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  • 20 juillet 2010 - Par Au fil des mots et de l'histoire

     

     

    D’après des extraits de la monographie imprimée
    « Des changements dans le climat de la France – Histoire de ses révolutions météorologiques »
    du docteur Joseph-Jean-Nicolas Fuster, éditée en 1845.

    Grands orages et grandes tempêtes générales.

    VIe siècle

    - Les mois de juillet et d’août 559 furent horriblement agités de l’orient à l’occident par des débordements de la mer, des tempêtes et des tremblements de terre.
    - Nous avons déjà signalé le tremblement de terre, les grosses grêles, les furieuses tempêtes et les pluies de l’année 580.

    VIIIe siècle

    - Vers 753, à l’époque de la prise de Clermont en Auvergne par Pépin le Bref, il y eut dans toute la France une si horrible tempête que le tonnerre dura 22 heures : elle gâta tous les vins des caves, et fit mourir de frayeur trois mille personnes et plus de vingt-quatre mille bêtes.

    IXe siècle

    - En 823 ou 824, suivant la diversité du point du départ des supputations chronologiques, la foudre incendia une multitude d’édifices et tua beaucoup de monde. Des grêles énormes ravagèrent les campagnes. En outre, tous les historiens assurent, ce que nous n’oserions pas croire sans l’unanimité de leurs témoignages, que vers le solstice d’été, dans le pays d’Autun en Bourgogne, on vit tomber du ciel, à la suite d’un orage subit et au milieu d’une grêle terrible, de véritables blocs de glace (nous sommes bien sûrs de ces mesures) de 4,873 mètres (15 pieds) de long sur 1,949 mètre (6 pieds) de large, et 0,650 mètre (2 pieds) d’épaisseur. Ces faits ont pour garants les Annales d’Eginhard, la chronique d’Adhémar, la courte Chronique de Reims, les Annales de Fulde, la Chronique d’Hermann, toutes sources contemporaines. Paradin, dans les Annales de Bourgogne, parle aussi d’une pierre de glace d’une grandeur miraculeuse tombée en 956 en Allemagne, et d’une autre tombée au mois d’avril 1562 en Beaujolais.

    Xe siècle

    - Des orages épouvantables remplirent l’été de 921.

    XIIe siècle

    - Le 27 octobre 1136, il régna un vent si violent qu’il renversa beaucoup d’édifices. Les eaux de la Manche débordèrent et engloutirent une partie de la Flandre avec ses habitants.
    - Un vent impétueux en janvier 1143 renversa aussi beaucoup d’édifices et arracha des arbres séculaires.
    - Les mois de janvier et de février 1170 eurent des éclairs et de violents tonnerres.

    XIIIe siècle

    - Tout l’été 1202 fut troublé par des tempêtes qui retardèrent beaucoup la flotte flamande, sortie des ports des Pays-Bas, pour la troisième croisade.
    - En 1206, des éclairs et des tonnerres violents éclatèrent au mois de décembre la veille de la Saint-Nicolas.
    - Des vents et une tempête furieuse accompagnèrent les pluies du printemps et de l’été ainsi que le rigoureux hiver 1224.

     

    XIVe siècle

    - En 1308, quelques jours après l’Ascension, il y eut une tempête si violente avec un froid intense, une grande quantité de neiges, des masses de grêles et des vents terribles, qu’elle détruisit les moissons et les vignes, renversa beaucoup d’édifices et déracina plusieurs arbres.
    - En 1309, des vents non moins terribles renversèrent aussi beaucoup d’arbres et d’édifices.
    - Au commencement d’octobre 1328, la veille de Saint-Denis et pendant l’octave de cette fête, des vents semblables renversèrent les édifices.
    -
    Au mois de juin 1365, il y eut de grands tonnerres avec des éclairs et des tempêtes nuit et jour pendant plusieurs jours de suite en France et en Bourgogne. Les torrents de pluie qui tombèrent durant ces orages abattirent les remparts nouvellement réparés de Dijon, et submergèrent un village du voisinage avec ses habitants.
    - Il régna des vents si violents au mois de décembre 1367, la nuit de Sainte-Lucie, en Flandre, en Picardie et en Brabant, qu’on n’en avait jamais vu de pareils. Ils venaient du nord-ouest. L’Océan déborda pendant cette tempête et engloutit plusieurs maisons et villages des bords de la mer.
    - En septembre 1386, un vent terrible avec des éclairs et des tonnerres régna dans tout le royaume.
    - Un vent semblable souffla dans tout l’univers la nuit de Noël 1390. La mer inonda les plages.
    - Après la conférence d’Ardres, à la fin d’octobre 1396, il survint un ouragan affreux, mêlé de torrents de pluie. Ensuite un vent du nord continuel souffla partout avec fureur pendant trois mois. On appela cette année l’année des grands vents. Ce vent redoubla la nuit du 17 novembre durant trois heures. La mer déborda cette année.

     

    XVIIe siècle

    - La veille et le jour de Pâques 1606, un vent terrible bouleversa la France et l’Europe. 

