat du Roy, général de la République.

    Extrait d’un article paru dans la « Revue Populaire Lorraine » en Février 2001.

     

    Joseph Paradis nait à Thiaville (54) le 23 décembre 1741.

    Il effectue ses études à l’école de Thiaville, lorsqu’en 1755, un chamagnon passe, porteur d’une nouvelle qui fait l’effet d’une bombe : Les Anglais ont capturé en mer plus de 300 navires marchands français ! Sans déclaration ! Et c’est parti pour une guerre qui durera sept ans.

    A Raon, les racoleurs battent la caisse sur la Grand’Place, et c’est ainsi qu’il s’engage au régiment des Gardes Lorraines le 3 septembre 1785. Il a près de dix-sept ans.

    A Lunéville, il revêt l’uniforme bleu orné d’agréments et de boutons blancs que porte son régiment, dans lequel il servira pendant près de quarante ans. Il boucle son ceinturon de buffle auquel sont supendus son épée et sa baïonnette, sa bandoulière qui porte la cartouche à dix-neuf trous et le fourniment avec sa poire à poudre. Il enfonce son chapeau bordé d’argent sur le sourcil droit, la cocarde noire au-dessus de l’œil gauche, empoigne son fusil à silex, l’enserre dans son bras gauche, et en avant ! C’est un soldat du Roy qui part en campagne !

    En 1759 et 1760, Joseph Paradis sert sur les côtes de la Manche. Il prend part en particulier au blocus et subit le bombardement du Havre de Grâce. Les campagnes de 1761 et 1762 conduisent le régiment dans le Hanovre, à l’armée du prince de Soubise. La guerre terminée, le régiment se retrouve à Lunéville.

    Joseph Paradis passe sergent en 1763, sergent-fourrier en 1764. Après la mort de Stanislas, le 23 février 1766, le régiment Gardes Lorraines devient régiment de Lorraine. Il endosse l’uniforme blanc avec les boutons jaunes, le collet, les revers et les parements noirs, probablement en signe de deuil, peut-être en souvenir de la livrée du roi Stanislas.

    Au cours des deux décennies qui suivent, il connaît vingt et une garnisons, dans le Midi, le Nord, en Alsace, en Bretagne et en Normandie.

    En 1776, la couleur noire de l’uniforme est remplacée par le vert foncé, et le 06 juillet, il peut coudre sur son avant-bras, les deux galons d’argent de sergent-major. Il accède au grade d’adjudant le 06 avril 1778. Alors que l’habit a quitté le vert pour le rouge, notre soldat devient porte-drapeau le 24 mars 1780. Celui du régiment de Lorraine montre deux quartiers jaunes et deux quartiers noirs opposés, une couronne ducale et comporte cinq aiglons noirs dans chaque branche.

    Il est nommé sous-lieutenant le 08 juin 1787. Il fait partie de l’infime minorité « des quarante-six officiers qui, de 1781 à 1789, le devinrent en sortant du rang ».

    Le 13 avril 1791, la croix de Chevalier de l’Ordre royal et Militaire de Saint-Louis est attribuée à Joseph Paradis, lieutenant en second depuis le 08 mars 1788. Il la doit à Louis XIV, qui en 1693, a décidé que les officiers catholiques ayant dix années d’ancienneté avaient droit à la croix, dispensés de preuves de noblesse.

    Dès le 1er janvier 1791, les régiments ne sont plus désignés que par le numéro du rang qu’ils occupent. C’est donc le 47erégiment d’infanterie ci-devant Lorraine qui, revêtu de l’habit blanc à nouvelle distinctive bleu ciel des revers et des parements, se met en route en septembre pour Givet. Le 12 janvier 1792, il reçoit, portée à gauche, l’épaulette d’or à franges riches à nœuds de cordelières qui distingue le grade de capitaine. Il est alors « l’un des quatre-vingt-dix-neuf officiers de fortune, c’est-à-dire passés par le rang, roturiers ou non, et devant leur grade à leur seul mérite, sur les quelques dix mille que compte l’armée française ».

    Le 20 avril 1792, l’Assemblée Législative déclare la guerre au roi de Hongrie et de Bohème. Le 1er bataillon du 47èmese trouve avec l’armée du Nord dès le 30 avril au combat de Quiévrain. A l’armée des Ardennes, il se trouve à la prise du fort Vilatte, qui entraîne la capitulation de Namur le 02 décembre.

    Le 1er février, la guerre est déclarée à l’Angleterre et à la Hollande. Il est avec Dumouriez au siège de Maastricht qui échoue. Il se bat les 16 et 18 mars à Tirlemont et Neerwinden, où les Français sont vaincus. Il se bat les 1er, 08 et 23 mai « près Valenciennes ». Il se bat, à l’attaque du château d’Esquelbeck, où il est blessé d’un coup de feu à la lèvre supérieure. Il se bat lors des trois sorties de la garnison de Dunkerque, assiégée par les Anglais, pour son déblocus. Dumouriez est passé à l’ennemi.

