A la fin de l’année, en ce mois de décembre,
Quand le Père Noël, courbé sous le fardeau,
Parvient avec bonheur jusqu’au seuil de ta chambre,
Afin d’y déposer ton merveilleux cadeau,
Ton cœur se met à battre, tu ralentis ton souffle,
Et puis tu écarquilles tes yeux émerveillés.
Tu avais disposé et sabots et pantoufles,
Bien tard dans la soirée, juste après la veillée.
Et au cours de la nuit, vraiment interminable,
Que de fois tu as vu la face enluminée
Du Prince des cadeaux, à peine imaginable,
Capable de passer par trou de cheminée.
Il est là devant toi, moustache et barbe blanches,
Et houppelande rouge et bottes bien cirées.
Charmant sourire aux lèvres et hotte sur les hanches,
Il a dans ses deux mains le jouet désiré.
En t’offrant le présent de sa main tremblotante,
Il a dit quelques mots que tu n’as pas compris.
Au lieu d’un grand merci, ta gorge sanglotante
Est restée bien muette, tant tu étais surpris.
Alors tu as tendu ta main reconnaissante
Vers ce bonhomme aimé, toujours très généreux,
Pour embrasser enfin sa joue attendrissante
Et lui prouver ainsi que tu étais heureux.
Qu’il était merveilleux cet instant éphémère,
Débordant de chaleur et de cordialité !
Puis tu t’es réveillé dans les bras de ta mère,
Abandonnant le rêve pour la réalité.
F. Ghinolfi