    XVIIIe siècle

    - On lit dans les Mémoires du duc de Saint-Simon, que le jour de la Chandeleur 1701, il s’éleva à Paris un si furieux ouragan que personne ne se souvenait d’avoir vu rien de pareil. Le haut de l’église Saint-Louis s’abima su les assistants. Ce météore ravagea tout le royaume.
    - Les tempêtes et les orages de 1766 semèrent au loin le deuil et l’épouvante. Ils commencèrent au mois d’octobre et se répétèrent en redoublant de violence dans le mois de novembre.
    Celui du 14 surpassa tous les autres. Aucun trait ne manquait à cette terrible scène. C’étaient à la fois des vents impétueux, de grands coups de tonnerre, une grêle serrée et des torrents de pluie. Ces orages maltraitèrent principalement les provinces méridionales.
    - Les orages, les ouragans, les tremblements de terre, la grêle, la pluie et les inondations se disputèrent en quelque sorte l’année 1778. Le 21 janvier, près de Pontorson en Normandie, la foudre coupa et renversa d’un seul coup 99 pommiers, chênes ou ormes. Le 21 et le 22, Paris essuya un vent violent, avec des flots de pluie. Des éclairs et des tonnerres s’ajoutèrent à cette tempête le 22 au soir. Le 24 juin, un orage suivi de grêle ravagea Toulouse, Biollet près de Moulins, Condé-sur-Noireau. Le même jour, à Saint-Pierre-du-Regard, dans la basse Normandie, un ouragan terrible vomissait à la fois, la foudre, la grêle et la pluie. Le tonnerre y tomba en six endroits, et la grêle avec fureur pendant trois quarts d’heure. Il y en avait sur quelques points jusqu’à la hauteur de 650 millimètres (deux pieds). Les grêlons, de formes diverses, égalèrent la grosseur d’un oeuf. Cette grêle forma une masse de glace qui se conserva durant six jours, malgré la chaleur. Le lendemain, à Gland, aux environs de
    Tonnerre, un semblable ouragan détruisit toutes les récoltes. Le 20 juillet, des vents furieux du sud-ouest bouleversèrent Etampes et l’inondèrent de pluie. Le 31, un ouragan subit dévasta Saint-Marcellin, sur les bords de l’Isère, Chatte, Saint-Vincent et Vinoy. Des inondations et des tremblements de terre désolèrent l’Alsace, la Franche-Comté, la Champagne et le Béarn.
    - En 1783, des tremblements de terre, des ouragans et des orages réitérés succédèrent de tous côtés à l’affreux tremblement de terre de la Calabre et de la Sicile, arrivé le 5 février.
    - Un orage terrible, accompagné de vent, de pluie et de grêle, fondit sur Paris le 13 juillet 1788. Il avait déjà ruiné le Poitou, la Touraine, la Beauce et le pays chartrain. Il répandit une désolation d’un bout à l’autre du royaume. A Paris, cet orage fut précédé d’une chaleur étouffante, qui saisissait surtout dans les rues, où elle semblait sortir d’un brasier. Il s’annonça, vers huit heures du matin, par un vent violent, l’accumulation des nuages et une grande obscurité. Une heure après, le vent soufflant du sud-ouest, un fort tonnerre roulant gronda deux heures environ presque sans interruption. C’est alors que la nue creva et qu’en jaillit des flots de pluie et de grêle. Au centre et au midi de Paris, la grêle, très ordinaire, était noyée dans la pluie. Mais, sur le faubourg Saint-Antoine, elle détruisit les jardins et les potagers.
    Ce violent orage poussa ensuite ses ravages à travers l’île-de-France, la Picardie et la Flandre. Plusieurs provinces en souffrirent cruellement. En moins d’un quart d’heure, tout y fut perdu. Il hacha les moissons, bouleversa les champs, abattit ou déracina les arbres, enleva les toitures, écrasa le gibier et la volaille, tua ou meurtrit les bestiaux, blessa même grièvement des hommes et des femmes. La grêle y offrit une grosseur énorme : on trouva des grêlons du poids de plus de 750 grammes (prés d’une livre et un quart).
    M. Georges Duvat, qui a signalé cet orage, comme témoin oculaire, dans ses Souvenirs de la Terreur, assure qu’il traversa Paris et le nord de la France dans une étendue de cent lieues sur une largeur de vingt. Le 17 juillet suivant, deux nuages monstrueux, marchant parallèlement du sud-ouest au nord-est, sur une longueur de deux cents lieues, traversèrent la France en huit heures. Ces nuages chargés de grêle ravagèrent chacun, chemin faisant, une zone de deux à quatre lieues de large, sans causer le moindre dommage dans la bande intermédiaire.
    - L’été de 1793 a eu, malgré sa sécheresse, cinq ou six orages désastreux. Un orage avec de la grêle parut prématurément du 1er au 2 mai. Les autres, plus tardifs, ne survinrent qu’en juillet. Ces orages se succédèrent à la file le 8, le 9, le 10, le 13 et le 17. Le tonnerre, le vent, la grêle et les inondations ravagèrent les terres, détruisirent les moissons, renversèrent des édifices, entraînèrent les troupeaux.
    A Blincourt, près de Senlis, la grêle du 8 était grosse comme un oeuf, le vent abattit plus de 120 maisons, et les torrents emportèrent les bestiaux, les meubles, les femmes et les enfants. A Puisieux, au-dessus de Chambly, la crue subite des eaux au delà de deux mètres obligea les habitants à se réfugier en toute hâte sur les toits de leurs maisons. Les ravages de cet orage désolèrent pareillement, en moins de vingt-cinq minutes, les communes de Maïssel, Bougueval, Ermis, Neuilly-en-Tel, Dieudonné, Foulangue, etc. L’orage du 10 versa la grêle et la pluie du côté d’Ablon et de Corbeil. Celui du 17 se dirigea vers le nord et détruisit les récoltes depuis Saint-Denis jusqu’à Saint-Germain-en-Laye.
    - De grands orages régnèrent encore en 1797.

