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  • 5 décembre 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    Décembre 1833 dans les Vosges dans EVENEMENTS AU TRAVERS DES SIECLES rivireencrue-150x150

    D’après les « Connaissance usuelles recueillies par la société d’émulation des Vosges » – 1833

     

    Les appellations d’époque ont été respectées.

    La température de ce mois a été non seulement très désagréable, mais malsaine et désastreuse. Les vents du sud-ouest ont soufflé en foudre le 7, le 17, le 23 et le 31. Ils ont renversé une maison à Hadol le 7, une toiture le 11 à Saint-Maurice et en beaucoup d’autres lieux.

    Depuis le 2 jusqu’au 13, depuis le 16 jusqu’au 26 et depuis le 27 jusqu’à la fin du mois, la pluie est tombée chaque jour, plus ou moins forte, plus ou moins continue. Elle tombait au bruit du tonnerre le 7, le 17, le 23 et le 24. Elle était mêlée de grêle le 7, le 8, le 17, le 20 et le 25, à la sortie de la messe de minuit.

    A ces vingt-six jours de pluie, d’ouragans et de tempêtes, ajoutez deux jours de neige, savoir : le 13 et le 14. Voilà le mois de décembre 1833.

    Des inondations multipliées ont été la suite funeste et inévitable de cette lutte prolongée des éléments. La Moselle a débordé quatre fois dans le mois de décembre, savoir : le 11, le 19, le 24 et le 31 au soir. L’inondation du 11 a été la plus forte et la plus nuisible.

    Les eaux se sont élevées chez nous à 3m70, au-dessus de leur niveau ordinaire, leur vitesse était de 4 mètres par seconde. Les crues suivantes n’ont guère dépassé 3 mètres. Nous avons des exemples d’inondations plus fortes et plus désastreuses, mais non pas aussi réitérées.

    Nous terminerons par l’aperçu des dommages occasionnés par la première crue.

     

    Sinistres occasionnés par les eaux, dans le département des Vosges,
    pendant la nuit du 10 au 11 décembre 1833.

    Bains : la caserne de la gendarmerie évacuée par les chevaux (quelques heures après, le bâtiment a été la proie des flammes); le pont de la promenade Stanislas enlevé, les usines de M. Falatieu endommagées; les ponts de Trémonzey et de Bertramont détruits par les eaux.

    Le Clerjus : les eaux ont pénétré avec tant de violence dans la grange du moulin, qu’elles ont entraîné une voiture qui s’y trouvait ; laquelle, après avoir brisé la porte opposée, a disparu dans les flots.

    Entre La Chapelle et Xertigny, un jeune enfant ne pouvant plus lutter contre la violence des vents et de la pluie, resta au milieu des champs et le lendemain, on le trouva mort !

    Fontenoy-le-Château : le Coney s’y est élevé à 12 pieds au-dessus de son niveau ordinaire et a inondé tout le bourg. L’un de ses ponts entièrement disparu, l’autre gravement endommagé.

    Les forges d’Uzemain, d’Hennezel, de Claudon, du Blanc-Murger, de Saint-Mouze, de la Chaude-Eau, etc, ont éprouvé des dommages plus ou moins graves.

    Saint-Maurice : une vanne rompue sur la Moselle, les prairies couvertes de graviers et de cailloux.

    Le hameau de Pont inondé, les pommes de terre avariées. 

    Saint-Amé : la halle au charbon de la forge de M. Sauret renversée par les vents, une partie de ce combustible entraîné par les eaux. On en a vu passer jusqu’à Epinal.

    Le Syndicat : le pont de bois sur la Moselotte, vis-à-vis le Syndicat de Saint-Amé, a disparu.

    La Forge : le pont du ruisseau du Tholy a été emporté. La communication par voiture, entre le Tholy et Saint-Amé, a été interrompue.

    Eloyes : deux arches du pont sur la Moselle entraînées. Les communications avec Remiremont momentanément interrompues.

    Gérardmer : barrage enlevé sur le ruisseau de Forgoutte ; les abords du nouveau pont ébranlés ; une voûte écroulée près du moulin ; un pont à deux arches, construit l’an dernier sur la Jamagne, détruit entièrement ; les prés couverts d’énormes blocs de granit ; le lit des ruisseaux comblé çà et là, etc.

