J’assiste chaque année, assidu spectateur,
A l’œuvre délicate, à la métamorphose,
Qu’un bras sûr et précis, celui d’un virtuose,
Impose à la nature, en parfait créateur.
Le pinceau à la main, le divin technicien
Nuance ses couleurs dans les divers branchages.
Et souvent sans attendre des teintes le séchage,
Il mue les coloris comme un vrai magicien.
A peine a-t-il posé sur un fond délicieux
Une teinte plus claire, qu’il a sur sa palette
Mille tons à placer, un peu à l’aveuglette,
Mais dont le résultat est des plus harmonieux…
L’artiste continue, mariant les verts foncés
Avec les rouges vifs, passant du tendre au sombre,
De l’obscur au brillant, du lumineux à l’ombre,
Des jaunes aux marron, plus ou moins prononcés.
Pendant quelques semaines, jouissons de ce tableau,
Caressons de nos yeux l’œuvre qui vient de naître,
Ce décor merveilleux, cet ouvrage de maître,
Avant qu’un autre bras n’efface le tableau.
G.F.