    XIXe siècle

    - De grands orages en 1803 et 1813.
    - La nuit du 21 décembre 1821 a été marquée des Alpes aux Pyrénées et de la Méditerranée à l’Océan par des orages ou des tempêtes, des torrents de pluie ou de grêle et même par des éclairs et des tonnerres. Tous les instruments météorologiques ont attesté cette perturbation. Le baromètre en particulier s’est abaissé prodigieusement à Paris, à Dieppe, à Toulouse, à Montpellier.
    - Grands orages en 1822 et 1829.
    - De semblantes tourmentes sévirent en 1836. Les tempêtes agitèrent pendant l’hiver la Méditerranée et la Manche. Le printemps amena, des orages, des grêles et de fortes averses. Les pluies, les orages et les tempêtes redoublèrent à la fin de l’été et dans le cours de l’automne.
    Des orages et des tempêtes beaucoup plus graves se succédèrent aussi coup sur coup en 1841. Il y en eut à Paris ou en province le 23 et le 30 avril, les 3, 25, 26, 27, 28 et 30 mai, le 23 juin, le 4 et le 18 juillet, le 8 et le 11 août. Nous ne parlerons que des plus intenses, ceux du 30 mai et du 4 juillet. L’orage du 30 mai a régné spécialement dans le Midi. La ville de Pau, le Languedoc, les départements du Gard et de l’Ardèche en ont éprouvé d’immenses dommages. Une grêle effroyable, dont quelques grêlons avaient deux fois la grosseur d’une noix, y détruisit les vignes et les fourrages. Pendant cet orage, des trombes furieuses ravagèrent les deux bords du Rhône, dans le département de Vaucluse. Elles faisaient entendre un roulement épouvantable, et jetaient, chemin faisant, des flots de grêle grosse comme des pois chiches, et qui atteignit même, dit-on, le volume d’un œuf de poule. La colonne orageuse foula les semis, déracina les arbres, renversa les maisons, enleva de grosses branches en tourbillon, tordit, arracha et transporta à trente pas des arbres d’un mètre de diamètre. Elle enleva, près du Rhône, à 20 mètres de hauteur, un bateau de deux mètres et demi de large et de sept mètres de long, abattit à Orange un pan de rempart d’environ douze mètres de longueur sur huit de hauteur et un d’épaisseur, en rejetant les matériaux de la construction à huit mètres de distance. Elle démolit et dispersa dans tous les sens des bâtisses neuves en pierre de taille, brisa les tuiles des toitures et les entraîna avec tant de violence qu’elle en incrusta les fragments dans un tronc d’arbre, saisit un vieillard, habitant du faubourg, le roula et lui brisa la tête contre le mur.
    Une chaleur ardente et d’épaisses vapeurs annoncèrent toute 1a journée le violent orage du 4 juillet. A Paris, il commença à sept heures et demie du soir par un fort coup de vent de sud-ouest, suivi un quart d’heure après d’éclairs éblouissants, de grands coups de tonnerre, de tourbillons de vent, de torrents de pluie et de grêle. Les éclairs, les tonnerres, les vents, la pluie et la grêle se confondirent ainsi durant trois quarts d’heure, nous offrant sous cet horrible tumulte l’image sublime et effrayante d’une sorte de lutte désespérée entre toutes les puissances de la nature. La tourmente s’apaisa un peu à la chute du jour, mais elle se ranima dans le courant de la nuit par un retour des vents furieux, par de vives secousses du sol et par d’énormes averses. Paris n’en souffrit pas seul. La tempête dévasta tous les environs et s’étendit au loin du nord au sud dans les départements de Seine-et-Oise, de Seine-et-marne, du Loiret, de l’Indre, de la Côte-d’Or, d’Indre-et-Loire, de la Nièvre, de l’Allier et du Cher. Le tremblement de terre se fit sentir dans ces provinces après minuit, à la même heure qu’à Paris. Il eut partout plusieurs oscillations en divers sens, tantôt avec un roulement souterrain, tantôt sans aucun bruit.

     

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