• 10 octobre 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

    L’éperon des Eparges dans GUERRE 1914 - 1918 pointx-150x150entonnoirdemines-150x150 dans GUERRE 1914 - 1918entreeabris-150x150entreetunnelallemand-150x150entreetunnelfrancais-150x150parcambulances-150x150

     

    D’après un article paru dans « Les guides illustrés Michelin des champs de bataille » de 1921.
    « La bataille de Verdun »
     

    Ne pas oublier que les descriptions d’itinéraires ont été écrites en 1921

     

    La Tranchée de Calonne pénètre en forêt. De part et d’autre, ce n’était pendant la guerre que parcs de génie, d’artillerie, postes d’ambulances, abris, voies ferrées et emplacements de pièces dont on retrouve encore des vestiges. Bientôt la forêt s’éclaircit, puis ne présente plus que des troncs noircis, hachés par la mitraille, on traverse les anciennes lignes.

    Dépasser l’amorce, à gauche de la route des Eparges, route bouleversée, impraticable. Continuer à suivre la tranchée de Calonne qui traverse, sur 1500 mètres, la côte de Senoux, où les tranchées adverses de première ligne étaient très rapprochées.
    Prendre à gauche l’I.C 13 dans la direction de Saint-Rémy. Sur 2,5 km, elle descend jusqu’au ruisseau du Longeau ou des Eparges.

    Tout le long de cette route, sur le flanc de gauche, dans l’épaisseur de la colline : abris en béton, cagnas, galeries souterraines, postes de commandement allemands et aussi quelques tombes allemandes.

    Arrivé dans la vallée, près du ruisseau, on rencontre un croisement de routes, celle de droite mène à Saint-Rémy dont on aperçoit les ruines. Continuer tout droit sur Combres, la route monte. Après la crête, au tournant brusque vers la droite, en face d’un grand blockhaus, descendre de voiture.
    Prendre à gauche le sentier de la crête des Eparges qui, d’abord, parcourt le versant sud de l’éperon dans les anciennes positions allemandes. Remarquer à droite les entrées de nombreuses et vastes galeries de mines qui, sous la crête, correspondent à des entonnoirs situés sur le versant nord. Le sentier s’élève jusqu’à l’extrémité est de l’éperon, point X, d’où l’on a une vue très étendue sur la Woëvre.
    Revenir en suivant les tranchées de la crête. Sur le versant nord, lignes françaises, on voit une série de vastes cratères de mines organisés en positions défensives. Au point culminant, on découvre tout l’ensemble de la position.

    L’éperon des Eparges, long de 1400 mètres et d’une altitude de 346 mètres, domine la plaine de la Woëvre. Les flancs en sont abrupts et glissants. Des sources percent le sol, des ruisselets s’égouttent sur ses pentes. C’est vraiment, comme on l’a appelé, « une montagne de boue ».

    Véritable observatoire, il permet à celui qui le possède de dominer les environs. « Qui a les Eparges, tient toutes les routes sous son feu ».

    Les Allemands s’étaient emparés des Eparges le 21 septembre 1914, et aussitôt y avaient installé plusieurs lignes de tranchées, entre le sommet et les vallées. En certains points, cinq étages de feux se superposaient les uns aux autres. Tout l’éperon était transformé en une forte redoute, flanquée à l’est et à l’ouest de deux bastions.

    Les Français occupaient, au nord, la croupe de Montgirmont et le village des Eparges, à 600 mètres des tranchées allemandes. C’est par la partie ouest de l’éperon (point C) que, dès la fin d’octobre, les Français commencent l’attaque, pas à pas, à la sape, en même temps qu’ils s’infiltrent dans les bois qui couvrent les flancs du ravin.

    En février, commence une série d’attaques et de contre-attaques presque quotidiennes qui ne prendront fin qu’au début d’avril.

    Le 17 février, à la faveur d’une explosion de mine, les Français pénètrent dans la première ligne ennemie. Attaques et contre-attaques durent cinq jours, pendant lesquels le colonel Bacquel est mortellement frappé à la tête de ses troupes. Les Français tiennent le bastion ouest et ils commencent à progresser vers le bastion est. Du 13 au 21 mars, ils reprennent leurs attaques et occupent la première ligne ennemie.

    Le 27 mars, un bataillon de chasseurs fait un nouveau bond en avant qui le rapproche du sommet.

    Le 5 avril, commence la dernière grande attaque que la 12e division va poursuivre jour et nuit jusqu’au 9. La pluie et le sol fangeux semblent par instant immobiliser et rendre vain tout effort. Le soir, une partie de la crête est occupée, mais l’emploi de torpilles aériennes qui pulvérise des rangs entiers et une contre-attaque en masse, le lendemain 6, à 4h30 du matin, font perdre le gain de la première avance.

    Le soir même du 6 et toute la nuit du 6 au 7, malgré la pluie qui tombe toujours, les tranchées sont reconquises pied à pied, avec 100 prisonniers, dont plusieurs officiers.

    Le 8, le sommet et la crête ouest sont occupés solidement, et à minuit, après quinze heures ininterrompues d’une lutte furieuse, la presque totalité de la crête appartient aux Français.

    Dans la nuit du 8 au 9, il faut quatorze heures pour mettre en place les troupes nouvelles sous une pluie en rafales et un vent qui aveugle. L’attaque reprend le 9, à 15 heures. Le sol est creusé de cuvettes profondes où les hommes disparaissent parfois. Finalement, les Français conservent le bastion ouest (point C), la courtine, et se maintiennent devant la partie est (point X).

    En 1915 et 1916, la lutte moins acharnée, continuera encore meurtrière.

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