    Le 6 pluviôse an II (26 janvier 1794), Paradis est nommé chef de bataillon. Avec le 47ème, il se retrouve à l’armée du Nord sous Pichegru, à l’attaque du village d’Ors. Il reçoit à grand Fayt un coup de feu à la tête. Les Autrichiens contrôlent la rive gauche de la Sambre, à l’est de Maubeuge tenue par les Français. Quatre fois de suite, ceux-ci prennent pied de l’autre côté pour être chaque fois rejetés sur leurs positions de départ. Le 8 messidor (26 juin), après douze heures de furieux combats qui embrasent les blés, les Français l’emportent à Fleurus.

    Le 9 messidor, il est nommé par Saint-Just, chef de brigade (colonel) et placé à la tête de la 93e demi-brigade formée, dans le cadre de l’amalgame qui regroupe soldats de la ligne et volontaires du 1er bataillon du 47e régiment d’infanterie, du 1er bataillon de Seine et Marne et du 6ebataillon du Haut-Rhin.

    A la fin de 1794, il se trouve au second siège de Masstricht, où il fait le service de général de brigade. Il est aux prises avec les Autrichiens qui attaquent l’île de Weissenturm, au nord de Coblence. La paix signée avec la Prusse, la Hollande et l’Espagne, il remonte le Rhin, participe à la prise de Kreuznach, prend part aux actions d’Argenthal et de Guerningen en décembre 1795. Le 27 octobre, a commencé le Directoire.

    La guerre n’est pas terminée. Le 7 ventôse précisément, dans le cadre d’un second amalgame, la 93e demi-brigade de bataille est entrée dans la formation de la 49e demi-brigade de ligne nouvellement formée, et à la tête de laquelle Joseph Paradis vient d’être nommé. Il ne tardera pas à retrouver la poudre.

    Avec Jourdan, Joseph Paradis passe le Rhin en juillet, vis-à-vis Saint-Sébastien, près du rocher de la Lorelei. Ses états de service détaillent les durs combats qui le conduisent jusqu’aux monts de Bohème, puis le ramènent à la base de départ. Sous le commandement de Hoche, l’armée passe le Rhin une nouvelle fois en avril 1797, atteint Francfort. La paix est enfin signée avec les Autrichiens à Campo-Formio le 17 octobre 1797.

    Mais le Directoire doit faire face à la seconde coalition. Paradis qui, entre temps, a commandé la place de Flessingue et le camp de West Capelle en Zélande, se retrouve à l’armée de Batavie. Trente mille Anglais et dix-sept mille Russes débarquent en Hollande à la fin août 1799.

    Il se trouve en l’an VIII à la bataille du 10 vendémiaire près de Bergen au dessus d’Alkmaar. A celle du 14 du dit mois, près de Castricum, « les talents militaires qu’il déploiye et les savantes manœuvres qu’il fait exécuter aux troupes sous son commandement, lui méritent d’être élevé sur le champ de bataille par le général en chef Brune, à l’emploi de général de brigade ».

    Le 28 octobre, le général Paradis est désigné pour commander la place de Rotterdam. Le 10 février 1800, il est nommé à l’armée de l’ouest à Saint-Malo, puis à Nantes. L’insurrection vendéenne touche à sa fin…

    Il commande alors le département de la Charente Inférieure, ainsi que les îles d’Oléron, de Ré et d’Aix qui en font partie, et ressent une profonde amertume lorsqu’il est réformé le 21 mai 1801, « ayant encore assez de vigueur pour faire dix campagnes de guerre avec honneur ». Réforme provisoire, car le 1er thermidor (20 juillet 1801), le Premier Consul le nomme au commandement de la place d’Anvers.

    Le général Paradis est nommé officier de la Légion d’Honneur en 1804. En septembre de la même année, affecté d’un rhumatisme chronique fixé sur tout le bras gauche, il se décide à demander sa mise à la retraite. A 63 ans, il se retire à Lunéville, où il achète une maison.

    Le 21 mars 1813, le général et sa femme emménagent dans une nouvelle propriété à Nancy.

    Pendant les Cent Jours (1815), Joseph Paradis, maréchal de camp (dénomination remplaçant le grade de général de brigade), est nommé par l’Empereur membre du collège électoral et invité à participer à l’Assemblée du Champ de Mai, appelée à ratifier l’acte additionnel à la Constitution. Il ne s’y rend pas.

    Joseph Paradis décède le 5 octobre 1824 à Nancy et est inhumé au cimetière Saint-Pierre.

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