    Granges : les eaux se sont élevées à une hauteur extraordinaire ; elles sont entrées dans beaucoup de maisons ; elles ont emporté une partie du pont en bois construit sur la Vologne et détruit entièrement la barange de Frambéménil, qui servait de communication entre plusieurs communes.

    Chenimenil : le pont de pierre construit sur la Vologne, et composé de huit arches, a souffert de fortes dégradations.

    Epinal : la promenade du Cours à moitié envahie par les eaux, et le Champ-de-Mars entièrement. Elles atteignaient le sommet du mur de clôture de ce dernier et retombaient dans l’intérieur en nappes et en cascades. Elles touchaient presque le sommet des deux arches extrêmes du pont suspendu, et y excitaient un remou terrible.

    Cette construction hardie, livrée au public le 1er novembre précédent, après une épreuve des plus fortes, en a subi, dans cette circonstance, une seconde non moins rude, sans éprouver le moindre dommage.

    Les parties basses de la petite ville et du faubourg de l’Hospice inondées ; un des murs de soutènement de cet hospice renversé sur la vieille route de Bains, par l’effort des terres qui, meubles et saturées de pluie, exerçaient une pression latérale analogue à celle des liquides.

    La route de Remiremont couverte d’eau, près du moulin de Baillant. Le ruisseau d’Ambrail, obstrué çà et là par l’éboulement de ses bords, a encombré nombre de maisons de ce faubourg par ses eaux rouges et bourbeuses ; le faubourg Saint-Michel a aussi souffert. On a à regretter de nombreuses avaries dans les caves, surtout à la petite ville.

    Charmes : la partie dite le Pâtis a été couverte d’eau et ses habitants obligés de déloger. La circulation a été momentanément interrompue sur la route de Nancy, d’abord vers la limite du département des Vosges, ensuite de Charmes à Nomexy.

    Plainfaing : il s’est fait une brèche dans le mur en retour de la culée gauche, en amont du pont de Plainfaing, sur la route départementale n° 4.

    Fraize : un petit pont de pierre enlevé.

    Anould : le pont de pierre construit aux Souches, section d’Anould, par M. le comte de Ligniville, a été entraîné par les eaux.

    Saint-Dié : les eaux se sont répandues en divers quartiers de la ville ; elles n’y ont occasionné d’autres dégâts que dans les caves.

    Lubine : un pont de bois, déjà endommagé et situé au milieu du village, a entièrement disparu.

    Schirmeck : le pont construit récemment sur la Bruche, entre La Broque et Schirmeck, a été profondément affouillé. 

    Routes. 

    Outre celles mentionnées ci-dessus, on cite les suivantes comme ayant éprouvé des dégradations plus ou moins graves.

    La route royale n° 66 (de Bar-le-Duc à Basle, par Neufchâteau, Mirecourt, Epinal, Remiremont, etc.), a été inondée sur plusieurs points, mais sans danger pour la circulation.

    La route départementale n° 19 (d’Epinal à Langres, par Damas, Darney, etc.) : quelques éboulements de talus près le pont Bigarré.

    La route départementale n° 10 : les abords du pont reconstruit sur le Coné, en aval de la manufacture de Bains, ont été emportés, mais le pont lui-même n’a pas souffert.

    La route royale n° 59 (de Nancy à Schélestadt, par Saint-Dié), a été couverte d’eau et ravinée en différens points.

    La route départementale n° 20 (de Remiremont à Saint-Dié, par Gerardmer), a éprouvé quelques dommages au-dessus de la limite des territoires de Rochesson et de Gerardmer.

    Enfin, quelques-unes des routes départementales des cantons de Saales, de Senones et de Schirmeck ont été momentanément interceptées.Nous n’avons pas besoin d’ajouter que beaucoup de chemins cantonnaux et communaux ont été dégradés ; des champs ravinés ; des prés ensevelis sous la grève et les cailloux, etc.Tel est le triste cortège de toutes les inondations.

     

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